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Les 5 raisons de regarder le nouveau documentaire Netflix "Pelé"

Matthieu Agro
Feb 23, 2021, 8:53 PM GMT+1
Pelé, l'un des meilleurs joueurs de l'histoire du football.
Pelé, l'un des meilleurs joueurs de l'histoire du football. | Xavi Torrent/Getty Images
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Ce mardi, le très attendu documentaire sur le dieu vivant du football mondial est enfin sorti sur la plateforme Netflix. Intitulé sobrement "Pelé", il retrace la carrière hors-norme d'un sportif unique, porteur d'un témoignage émouvant. Voici 5 raisons de visionner ce bouleversant film d'1h et 48 minutes.

1. L'occasion de comprendre (enfin) la trace laissée par Pelé

Longue de 22 ans, la carrière de Edson Arantes do Nasciemento se dévoile petit à petit au fil de ce document inédit, copieusement rempli d'images d'archives rares. De son explosion lors de la Coupe du Monde 58 à son départ pour les Etats-Unis, en passant par un troisième sacreau Mondial au Mexique en 1970, "Pelé" nous plonge au coeur d'une période footballistique bien lointaine, et surtout méconnue chez les générations plus récentes.

Si les plus jeunes s'affilient aux phénomènes Messi et Ronaldo, les adultes aguerris à Maradona ou Platini, nul doute que la hype autour de la légende de Santos n'inclut en grande partie que ceux ayant eu la chance de le voir jouer, soit les plus de 55 ans (minimum). Ainsi, Pelé se livre sur sa propre philosophie d'un football éclectique, mais surtout basé sur un esthétisme offensif naturel. Et tellement efficace.

Maître à jouer incontesté de la plus puissante sélection de l'histoire, Pelé entre clairement dans le débat sur le plus grand joueur de l'histoire. Si l'on regarde l'historique de son éclaboussant chemin de croix dans les stades du monde entier, il l'est. Et grâce à ce film presque autobiographique, les consommateurs Netflix vont pouvoir se faire une idée plus précise de l'empreinte indélébile qu'O Rei a réellement laissée sur son monde. Un terrain de jeu à l'apparence si légère sous un regard extérieur, mais pourtant parfois bien dur.

2. Des témoignages émouvants de ses prouesses sportives

Entrecoupant ces exceptionnels documents vidéos vieux d'un demi-siècle (ou bien plus), les protagonistes et spectateurs de l'histoire (joueurs, journalistes, musiciens, hommes politiques, famille) ont été invités à réagir. Ses coéquipiers à Santos, formant autour de lui un groupe toujours aussi soudé, ont raconté l'impact du fameux numéro 10 lors de son entrée sur une pelouse de football, tout comme Mario Zagallo, dernier survivant (avec Pelé) de la Dream Team Auriverde de 58.

Aujourd'hui âgé de 80 ans, le principal intéressé, certes diminué et apparaissant dans un fauteuil roulant (mais toujours avec la même joie de vivre) a bien évidemment également décrypté les moments forts de sa carrière. On le voit notamment en pleurs à plusieurs reprises, au moment d'évoquer son premier titre de champion du Monde en Suède, à seulement 17 ans, ou son clap de fin en 1970. Inimitable et brillantissime. Mais également un coeur sensible.

3. De lourdes révélations familiales

Derrière le mythe du ballon rond, "Pelé" a donc révélé l'homme, touchant et imparfait, studieux et audacieux. Abondantes, les images d'archives ; si elles sont une occasion pour découvrir et redécouvrir le génie du ballon rond qu'était Ô Rei, capable de changer le cours du match en une touche de balle ; ont aussi bénéficié de la très précieuse participation du triple vainqueur de la Coupe du Monde.

L'équipe du film a pu sonder un octogénaire se livrant peu, mais dont on a pu entrevoir toute l'immense pression, les frustrations et les joies que sa vie effrénée lui a accordée. Pelé donne donc un peu à voir de l'envers du décor, expliquant notamment l'existence d'enfants cachés, liées à ses quelques infidélités conjugales.

4. L'angle politique, ce fardeau enfin mis à nu

La dictature militaire a duré 21 ans au Brésil, de 1964 à 1985
La dictature militaire a duré 21 ans au Brésil, de 1964 à 1985 | Keystone/Getty Images

Dans le même temps, le documentaire s'est attardé comme rarement sur un tabou qui a quelque peu froissé des années durant l'image de Pelé : l'aspect politique d'un tel statut, celui de diva des terrains et héros d'un peuple, à qui on a reproché le silence dans la prise de pouvoir des militaires au Brésil, en 1964. D'ailleurs, dans le documentaire, son ancien coéquipier Paulo César en cingle : "Il a été un béni-oui-oui, un Noir soumis".

"Je ne pense pas que j'aurais pu faire quoi que ce soit de différent. Je n'étais pas Superman. Je ne faisais pas de miracles."

Pelé

Mais, si le sport est bien une parfaite vitrine de la puissance d'un pays (et ainsi, la magie balle au pied de Pelé fit la force du régime), l'on ne peut pas toujours attribuer les tords à ceux dont la renommée n'avait rien à voir avec les crises sociales ou politiques. Pelé est né pour jouer au football. Certes, son image a fait qu'il aurait pu se sacrifier pour combattre les injustices, à une certaine période sombre de l'histoire du continent sud-américain.

Mais il y a finalement remédié à bien d'autres moments charnières de sa vie, comme l'on a pu le voir par la suite. Car Mohammed Ali se battait par tous les moyens pour faire entendre sa voix et briser les errances du Monde. Mais il avait bien moins de chances que son contemporain de se faire emprisonner, voire torturer pour ses prises de positions sur le sol américain, démocratisé.

5. Un réalisateur oscarisé

Au final, "Pelé" est un récit captivant et complet associant les exploits sportifs d'une icône à celle d'un homme à la croisée de plusieurs sentiments. La confiance d'un magicien du jeu, la peur d'alors de ne pas en faire assez, l'impuissance d'une superstar face à la douleur d'un peuple gangréné par la violence, la mélancolie du passé...

Ce synopsis florissant et captivant, racontant, au delà du joueur, l'émergence du Brésil dans le concert des nations, a été réalisé par le tandem David Tryhorn et Ben Nicolas, pointure du documentaire sportif. À la production exécutive, l'on retrouve le réalisateur David Macdonald, oscarisé pour un autre documentaire : "Un jour en septembre", sur la prise d'otages des JO de Munich en 1972.

L'idée de ce nouveau sujet était emballant. Il s'avère être un pari gagnant. Et s'annonce conquérant pour les amoureux comme profanes du football.

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