A cinq jours de recevoir Chelsea, le Paris Saint-Germain a inquiété face à l'AS Monaco au Parc des Princes (1-3). Malgré le retour à la compétition d'Ousmane Dembélé, les questions sont bien plus nombreuses que les certitudes avant le 8ème de finale aller de Ligue des Champions.
En général, cette année, le PSG n'est pas brillant avant de retrouver la Ligue des Champions. Il s'était heurté à un bon Strasbourg avant Leverkusen en octobre, il n'avait pas brillé contre Nice avant le Bayern Munich et il avait même perdu à Rennes juste avant de se déplacer à Monaco en barrage aller de la C1. Mais ce vendredi, alors que Chelsea arrive mercredi, l'équipe de Luis Enrique a affiché un visage méconnaissable contre un ASM affamé de revanche après le tournant en Ligue des Champions. Battus mais surtout dominés (1-3), les Parisiens ont été surclassés comme ils surclassent d'habitude leurs adversaires au Parc des Princes.
Les raisons sont multiples. La première, selon Luis Enrique, est l'imprécision. "On a vu des erreurs qui ne sont pas habituelles" a commenté l'entraineur après la rencontre. "C'était un match bizarre, il faut l'accepter. On a fait des erreurs, beaucoup d'erreurs, de la part de différents joueurs. C'est le moment clé de la saison, mais c'est à nous de changer ça, de récupérer de la confiance." La perte de balle de Warren Zaïre-Emery sur le premier but de Monaco, les 10 ballons perdus par Vitinha, les trois dribbles manqués de Bradley Barcola... Autant d’erreurs inhabituelles qui ont plombé la soirée parisienne.
Encore de l'inefficacité...
Pourtant, dans les chiffres, le Paris SG n'a pas démérité face à cet AS Monaco. Plus de tirs (19 contre 11) et des Expected Goals similaires (1,09 à 1,34) mais pourtant ce retard de deux buts au tableau d'affichage à l'issue des 90 minutes. Les problèmes d'inefficacité sont-ils physiques ? Non, selon Nuno Mendes "On était bien en début de match, ce n'est pas une question de fatigue" a souligné le Portugais. "On est prêt. On doit s'améliorer car on a perdu beaucoup de ballons bêtes".
Luis Enrique, lui, n'a pas caché que son équipe traversait "clairement une période compliquée mentalement. Quand il y a des problèmes, la tête est la première qui se déconnecte. C'est une sensation bizarre, mauvaise, mais il faut savoir que c'est seulement un match". Pourtant, face au Havre (0-1), contre Monaco (2-2) en Ligue des Champions ou encore à Rennes (3-1), ces mêmes problèmes faisaient surface.
Une défense friable, un feu trop vite éteint
Mené (0-2) à l'heure de jeu, Luis Enrique effectuait un triple changement. Exit Doué, Kvaratskhelia et Dro Fernandez, entrées de Kang-in Lee, Senny Mayulu et surtout Ousmane Dembélé. Trois semaines après sa blessure au mollet à Louis II, le Ballon d'Or refoulait la pelouse du Parc, et insufflait avec lui une volonté de renverser la rencontre. On a cru, l'espace de quelques instants, que le scénario fou de Manchester City l'an passé allait se reproduire. La réduction du score de Bradley Barcola (71è), méritée après un gros temps fort parisien, a d'abord pris des airs de tournant du match. Mais la mèche allumée par l'ancien Lyonnais a été éteinte dans la foulée. Folarin Balogun (73è) a coupé net l'élan des champions d'Europe, sans même leur laisser le temps d'y croire vraiment. Un ballon perdu par Lee, une frappe contrée par Nuno Mendes, et Safonov encaissait un troisième but sur lequel il ne pouvait rien. Le portier russe, sans être fautif et en réalisant des arrêts de grande classe ce soir encore, en a tout de même pris sept en trois matches face à l'ASM ces dernières semaines.
Pourtant, peut-être plus que jamais cette saison, Paris avait besoin d'une victoire. Et surement qu'elle aurait eu encore plus d'impact si elle avait eu lieu après avoir été mené de deux buts chez lui. Alors que l'an passé, à cette période, Paris dominait déjà les gros européens, il en recevra un dès mercredi. Il a désormais cinq jours pour retrouver son niveau. Luis Enrique s'est dit "optimiste".
