Bundesliga : La nouvelle terre d'accueil des Français en quête de rédemption

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Marcus Thuram et Alassane Pléa - la doublette française gagnante en Bundesliga | INA FASSBENDER/Getty Images

Ils sont nombreux à avoir franchi le pas en rejoignant la Bundesliga, en quête d'un nouveau projet sportif ou pour s'affirmer dans l'un des plus grands clubs européens: le Bayern Munich. Un nouveau marché s'offre à la France, et les jeunes joueurs auraient tort de ne pas en profiter.

En pleine transformation, la Bundesliga ouvre ses frontières à une population destinée cette fois-ci à parfaire ses gammes dans l'une des meilleures formations allemandes. Au-delà d'un temps révolu où seuls les Français les plus confirmés avaient le droit à leur précieux ticket d'entrée à l'image de Jean-Pierre Papin, Johan Micoud, Valérien Ismaël, Bixente Lizarazu ou encore Fabrice Ehret, désormais, la destination outre-Rhin s'offre à tous ceux qui cherchent la rédemption. Un succès florissant qui ne cesse d'abonder ces dernières années.

Investissement et rentabilité

À tous ceux qui sont prêts à délecter leur langue bien pendue en citant l'exemple de Corentin Tolisso, transfert le plus cher de l'histoire de la Bundesliga en 2017 (environ 41.5 millions d'euros), vous pouvez toujours faire un petit détour par Chelsea pour y conter les bienfaits de l'arrivée de Michy Batshuayi. La Bundesliga cible, étudie, approfondit et négocie aux rabais en s'orientant principalement sur des jeunes joueurs affamés, en quête d'un temps de jeu significatif.

Parlez-en à Benjamin Pavard, qui a fait le choix retentissant de rejoindre Stuttgart en 2016, alors que le club venait tout juste d'être relégué dans l'antichambre. Un choix payant et loin d'être risqué contrairement aux apparences. Et ceci est le fruit d'une ligne directrice parfaitement établie à l'avance. C'est en ce sens que le championnat allemand gagne en crédibilité : le projet sportif.

Suivre le chemin

Le succès, la gloire et la reconnaissance se travaillent et n'en déplaise aux plus sceptiques, le RB Leipzig et Hoffenheim en sont des parfaits exemples. Avec un projet sportif élaboré sur une durée en moyenne de cinq ans, les deux nouveaux riches de la Bundesliga ont tapé juste malgré les nombreuses conjectures qui entourent la gouvernance de ces deux formations.

Aujourd'hui, les jeunes joueurs français recherchent de la stabilité, un engouement certain des supporters pour le football, et la possibilité de pouvoir évoluer en moins de trois ans au sein du plus haut échelon national.

Un tremplin

Si le FC Barcelone regrette amèrement un investissement qui ne sera jamais rentabilisé, Ousmane Dembélé a parfaitement su prendre la bonne trajectoire en s'engageant en faveur du Borussia Dortmund. Doté d'un profil propre aux exigences du football allemand, le Français a toujours eu le loisir de pouvoir pleinement s'exprimer sur le pré, sans pour autant être anesthésié par une philosophie de jeu qui est le plus souvent imposée en France.

En Allemagne, cette liberté d'expression est totale. Elle prend forme dans la réalisation, les déplacements, les provocations balle au pied, ou encore par l'intermédiaire d'une confiance absolue qui place le principal concerné dans des conditions optimales. Et elle déconstruit tout un long cycle consacré à la formation sur le seul principe : libérez-vous !

Effectivement, quelque peu désordonné, le championnat allemand n'en reste pas moins une terre propice à une évolution positive sur le plan physique et sportif. Son format, avec 18 équipes, permet une meilleure acclimatation, un assouplissement des contraintes physiques tout au long d'une saison, et la formation d'un noyau dur où figurent uniquement les meilleurs clubs allemands.

Dans ce registre, difficile de résister aux sirènes allemandes. Christopher Nkunku, Almamy Touré, Jonathan Schmid, Dayot Upamecano, Marcus Thuram, Alassane Pléa, Dan-Axel Zagadou, Jean-Clair Todibo, Moussa Diaby, Benjamin Pavard, Lucas Hernandez, Kingsley Coman ou encore Anthony Modeste, ne cessent de performer journée après journée. Un constat loin d'être surprenant et qui s'explique par différentes raisons.

Embouteillage dans les grands clubs français

Depuis l'arrivée des Qataris, le Paris Saint-Germain n'a jamais réussi, ou presque, à intégrer ses plus grandes pépites de son centre de formation.

Souvent trop occupé à dilapider des millions sur le marché des transferts, le message est semble t-il passé auprès des jeunes pousses parisiennes qui n'hésitent plus à retarder l'échéance avant de signer un premier contrat professionnel ou avant d'acter une éventuelle prolongation de contrat. Il faut dire que ces derniers ne reçoivent que très peu de garanties sportives sur le papier, les obligeant à rapidement reconsidérer la question de leur avenir.

Par le passé, l'Olympique Lyonnais a produit et reproduit les mêmes erreurs en se laissant amadouer par l'appât du gain. Mais au-delà de critères financiers et sportifs, c'est avant tout la pression médiatique intensive à la française qui plombe littéralement le parcours et la trajectoire de ces plus fragiles.

Des exigences mais de la patience

Nier toute pression sportive en Allemagne relèverait de la naïveté, surtout face aux nombreux enjeux observés ces derniers temps. Pour autant, la Bundesliga ne tire jamais de conclusion hâtive en décrivant un tel ou un tel comme le nouveau Messi. La patience est souvent de mise. Une bénédiction à ce niveau, qui se traduit le plus souvent par une réussite sur le plan personnel, sportif et financier.

Face à cette passion certaine pour un football spectacle, la France serait bien inspirée de revoir son approche, au risque de se voir souffler, dans les années avenir, de nombreuses pépites assoiffées de ce championnat libéré.