De Córdoba à Paris en passant par Palerme, Javier Pastore a traversé le football européen comme un éclair de génie, laissant derrière lui le souvenir d'un joueur exceptionnel que les blessures ont empêché de devenir l'un des plus grands.
Né le 20 juin 1989 à Córdoba en Argentine, Javier Pastore a très vite montré des qualités techniques hors du commun. Formé au CA Talleres puis au CA Huracán, il attire rapidement l'attention des recruteurs européens. C'est l'US Palerme qui mise sur lui en 2009, et le pari s'avère payant. Lors de sa première saison, il évolue avec un certain Edinson Cavani. En Sicile, le milieu offensif argentin explose aux yeux du monde, élu meilleur jeune joueur de Serie A en 2010 et auteur d'un triplé mémorable lors du derby face à Catane, marquant du pied droit, du pied gauche et de la tête. Deux saisons suffisent pour que le Paris Saint-Germain, tout juste racheté par les Qataris, mette 42 millions d'euros sur la table pour s'attacher ses services, un record dans le championnat de France à l'époque.
Le joueur qui faisait lever le Parc
Avec le PSG, Javier Pastore remporte 18 titres, dont cinq championnats de France. l’Argentin devient rapidement l’un des visages du nouveau Paris version Qatar. Mais son aventure parisienne est aussi marquée par de nombreuses blessures qui l’empêchent d’enchaîner les saisons complètes et de s’installer durablement dans le XI de départ. Malgré ces difficultés physiques, il a toujours gardé une relation spéciale avec les supporters parisiens, qui voyaient en lui un joueur différent.

Quand il est sur le terrain, Pastore impressionne par sa vision du jeu, sa qualité technique et son élégance naturelle avec le ballon. Sa façon de jouer, entre calme, facilité et parfois même une forme de nonchalance, rendait son football très agréable à regarder. Capable d’éliminer plusieurs joueurs dans de petits espaces ou de réussir des passes que peu tentaient, il a souvent offert des moments marquants au Parc des Princes. Son fameux but contre Chelsea en Ligue des champions, le 2 avril 2014, lors du quart de finale aller restera l’un des moments les plus mémorables de son passage à Paris.
Le fantôme de l'équipe nationale
C'est Diego Maradona, alors sélectionneur de l'Argentine a l'époque, qui appelle Pastore pour la première fois lors d'un match amical non officiel contre la sélection de Catalogne le 22 décembre 2009 au Camp Nou. Malgré une défaite 4-2, Pastore marque son premier but sous les couleurs de l’Albiceleste. Un an plus tard, Pastore est intégré à la liste des 23 joueurs appelés par Maradona pour disputer la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. Une marque de confiance de la part d'une légende qui voyait en lui un joueur capable de s'imposer au plus haut niveau. Mais en sélection comme en club, Pastore n'aura jamais réussi à s'imposer sur la durée, ne jouant que lors de quelques entrées en jeu en fin de match lors du Mondial sud-africain, coincé derrière une génération dorée emmenée par Lionel Messi et Angel Di María.

La fin d'une épopée
La suite de sa carrière le mène à la Roma en 2018, après avoir quitté le PSG avec un total de 45 buts toutes compétitions confondues, un bilan qui aurait pu être bien plus lourd sans les nombreuses absences liées aux blessures. Les Romains avaient misé sur lui pour retrouver son meilleur niveau, mais le corps de Pastore n'a jamais vraiment suivi les ambitions du joueur. Il tente un dernier rebond a Elche avant d'aller au Qatar SC et de raccrocher les crampons en juillet 2023, mettant fin à une carrière qui laisse un goût d'inachevé.
Un talent immense mais ou le corps n'a pas toujours suivi, et que les amoureux du beau jeu n'ont pas fini de regretter. Surnommé "El Flaco" (le maigre en espagnol), Pastore incarnait parfaitement cette idée. Dans un football de plus en plus physique et formaté, Pastore représentait quelque chose de rare et de précieux, un joueur capable d'improviser là où les autres calculaient, de trouver l'impossible là où les autres renonçaient. Il restera dans les mémoires comme l'un de ces artistes du ballon dont on se souvient non pas pour les trophées accumulés, mais pour la façon unique dont il faisait vibrer ceux qui avaient la chance de le voir jouer.
