Castello Lukeba - L'interview EXCLU : "La Coupe du Monde ? Un objectif", entretien avec le défenseur du RB Leipzig

  • Castello Lukeba évolue au RB Leipzig depuis 2023.
  • Le défenseur international français nous a accordé une interview exclusive.
  • La Coupe du Monde avec les Bleus, mais aussi son rôle au RBL, ses souvenirs de l'OL, son profil... Castello Lukeba nous a répondu.
Castello Lukeba nous a accordé un entretien exclusif
Castello Lukeba nous a accordé un entretien exclusif / ANP/GettyImages
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Du haut de ses 23 ans, Castello Lukeba a atteint un âge où l'expérience et la jeunesse se croisent. Le défenseur du RB Leipzig nous a accordé un entretien exclusif. De la Bundesliga à la Coupe du Monde, en passant par l'Olympique Lyonnais et son goût prononcé pour la mode, l'international français (une sélection) a un discours fort.

Touché au genou en début d'année civile, Castello Lukeba a immédiatement retrouvé une place de titulaire dans le onze du RB Leipzig, où il évolue depuis trois ans désormais. Arrivé en provenance de l'Olympique Lyonnais à l'été 2023, le défenseur central est devenu un "leader" du vestiaire de la formation de Bundesliga, qui a des objectifs élevés mais précis, et qui n'oublie pas d'où il vient.

L'international français a répondu à nos questions. Une demi-heure de témoignage sincère et ambitieux, de la part d'un enfant de Lyon devenu un homme en Allemagne.

Castello Lukeba, l'entretien

90min - Tu es récemment revenu d'une blessure à la cuisse, et tu as directement repris face au Bayern Munich en Coupe, et contre Wolfsburg et le Borussia Dortmund en championnat. Est-ce idéal d'affronter directement des cadors pour retrouver du rythme au plus vite ?

Castello Lukeba - Je me sens de mieux en mieux. C'est évidemment un défi de revenir face à de telles équipes, car on est immédiatement sollicité au maximum. L'intensité contre ces formations est élevée : il y a beaucoup de sprints, cela demande une concentration totale et il faut avoir une confiance absolue en son corps.

Je m'étais préparé spécifiquement pour mon retour contre le Bayern Munich le 11 février. La préparation avec les entraîneurs a été bonne, j'étais donc confiant et je n'avais pas de doute. À la fin du match, j'avais des crampes, j'ai vraiment tout donné. Sur un plan personnel, je pense que cela s'est bien passé pour mon corps malgré le résultat, car nous voulions gagner mais n'avons pas atteint cet objectif.

90min - Tu disputes ta troisième saison avec le RB Leipzig. Comment se déroule cette page de ta carrière en Allemagne ?

C. L - J’apprends énormément ici. J’ai beaucoup progressé depuis mon arrivée ici en Allemagne. Je connais très bien le club et le championnat maintenant, je suis vraiment à l’aise. J’ai aussi ce rôle de leader. J’aide les jeunes et les nouveaux, surtout les Francophones.

Nous avons bien commencé la saison, mais nous avons eu un passage à vide où nous n'obtenions plus les résultats escomptés. Nous devons maintenant remettre le moteur en marche pour récolter le plus de points possible d'ici la fin de la saison et atteindre nos objectifs

90min - Peux-tu nous en dire davantage sur ce rôle de leader que tu évoques ?

C. L - Je parle beaucoup avec les nouveaux pour faciliter leur intégration, car je sais ce que l'on ressent quand on arrive. Pour la plupart, c'est la première fois qu'ils changent de pays et les différences sont nombreuses : le championnat, la langue, la culture… Comme je l'ai vécu moi-même, je peux comprendre leur situation. J'essaie de les mettre dans les meilleures dispositions pour qu'ils puissent aider l'équipe et donner le meilleur d'eux-mêmes. Je suis encore jeune, mais j'ai déjà une certaine expérience et j'aime naturellement aider les autres. C’est quelque chose qui me plaît et que je fais sans hésiter.

90min - Quelles est la principale différence entre la Bundesliga et la Ligue 1 à tes yeux ?

C. L - Je dirais l'espace sur le terrain. J'ai le sentiment qu'en Allemagne, il y a parfois plus d'espaces. En France, le jeu est plus compact et défensif ; c'est ce qui m'a frappé. En tant que défenseur à Lyon, j'avais plus de duels en un contre un à gérer. Ici, c'est différent. Le placement est extrêmement important : sortir sur le porteur, coulisser… Je me retrouve moins souvent dans des duels directs. Cela m'a aidé à améliorer mon placement, qui était parfois perfectible en tant que jeune joueur. Désormais, je suis devenu plus complet. La Ligue 1 reste néanmoins un championnat très intense et physiquement fort.

90min - On dit souvent que la Bundesliga réussit aux attaquants, mais est-ce un championnat idéal pour franchir un cap en tant que défenseur central ?

C. L - Oui, absolument. Il y a beaucoup de grandes équipes en Bundesliga et quand on joue pour l'une d'elles, comme le RB Leipzig, on attend de vous une performance de haut niveau chaque week-end. On joue aussi des compétitions européennes, ce qui aide à atteindre un nouveau palier. Quand on voit les défenseurs passés par la Bundesliga - surtout les Français ou récemment Willian Pacho, qui a gagné la Ligue des Champions via ce chemin avant de s'imposer comme leader au PSG - cela prouve que ce championnat sait former les défenseurs.

90min - Les trajectoires de Dayot Upamecano et Ibrahima Konaté, deux autres Français passés par le RB Leipzig, t'inspirent-elles ?

C. L - Bien sûr. C'est quasiment le même chemin : ils sont venus de France, ont progressé à Leipzig et y ont gagné de nombreux titres. C'est un parcours modèle. Ce sont des défenseurs de très grande qualité et des cadres de l'équipe de France. C'est motivant.

90min - On dit souvent que la Ligue 1 est le championnat qui crée les talents. La Bundesliga est-elle celui qui les révèle ?

C. L - (Il réfléchit) Certainement. Je dirais qu'il y a aussi d'énormes talents en Ligue 1, mais beaucoup partent très tôt. Il y a du talent dans les deux ligues. La Bundesliga est un excellent championnat pour s'affirmer et confirmer son potentiel. Beaucoup de joueurs français ont suivi cette voie et leurs carrières sont fantastiques.

90min - Retrouver la Ligue des Champions, est-ce l’objectif prioritaire du RB Leipzig ?

C. L - Comme nous l'avons dit en début de saison, l'un des objectifs principaux est le retour en Europe. L'année dernière, nous n'y sommes pas parvenus et cette année, nous voulons absolument nous qualifier à nouveau pour une compétition européenne. Pour moi, la Ligue des Champions est la compétition de clubs la plus prestigieuse. C'est important de jouer contre les meilleurs pour progresser et se mesurer à l'élite.

90min - A titre plus individuel, quel est l'objectif ultime - collectif ou individuel - que tu souhaiterais remplir dans ta carrière ?

C. L - En tant que compétiteur, je rêve de soulever tous les trophées. Mais quand on est enfant, le rêve ultime est bien sûr de gagner la Coupe du Monde. Je pense qu'il n'y a rien de plus beau. Ensuite, je citerais la Ligue des Champions. Si j'ai la chance de gagner les deux un jour, je ne dirais pas non (rires).

90min - Tu as déjà disputé la Ligue des Champions. Qu’est-ce que ça fait ?

C. L - Lors de ma première saison, nous avons joué la Ligue des Champions avec le RB Leipzig, c'était fantastique. C'était un rêve de jouer cette compétition contre Manchester City, le Real Madrid… C'est une compétition unique, la plus belle à laquelle j'ai participé. J'espère pouvoir la gagner un jour.

90min - Tu comptes une sélection en équipe de France, en octobre 2023 face à l'Ecosse. Peux-tu nous raconter ce moment ?

C. L - Tout était allé très vite, je n'étais à Leipzig que depuis quelques mois. C'était l'un de mes objectifs, mais je ne pensais pas que cela arriverait si tôt. J'ai eu la chance de disputer ce match devant ma famille qui était au stade. C'était un sentiment inoubliable. Maintenant, c'est à moi de travailler dur pour revivre cela.

Castello Lukeba, Malo Gusto
Castello Lukeba et Malo Gusto, lors du match amical entre la France et l'Ecosse en octobre 2023. Première sélection pour Lukeba / Jean Catuffe/GettyImages

90min - La Coupe du Monde 2026, est-ce un objectif, ou un éventuel bonus cet été ?

C. L - Je ne dirais pas que c'est un "bonus". J'arrive à un âge où je deviens plus expérimenté, tout en restant jeune. C'est un objectif, mais nous savons que la concurrence est grande, ce qui est normal. C'est à moi d'être performant avec le RB Leipzig pour avoir une chance de décrocher ma place pour le Mondial.

90min - On parle souvent du vivier offensif en France. Mais en défense centrale aussi, c'est très fourni et très jeune...

C. L - Je me concentre sur moi-même. Il y a toujours des choses à améliorer. Mais comme je l'ai dit : si tu es performant en club, tu as toutes tes chances. C’est le sélectionneur qui prend la décision. Le plus important est de jouer, d'être performant et de tout donner pour cela.

90min - Estimes-tu être un défenseur "différent" ? En décembre, une statistique montrait que tu étais le défenseur U23 avec le plus de passes progressives. Comment décrirais-tu ton jeu ?

C. L - Je dirais que je suis un défenseur central qui ose. Je suis très sûr de moi balle au pied, je n'ai pas peur de monter avec le ballon ou de dribbler… Je cherche toujours la passe capable de casser les lignes. J'ai cela en moi depuis l'enfance. J'essaie de développer cela tout en mesurant mieux les risques, car en tant que défenseur, chaque erreur peut être immédiatement punie. Si le risque est payant, cela peut créer une occasion pour mon équipe.

90min - Qui t’a aidé à développer cette "fibre" de la prise de risque ?

C. L - Ma formation à Lyon et, bien sûr, mon passage au RB Leipzig. L'académie de l'OL est l'une des meilleures au monde. On y apprend à être serein avec le ballon et à construire le jeu proprement depuis l'arrière. Samuel Umtiti était mon modèle. Je l'ai vu chez les professionnels et nous avons des similitudes dans notre jeu. J'ai pris exemple sur lui, ainsi que sur Thiago Silva qui était très précis dans sa relance. Petit, j'aimais déjà dribbler, même si ce n'est pas forcément le rôle d'un défenseur. Mais j'essaie d'intégrer cela à mon jeu pour que cela soit utile à l'équipe.

90min - Gardes-tu un oeil sur la saison de l’Olympique Lyonnais, malgré la distance ?

C. L - Dès que j'ai du temps, je regarde leurs matches. Félicitations pour leur parcours en Europa League ! Décrocher la première place du groupe montre le bon travail et la qualité de l'équipe. J'espère qu'ils iront le plus loin possible et qu'ils gagneront peut-être même le titre. En Ligue 1, ils se sont bien repris, ils sont dans le top 3 et il y a maintenant ce match important contre Marseille. La défaite contre Strasbourg était dommage, mais ça va le faire dimanche.

90min - Ce dimanche, l'OL affronte d'ailleurs l'OM. Peux-tu nous raconter ce que ça fait de jouer un Olympico au Vélodrome, toi, l'ancien Lyonnais ?

C. L - Avant mon premier Olympico au Vélodrome, tout le monde me disait : "Tu verras, l'ambiance là-bas est incroyable". Tant qu'on ne le vit pas soi-même, on ne se rend pas compte. J'avais 19 ans et je suis arrivé dans un stade très chargé émotionnellement. Mais ça s'est bien passé, nous avons gagné 3-0 et j'ai même marqué un but. C'est l'un de mes plus beaux souvenirs à Lyon. J'y jouais avec beaucoup d'amis de l'académie : Malo Gusto, Bradley Barcola, Maxence Caqueret, Rayan Cherki… On se remémore parfois ces moments ensemble.

Cengiz Under, Castello Lukeba
Castello Lukeba au duel avec Cengiz Under lors d'un précédent Olympico / Eurasia Sport Images/GettyImages

90min - Quel est ton pronostic pour ce match ? Une victoire de l'OL j'imagine ?

C. L - Bien sûr ! L’OL est sur une bonne dynamique, malgré la défaite à Strasbourg. Ils vont relancer la machine, on sent vraiment une équipe déterminée à finir sur le podium et pourquoi pas aller chercher la 2ème place. Ils ont toutes les qualités pour rester sur le podium et gagner à Marseille dimanche.

90min - Qu'est-ce qui a le plus changé entre le Lukeba de l'OL, et celui de Leipzig ? Aussi bien en tant que joueur qu'en tant qu'homme.

C. L - En tant qu'homme, j'ai mûri. Changer de pays n'est pas toujours facile, j'ai dû m'adapter rapidement à une nouvelle culture. J'apprends chaque jour, je rencontre de nouvelles personnes et j'essaie d'améliorer mon anglais. Ce sont des choses simples mais importantes en dehors du terrain.

En tant que joueur, j'ai travaillé sous les ordres de différents entraîneurs qui avaient chacun leur propre style. Cela m'a apporté beaucoup de conseils. Je suis aussi devenu plus mature sur le terrain et je mesure mieux les risques. Je me suis amélioré sur ce point : j'essaie de minimiser le risque sans perdre mes qualités de dribble et de passe.

90min - Que peut-on te souhaiter pour la fin de saison ?

C. L - La santé, une fin de saison solide, la qualification européenne avec le RB Leipzig et que mes performances soient suffisantes pour avoir une chance d'être dans le groupe pour la Coupe du Monde.

90min - Tu as reçu le prix du meilleur style vestimentaire au RB Leipzig. Qu'est-ce que cela dit de toi, et quel est ton meilleur outfit (tenue vestimentaire) ?

C. L - Oui, j'ai gagné ce trophée malgré une grosse concurrence. J'ai assuré tout au long de la saison et tout le monde était d'accord (rires). Mais plus sérieusement, j'adore la mode. Ma maman aimerait que j'arrête de remplir mon armoire comme ça, donc je fais une petite pause en ce moment (rires). La mode permet d'exprimer sa personnalité sans dire un mot. Ma meilleure tenue ? Difficile à dire, cela dépend du contexte.

En ce moment, j'aime aussi beaucoup le style de Johan Bakayoko, il porte des pièces assez uniques. Un petit clin d'œil à lui au passage.

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