Équipe de France

Euro 2022 : Les points positifs et négatifs de l’équipe de France face à l’Islande

Justine Saint-Sevin
La Lyonnaise, Melvine Malard, s'est montrée convaincante à la pointe de l'attaque française contre l'Islande, le 18 juillet 2022.
La Lyonnaise, Melvine Malard, s'est montrée convaincante à la pointe de l'attaque française contre l'Islande, le 18 juillet 2022. / BSR Agency/GettyImages
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Lundi soir, l’équipe de France a dû se contenter d’un match nul (1-1) contre l’Islande après un pénalty concédé en toute fin de match. Des joueuses opportunistes, des problèmes qui persistent, retour sur les enseignements de l’ultime match des phases de groupe des Bleues dans cet Euro 2022.

Le positif

Melvine Malard, à la pointe

C’est ce que l’on appelle savoir saisir sa chance. Titularisée en pointe d’un trio offensif remanié Baltimore-Malard-Diani, pour palier l’absence de Marie-Antoinette Katoto gravement blessée au genou, la Lyonnaise a parfaitement débuté la rencontre : se rassurant sur une première frappe (18s) avant de lancer parfaitement les Bleues en claquant son premier but dans un tournoi majeur (46s) sur une frappe croisée délicieuse, tout en self contrôle. 

Un but qui fait d’elle la plus jeune buteuse de l’équipe de France dans une compétition majeure à 22 ans et 20 jours. Malard a également inscrit le deuxième but le plus rapide de l’équipe de France, seule Marie-Laure Delie a fait mieux lors du Mondial 2016 (34 secondes contre le Mexique).

Frappant dès qu’elle en a eu l’occasion, participant activement à la construction du jeu - on l’a beaucoup vu dédoubler en une touche de balle avec Batimore ou Mateo -, Malard a réalisé une performance pleine, qui devrait lui permettre de passer devant une Ouleymata Sarr pour occuper la pointe du 4-3-3, qui semble rongée par l’enjeu.

Clara Mateo rayonne encore

En l’absence d’Amandine Henry, on s’inquiétait, non pas de la qualité intrinsèque des joueuses alignées pour animer le milieu des Bleues, mais plutôt de leur capacité à se sublimer lors d’une compétition avec un enjeu tel que l’Euro. Si Grace Geyoro s’est faite remarquer d’entrée avec son triplé et une activité débordante, c’est bien Clara Mateo qui fait figure de révélation. 

Clara Mateo
Clara Mateo a brillé dans l'entre-jeu contre l'Islande, le 18 juillet 2022. / BSR Agency/GettyImages

C’est elle qui sert Melvine Malard après un double une-deux d’école sur l’unique but des Bleues. C’est d’ailleurs la septième passe décisive de Mateo avec les Tricolores en 2022, plus du double que toute autre joueuse.

La milieue au toucher de balle soyeux, symbole du dépassement de fonction, s’est une nouvelle fois affairée aux quatre coins du terrain. Tantôt récupératrice, tantôt en transperçant les lignes par sa qualité de dribble ou de passe, la perf de la joueuse du Paris FC est telle qu’elle pourrait reléguer sur le banc une Sandie Toletti, plus discrète contre l’Islande.

Sandy Baltimore et Selma Bacha en supersub de confiance

On ne mettra pas les performances de la Parisienne et de la Lyonnaise au même niveau que celle de Melvine Malard pour qui les enjeux étaient tout autre, mais le duo a su profiter de l’occasion pour signer deux performances assez solides pour confirmer qu’elles auront à offrir, en qualité de remplaçantes de luxe, derrière Delphine Cascarino et Sakina Karchaoui. 

Techniques, intéressantes en percussion, les deux joueuses ont les défauts de leurs qualités. Elles seront parfaites pour apporter un peps précieux en fin de match, même si celui-ci a parfois un peu débordé contre l’Islande. 

Les mauvais points

Un manque de jus certain

C’est peut-être le point le plus inquiétant. Celui qui peut expliquer certaines contre-performances ou encore cette incapacité collective à tenir un match pendant deux mi-temps et à marquer un but après la pause (même si l’on pourrait trouver à redire sur le but refusé à Grace Geyoro à la 88e). Le staff de Corinne Diacre a misé sur une préparation physique éreintante qui a fortement éprouvé les organismes. 

Difficile d’affirmer que la blessure de Katoto en est une conséquence directe, toujours est-il que les pépins physiques se sont enchainés (Renard, Karchaoui, Sarr). Face à l’Islande, Kadidiatou Diani, d’habitude si remuante et une des rares joueuses à avoir débuté les trois matchs, n’était décidément pas en cannes, tout comme une Sandie Toletti qui n’avait néanmoins pas débuté contre la Belgique. 

Sandie Toletti
Sandie a paru usée contre l'Islande, le 18 juillet 2022. / BSR Agency/GettyImages

Pour ce dernier match de poule, Corinne Diacre avait néanmoins réalisé six changements. Au total, la sélectionneuse tricolore a utilisé 20 joueuses différentes, un record pour l’équipe de France sur une telle compétition (19 en 2009, 18 en 2013 et 2017, 17 en 2001 et 2005 et 16 en 1997).

Espérons que cela suffira pour trouver un second souffle crucial pour avoir une chance face aux Pays-Bas en quarts de finale. 

Une charnière centrale toujours en difficulté 

Peut-être qu’une Wendie Renard, en manque de rythme après avoir loupé les matchs de préparation, et que la concurrence installée entre Aïssatou Tounkara et Griedge Mbock y est pour quelque chose, en attendant, les Bleues n’ont toujours pas trouver une vraie stabilité défensive. 

Des relances hasardeuses, des tentatives pour couper les lignes de passes à contre-temps, si Renard n’était pas loin de planter son but de la tête (15e) et que celle de Tounkara, pour éloigner le danger sur un centre de Vilhjalmsdottir (45+5), a été précieuse, il faudra une charnière d’un tout autre acabit pour ne pas sombrer face aux championnes d’Europe en titre, samedi. 

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