Journée mondiale de la prévention du suicide : Le destin tragique de Robert Enke

Steeven Occhipinti
Robert Enke est décédé en 2009.
Robert Enke est décédé en 2009. / OLIVER LANG/Getty Images
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Le vendredi 10 septembre, la planète célèbre la Journée internationale de la prévention du suicide. Un sujet trop souvent tabou, qui nous concerne pourtant tous, même ceux du monde scintillant du football.


La dernière fois que nous, fans de football, en avons été informés, c'était en novembre 2009. Ce soir-là, la terrible nouvelle du suicide du gardien international allemand, Robert Enke, a défrayé la chronique.

Une annonce choquante et qui a touché tous les amoureux du ballon rond, puisqu'il est très rare de connaître de telles tragédies chez les footballeurs qui, en apparence, vivent tous nos rêves d'enfance.

Il n'était alors âgé que de 32 ans. Robert Enke faisait partie des meilleurs à son poste en Allemagne, à Hanovre 96 notamment, mais aussi à l'étranger, où il a exporté ses talents au Benfica Lisbonne et au FC Barcelone. Son travail acharné lui avait également permis de connaître huit sélections avec la Mannschaft.

Le football, ce n'est qu'un jeu

Nous pensons tous que nos héros du football ne peuvent pas tomber. Et s'ils le font, alors ils se relèvent immédiatement ! Comme ils le font chaque semaine, avec nous en tant que spectateurs, depuis les tribunes ou devant notre télévision.

Bien sûr, le football se nourrit de la passion du jeu, mais il ne faut jamais oublier qu'à la base, ce n'est qu'un jeu. Même si certains d'entre nous peuvent en vivre assez bien, cela ne reste "que" du football.

Pour les millions de fans qui vont aux stades, dans les bars pour suivre les rencontres, cela ne devrait être qu'un match. Le déformer en une question de vie ou de mort, ou bien plus que cela (selon Bill Shankly), n'a pas réellement de sens.

L'exagération dramatique du jeu est complètement démesurée et conduit finalement à une pression, parfois insupportable, et, par conséquent, à une peur encore plus grande de l'échec pour les véritables protagonistes : les joueurs eux-mêmes.

Pour certains, cela peut conduire à des insomnies ou à boire une bouteille à son retour à la maison. Pour d'autres, cela devient une voie sans issue.

Ce qu'ils ont tous en commun est un sentiment de honte, dérivant dangereusement à un sentiment de solitude. Ils ont alors peur d'être accusés de "fragilité mentale" par le public et les médias.

La société actuelle pousse les athlètes à aller plus loin, plus haut, plus vite et toujours faire mieux. Chaque série de victoires est applaudie, seulement pour diaboliser sa fin. Les héros d'hier peuvent devenir les échecs d'aujourd'hui en 90 minutes et ils sont très rapidement pointés du doigt.

La FIFA lance #ReachOut

Parfois, les matches ne se jouent que sur des détails. Mais même dans ces cas, il y aura forcément un bouc émissaire, sur lequel on s'acharnera.

Nous le savons, mais nous le faisons toujours. Dans le feu de l'action, nous trouvons toujours un footballeur à blâmer, sans penser aux conséquences mentales de nos tweets ou nos commentaires sur Instagram ou Facebook.

Afin de faire avancer la société dans la bonne direction, nous devons tous être conscients des conséquences de nos actions. Nous devons tous trouver un moyen d'être conscients des sentiments des autres. Même si nous pensons que les footballeurs ont tout, ils peuvent avoir en tête quelque chose dont nous n'avons pas conscience.

La première étape pour s'attaquer à ce problème est d'être conscient des sentiments des autres et de réaliser que nous tous, même les footballeurs, sommes des humains en fin de compte.

La FIFA a lancé #ReachOut, une campagne conçue pour sensibiliser aux symptômes des problèmes de santé mentale, encourager les gens à demander de l'aide lorsqu'ils en ont besoin et agir chaque jour pour une meilleure santé mentale. Avec le soutien des joueurs de football passés et actuels, la FIFA souligne l'importance d'une plus grande sensibilisation à la santé mentale.

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