Euro Féminin 2022

Euro 2022 : Les trois chantiers de l'Equipe de France après sa victoire contre l’Italie

Justine Saint-Sevin
Wendie Renard contre l'Italie, le 10 juillet 2022.
Wendie Renard contre l'Italie, le 10 juillet 2022. / Robbie Jay Barratt - AMA/GettyImages
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Si le large succès contre l’Italie (5-1) en ouverture de l’Euro dimanche soir est de très bon augure pour la suite de la compétition, les joueuses de Corinne Diacre ont laissé transparaître quelques failles qu’il faudra limiter pour espérer aller loin.

Il n’est pas question ici de bouder notre plaisir. Le succès enthousiasmant de l’Equipe de France contre l’Italie, dimanche 10 juillet, dans une rencontre où se mêlait la pression d’un premier match d’Euro, d’être la dernière favorite à entrer en lice face à l’adversaire le plus coriace du groupe, n’est pas anodin. Les Bleues et leur armada offensive étaient attendues, elles ont répondu présentes. Du moins une mi-temps. 

"En deuxième mi-temps, on doit être capable de continuer sur le même rythme et de maîtriser un peu plus le match et le sujet. Surtout quand on a maîtrisé une première mi-temps comme ça."

Wendie Renard, en conférence de presse

En signant la meilleure performance de ces premiers matchs de poule, la France a envoyé un signal fort. Mais elle a aussi laissé entrevoir des failles dans lesquelles ses rivales les plus coriaces ne s’excuseront pas de s’engouffrer. Si la Belgique et l’Islande, prochaines adversaires des Bleues, ne devraient pas poser trop de problèmes aux Tricolores, elles seront de bonnes oppositions pour finir de se roder.

Une défense qui doit monter en puissance 

On l'a connue plus sereine. Même la taulière de cette défense et capitaine des Bleues, Wendie Renard, a entaché sa performance d’une ou deux relances hasardeuses et est impliquée sur l’unique but italien. De son côté, l’ancienne joueuse de l’Atlético Madrid Aïssatou Tounkara, préférée à Griedge Mbock pour compléter la charnière centrale, a connu une soirée difficile.

"C'était un choix mûrement réfléchi. Aïssatou (Tounkara) ne s'est pas blessée cette saison alors que Griedge (Mbock) a été éloignée des terrains pendant longtemps. Aïssatou n'est pas responsable du but. Elle a fait un match cohérent et plutôt bon."

Corinne Diacre, en conférence de presse

Pourtant, la défenseure est à l’origine de plusieurs erreurs d’alignement qui auraient pu coûter cher à des Bleues essentiellement prises dans leur dos. Et si Sakina Karchaoui a fait, comme souvent, de très belles différences en phases offensives, elle ne dégage pas encore l’assurance en défense de sa collègue sur l’aile droite, Eve Périsset. 

La recherche d’équilibre à la perte de balle

Corinne Diacre a misé sur un trio de milieu de terrain aux rôles bien déterminés. Quand Charlotte Bilbault campe devant la défense, Sandie Toletti et Grace Geyoro, portées par une grande qualité technique et des poumons phénoménaux qui leur permettent d’avaler des kilomètres, se laissent aspirer vers le but pour apporter le surnombre aux abords de la surface.

Un choix gagnant contre l’Italie. Le triplé de Geyoro, l’implication de Toletti dans plusieurs buts tricolores et les nombreuses récupérations hautes en première période en témoignent. Néanmoins, face à des équipes capables de sortir les ballons avec plus d’aisance, la recette pourrait montrer certaines limites.

C’était d’ores et déjà le cas lors de la deuxième période contre l’Italie où l’équipe de France s’est retrouvée plusieurs fois coupée en deux et trop facilement transpercée. L’une et l’autre devront mieux choisir leur moment pour se projeter au risque de subir des contres assassins.

Une homogénéité de groupe à trouver

Si les Bleues n’ont pas encore fait la moitié du chemin, en s’imposant avec autorité d’entrée elles peuvent aborder la suite de la phase de poule et les prochains matchs contre la Belgique et l’Islande avec plus de sérénité. Ces deux rencontres devraient être utilisées pour peaufiner le contenu des Bleues, mais surtout pour préserver les organismes tout en mobilisant un maximum de joueuses.

Une chose qu’a commencé à faire Corinne en donnant du temps de jeu à Malard, Dali, Bacha, Sarr et Baltimore en fin de rencontre. Des entrantes plutôt timides, qui n’ont malheureusement pas réussi à s’illustrer. Dans un Euro que beaucoup considèrent comme le plus relevé ayant jamais eu lieu, le banc aura pourtant un rôle crucial à jouer.

La capacité de l’équipe de France à garder un niveau de jeu uniforme, une fois les remplaçantes sur le terrain, sera essentiel pour permettre aux Tricolores d'aller loin dans la compétition.

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