Équipe de France : Sydney Govou se lâche sur les responsables de Knysna

France's coach Raymond Domenech (R) spea
FRANCK FIFE/Getty Images

Il aurait peut-être préféré être loin de tout ça. Mais Sidney Govou était bien présent à Knysna pour ce qui est sans doute la pire page de l'Histoire de l'Equipe de France. Avec en point d'orgue, la grêve et le refus de descendre du bus en soutien à Nicolas Anelka. L'ancien Lyonnais s'est livré à So Foot.

Les braises de l'Euro 2008

The coach of the French national footbal
VALERY HACHE/Getty Images

Si l'on pense que la Coupe du Monde 2010 ne doit son fiasco qu'à elle-même, il faut au contraire remonter jusqu'à l'Euro 2008 (élimination au premier tour avec un seul point au compteur), le début d'une lente descente aux enfers.

" Après l'Euro, c'était quasiment impossible de faire quelque chose de bien au mondial et on l'a rapidement compris, même si on avait envie d'y croire, même si on avait une bonne équipe... Il y avait trop de divergences avec le coach, avec les médias... Et on n'avait pas un groupe capable d'affronter tout ça, même si on jouait tous dans des grands clubs. "

Sidney Govou pour SoFoot

Au-delà des différents entre les médias et l'Équipe de France, et entre Raymond Domenech et ses joueurs, Sidney Govou évoque également l'attitude des nouveaux venus dans l'effectif.

" Les nouveaux avaient les dents longues, ce qui est louable, mais il fallait qu'ils aient envie de s'intégrer. Dans le même temps, il fallait que les anciens acceptent de les intégrer correctement aussi. Là, les jeunes avaient un caractère particulier, restaient beaucoup entre eux, ne s'ouvraient pas et ce qui devait arriver est arrivé... "

Sidney Govou pour SoFoot

Chacun pour soi

Franck Ribery, Nicolas Anelka
Michael Steele/Getty Images

Pas l'idéal pour préparer une Coupe du Monde. D'ailleurs à Knysna, personne ne semble écouter un sélectionneur qui a perdu toute crédibilité.

" Le coach avait donné des consignes, et les mecs ne voulaient pas les respecter. Le plan était pourtant clair, Raymond Domenech savait ce qu'il voulait mettre en place. Mais à un moment donné, Franck ne voulait pas jouer à droite, mais à gauche, Maloud' voulait jouer à gauche, Nico voulait jouer en 10... Honnêtement, moi, ça m'a dégoûté parce que c'était du grand n'importe quoi. Chacun tirait dans son sens. "

Sidney Govou pour SoFoot

Et la technique du "chacun pour soi" n'a pas emmené les tricolores bien loin. Souvenir d'un match de poule perdu 2-0 contre le Mexique.

Ce match, c'est l'exemple concret de ce que je viens de te raconter. Tu as trop de joueurs qui faisaient ce qu'ils voulaient. Après, on peut me parler d'organisation, du coach... Mais les mecs n'acceptaient pas, de base, les consignes. Ça, dans le football, ça peut arriver, mais à une seule condition : il faut que derrière il y ait une organisation commune. Là, chacun écoutait ses propres consignes... Tu avais donc mille approches au lieu d'une consigne générale. Personne ne s'écoutait parler. Résultat, ça ne ressemblait à rien.

Sidney Govou pour SoFoot

Et au moment d'évoquer l'imbroglio Anelka - Domenech qui a conduit à l'exclusion de l'ancien attaquant des Bleus, Govou se souvient que lui et ses partenaires ne se sont pas forcément rendu compte tout de suite de l'impact de leur geste. A savoir le refus de descendre du bus avant un entrainement pour soutenir leur coéquipier.

L'affaire du bus

France's coach Raymond Domenech is pictu
FRANCK FIFE/Getty Images

Tu sais, généralement, sur un groupe de 23, tu en as 10 qui disent oui, quelques-uns qui disent peut-être et les autres, ils suivent (...) Sur le moment, c'est dur à comprendre, parce qu'on ne sait pas que c'est filmé en direct... Surtout, on ne voulait pas vraiment faire une grève. On voulait rentrer aux vestiaires, c'était un jour de décrassage, on pensait que ça aurait un autre impact. Ça a été mal fait aussi parce qu'on devait aller au stade, où il y avait des gamins à qui on voulait signer des autographes... En fait, c'est une succession d'événements qui a conduit à cette catastrophe.

Sidney Govou pour SoFoot

Un groupe rongé par ses intérêts individuels qui n'avait que faire des directives du coach. C'est l'une des principales raisons évoquées par l'ancien lyonnais pour justifier le fiasco de cette triste Coupe du Monde. Pour autant, la guerre médiatique entre l'Equipe de France et les différents organes de presse à la suite de l'Euro 2008 n'aura rien arrangé. Les choix de Raymond Domenech n'ont plus.

" Je lui reproche simplement de ne pas avoir donné les clés du camion aux bonnes personnes. "

Sidney Govou pour SoFoot

En espérant ne jamais revivre pareille mésaventure.