Neuf jours avant le départ, quinze avant le premier match, Malo Gusto s'est entretenu en exclusivité avec 90min. Le latéral droit de l'équipe de France, déjà pleinement dans sa Coupe du Monde aux Etats-Unis, a fait le point, en évoquant le retour à Clairefontaine, l'état d'esprit du groupe, et ses ambitions individuelles.
Ils ne sont pas encore aux Etats-Unis, mais leur Coupe du Monde a déjà commencé. Vingt-et-un des vingt-six Bleus sélectionnés par Didier Deschamps sont arrivés vendredi dernier à Clairefontaine. Un rendez-vous tout particulier pour Malo Gusto. Devenu un habitué des rassemblements de l'équipe de France (9 sélections), le latéral droit va disputer, pour la première fois de sa carrière, une compétition internationale majeure. "Je me dis que c'est mon tour" nous souffle-t-il. Au centre d'entrainement tricolore à Clairefontaine, Gusto nous a accordé un moment exclusif et sincère et passionnant.
Malo Gusto - L'Entretien
Tu vas disputer ta première Coupe du Monde à 23 ans. Quel sentiment ressens-tu à l'approche de cette compétition ?
C’est beaucoup de fierté, une très grande fierté. Quand j'ai entendu mon nom dans la liste, c'était un moment incroyable. Il y a aussi beaucoup d'excitation. C'est quelque chose dont j'ai toujours rêvé. Aujourd'hui, j'ai hâte que cette Coupe du Monde commence.
Que représente pour toi le fait de porter le maillot de l'équipe de France dans une Coupe du Monde ? Quels souvenirs gardes-tu de l’équipe de France lors des précédents Mondiaux ?
C’est quelque chose d'incroyable. Quand tu es jeune footballeur et que tu as l'ambition de réaliser de grandes choses, représenter ton pays lors d'une Coupe du Monde est quelque chose de très spécial. J'ai beaucoup de souvenirs. Celui qui me marque le plus est la Coupe du Monde 2014. C'est la première que j'ai vraiment suivie de près avec l'équipe de France. Aujourd'hui, pouvoir vivre cette aventure de l'intérieur est incroyable. Je repense au jeune garçon que j'étais à l'époque et je me dis que c'est désormais mon tour.
Quelle ambiance ressens-tu au sein du groupe après les premiers jours à Clairefontaine ?
Il y a une très bonne ambiance. Nous sommes tous détendus mais également conscients de l'importance de cette compétition. Nous travaillons beaucoup physiquement pour nous remettre en route. Certains joueurs ont eu quelques jours de repos, donc il fallait rapidement retrouver le rythme. Nous avons un groupe qui vit très bien et tout le monde est heureux d'être là.
On sent beaucoup d'attentes autour de cette équipe de France, notamment en raison du talent de l'effectif et du fait qu'il s'agisse du dernier Mondial de Didier Deschamps. Comment gérez-vous cela ?
Honnêtement, nous ne nous prenons pas trop la tête avec ça. Nous savons qu'il y a beaucoup d'attentes autour de cette équipe et c'est normal quand on voit la qualité du groupe. Le fait que ce soit la dernière Coupe du Monde du sélectionneur est également quelque chose d'important pour nous. Évidemment, nous aimerions repartir avec le trophée pour terminer sur une belle note, notamment pour le coach. Mais nous savons aussi qu'il y aura beaucoup de batailles avant d'arriver jusque-là. Nous prenons les matches les uns après les autres.
Vous avez déjà découvert les États-Unis lors du rassemblement de mars. En quoi cela peut-il constituer un avantage ?
Je pense que cette expérience a été importante. Cela nous a permis de découvrir les terrains, les stades, les conditions climatiques et l'environnement général. C'est toujours utile pour l'acclimatation. Bien sûr, nous savons qu'il fera encore plus chaud cet été, mais nous sommes préparés à cela.
Quel regard portes-tu sur votre groupe avec le Sénégal, la Norvège et l'Irak ?
C'est un très bon groupe avec de très bonnes équipes. Le Sénégal et la Norvège sont de grandes nations de football. L'Irak est également une équipe de qualité. À nous de montrer que nous sommes au niveau attendu et de sortir de ce groupe de la meilleure manière possible.
Est-ce un avantage de commencer directement par des adversaires relevés et un groupe homogène ?
Oui, je pense que cela peut être une bonne chose. Cela nous oblige à entrer immédiatement dans notre compétition. Comme je l'ai dit, ce seront des matches difficiles. À nous d'être prêts dès le départ et de rester concentrés jusqu'au bout.
Qu'est-ce que tu penses apporter de spécifique à cette équipe de France ?
Je pense apporter beaucoup d'énergie. Je suis quelqu'un qui aime aller vers l'avant, apporter offensivement, mais aussi défendre et être efficace dans les deux surfaces. Je crois que c'est une qualité essentielle pour un latéral moderne. J'essaie d'apporter cette fougue et cette énergie sur le côté droit.
À ce poste de latéral droit, qu'est-ce qui fait la différence au très haut niveau ?
Pour moi, il faut être efficace dans les deux surfaces. Aujourd'hui, un latéral doit être capable de très bien attaquer tout en étant très solide défensivement. C'est probablement la qualité la plus importante à ce poste dans le football moderne.
En parlant d'attaque, tu as inscrit tes premiers buts avec Chelsea cette saison. Est-ce aussi un aspect de ton jeu que tu souhaites développer davantage ?
Oui, bien sûr. Il fallait simplement débloquer ce compteur. Je suis un latéral offensif, donc marquer davantage de buts et délivrer plus de passes décisives fait partie de mes objectifs. Je travaille beaucoup pour progresser dans ce domaine.
Après trois saisons en Premier League, dans quel secteur estimes-tu avoir le plus progressé ?
Je dirais la gestion de l'intensité. La Premier League est probablement le championnat le plus exigeant physiquement et le plus intense. En tant que latéral, tu es constamment exposé à des situations compliquées, notamment en un contre un ou même deux contre un. Cela t'oblige à progresser rapidement défensivement. Offensivement aussi, ce championnat m'a beaucoup apporté. C'est ce qui m'a le plus aidé à devenir le joueur que je suis aujourd'hui.
Cette saison a été importante pour toi en équipe de France. En quoi a-t-elle marqué un tournant ?
J'ai essayé d'apporter ma pierre à l'édifice depuis mon arrivée. J'ai voulu montrer que j'avais envie d'être là et que j'étais prêt à jouer. Aujourd'hui, être présent pour cette Coupe du Monde représente déjà une forme d'accomplissement. Mais nous savons tous qu'il y a un objectif encore plus grand à atteindre. Je me prépare au maximum pour donner le meilleur de moi-même pour cette équipe.
Quels joueurs t'ont particulièrement aidé à t'intégrer ?
Tous les joueurs m’ont aidé, mais je dirais notamment Ibrahima Konaté. C'est quelqu'un qui m'a beaucoup parlé et qui m'a très bien intégré. Mais, plus largement, tout le groupe a été formidable. Nous avons une équipe assez jeune avec un état d'esprit commun, ce qui facilite les relations entre les joueurs.
Ton parcours en équipe de France a commencé en 2023, puis tu as manqué quelques mois avant de revenir en 2025 et de t’affirmer dans le groupe. Qu'est-ce que cela dit de ton mental ?
Cela montre que je n'ai jamais abandonné.Après ma première sélection en 2023, je n'ai plus été rappelé pendant un certain temps. Mais je ne me suis jamais découragé. Je me suis simplement dit qu'il fallait continuer à travailler et que j'obtiendrais ce que je méritais au moment opportun.
Comment perçois-tu la concurrence en équipe de France ?
Je la vois comme une source de progression. Nous avons un vivier exceptionnel avec énormément de talent. Quand on regarde l'effectif, on voit immédiatement la qualité présente à tous les postes. Évoluer avec de tels joueurs permet de progresser plus vite. Nous essayons tous de nous tirer vers le haut.
Quelles équipes vois-tu parmi les favorites de cette Coupe du Monde ?
Il y a beaucoup de grandes nations. L'Espagne, le Brésil, le Portugal possèdent des effectifs très talentueux. Nous pouvons également faire partie de cette discussion. Nous savons que nous avons la qualité nécessaire pour aller au bout et nous allons nous battre pour cela.
Dans le groupe des Bleus figure notamment la Norvège d'Erling Haaland. Toi qui l'as affronté plusieurs fois, comment défend-on sur lui ?
C'est un attaquant de très haut niveau. Tout le monde connaît ses qualités. Il faut essayer de le déranger au maximum, rester constamment au contact et limiter ses espaces. Ensuite, ce sera surtout un travail collectif pour réussir à contenir un joueur de ce niveau.
Quels sont tes objectifs personnels pour cette Coupe du Monde ?
Mon objectif est simple : tout donner pour le maillot de l'équipe de France.Même si je dois terminer avec des crampes à chaque match, je donnerai tout. Et évidemment, repartir avec une étoile supplémentaire et la Coupe du Monde serait le plus grand accomplissement possible.
