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À Liverpool, Arne Slot n'a jamais été aussi seul : récit d'un fiasco total sur la Mersey

  • Arne Slot est l'entraîneur de Liverpool.
  • Il a succédé à Jürgen Klopp en 2024.
  • Les Reds sont 5es de Premier League.
Arne Slot à Liverpool, le bonheur avant le désastre.
Arne Slot à Liverpool, le bonheur avant le désastre. | Catherine Ivill - AMA/GettyImages

Alors que la saison ratée de Liverpool se poursuit, et que les Reds ont concédé un nouveau revers vendredi en Premier League contre Aston Villa (2-4), Arne Slot semble être à court de solutions pour redresser la barre. Pire encore, il semble bien trop esseulé dans une situation délicate.

"J'ai toutes les raisons de croire que je serais l'entraîneur de Liverpool la saison prochaine", clamait haut et fort Arne Slot jeudi en conférence de presse, avant le déplacement de son équipe sur la pelouse d'Aston Villa le lendemain. Tout juste 24 heures plus tard, il existait une raison de plus de croire à un départ imminent du technicien néerlandais. Balayés à Villa Park (2-4), les Reds concédaient un douzième revers en Premier League. Celui de trop, peut-être.

Car cela fait désormais 20 défaites les coéquipiers de Virgil van Dijk cette saison toutes compétitions confondues : un triste record pour le club sur un exercice au XXIe siècle. Surtout, ce chiffre ne fait que renforcer le sentiment qu'Arne Slot, à la tête du champion d'Angleterre en titre, ne peut rien faire pour sortir son équipe de cette spirale noire. Tout avait pourtant si bien commencé, avant de s'effondrer.

Les débuts d'Arne Slot, comme dans un rêve

Arrivé en 2024 pour succéder au légendaire Jürgen Klopp, Arne Slot s'est immédiatement acclimaté à sa nouvelle équipe. Un premier mercato on ne peut plus calme : seul Federico Chiesa rejoint le club, tandis que Sepp van den Berg et Fabio Carvalho prennent la direction de Brentford. Le Néerlandais peut compter sur un effectif quasiment identique à celui qui venait de conclure l'exercice précédent à la troisième place, derrière les ogres Manchester City et Arsenal.

Pour sa première saison à Liverpool, Arne Slot porte ainsi les siens vers un symbolique 20e titre de champion d'Angleterre. L'idylle est fabuleux entre l'ancien entraîneur du Feyenoord et sa nouvelle équipe. Ce sacre, l'homme de 47 ans le doit notamment aux saisons spectaculaires réalisées par ses joueurs sur le plan individuel. Pour ne citer qu'eux, Mohamed Salah, meilleur buteur et passeur de Premier League, avait tout d'un Ballon d'Or, Virgil van Dijk avait retrouvé un niveau digne de ses plus belles heures chez les Reds. Trent Alexander-Arnold, avant son départ au Real Madrid l'été suivant, avait conclu de la plus belle des manières son histoire avec Liverpool.

Arne Slot
Arne Slot avait pleinement réussi ses débuts à Liverpool. | Michael Regan/GettyImages

Mais dans la foulée de cette incroyable première saison, il était l'heure pour le technicien néerlandais de pleinement imposer sa patte sur ce club mythique. Arne Slot allait devoir composer avec des départs majeurs (Luis Diaz, Trent Alexander-Arnold), et avoir pour la première fois son mot à dire sur le recrutement opéré par les dirigeants liverpuldiens. C'est ici que les choses ont commencé à coincer.

Un recrutement intriguant, extravagant, décevant

L'été dernier, Arne Slot et Liverpool ont donc réalisé des folies sur le marché des transferts. 481,35M€ de dépenses pour conclure les arrivées d'Alexander Isak, Florian Wirtz, Hugo Ekitike, Jérémie Frimpong, Milos Kerkez ou encore Giovanni Leoni. Jürgen Klopp se vantait de ne pas acheter des stars, mais plutôt de les former : son successeur a fait tout l'inverse.

Alexander Isak
En signant à Liverpool contre 145 millions d'euros, Alexander Isak est devenu la recrue la plus chère de l'histoire de la Premier League. | Nikki Dyer - LFC/GettyImages

Les interrogations n'ont pas tardé à émerger. Cette transformation de l'effectif était-elle nécessaire ? Était-ce judicieux de débourser 240 millions d'euros sur deux numéro neuf, en la personne d'Hugo Ekitike et Alexander Isak ? Comment les Reds, pour qui ces fenêtres de transferts XXL étaient si inhabituelles, allaient aborder cet exercice 2025/26 ?

On aurait d'abord pu croire qu'Arne Slot avait réussi son coup. Malgré un Community Shield perdu au mois d'août par les Reds, contre Crystal Palace (2-2, 2-3 t.a.b), ces derniers débutaient la saison en Premier League sur un rythme de futur champion. Cinq victoires lors des cinq premières journées, et des succès contre Newcastle (2-1), Arsenal (1-0), ou encore dans le derby contre Everton (2-1). Pourtant, cette équipe de Liverpool n'impressionnait pas. Nombreuses étaient les victoires à l'arrachée, rares étaient les succès convaincants.

Un automne cauchemardesque, aussi bien sur le terrain qu'en dehors

La suite des événements a pris, comme beaucoup le craignaient, une tournure catastrophique. Le premier revers de la saison en Premier League, contre Crystal Palace (1-2) le 27 septembre, fut le point de départ d'une série noire. 7 défaites en 10 rencontres toutes compétitions confondues. Des chocs perdus contre Chelsea (1-2), Manchester City (0-3) ou pire encore, contre Manchester United à Anfield (1-2) : une première depuis 2016. Les seules éclarcies au tableau ? Des succès en Ligue des Champions contre l'Eintracht Francfort (5-1) et le Real Madrid (1-0), un autre en championnat contre Aston Villa (2-0).

Mais après les débâcles sur le plan sportif viennent celles en dehors des terrains. Le 6 décembre, au sortir d'une nouvelle contre-performance contre Leeds (3-3), Mohamed Salah charge son entraîneur et sa direction. L'Egyptien avait fait part de son impression d'être "jeté sous le bus" par son club, lui qui avait alors été écarté pour cette rencontre face au promu. Pire encore, la légende des Reds parlait de "promesses non tenues", après qu'une prolongation de contrat qui lui avait été promise par sa direction ne soit jamais arrivée.

Arne Slot avait, de son côté, fait grandement parler de lui en octobre. Après la lourde élimination des siens en Carabao Cup contre Crystal Palace (0-3), et ce avec une équipe B voire C alignée d'entrée de jeu, le Néerlandais s'était alors plaint du manque de profondeur de banc auquel il devait faire face. Cocasse venant d'un entraîneur étant lui même à l'origine, deux mois plus tôt, d'un mercato estival à hauteur de 480 millions d'euros.

L'ancien coach du Feyenoord semblait déjà commencer à perdre pied. Cela s'est confirmé les mois suivants.

Une fin de saison en dent de scies, insuffisante pour Liverpool

Si les résultats n'ont pas toujours été décevants pour Liverpool, le club de la Mersey n'a cependant jamais été en mesure de redresser pleinement la barre. Aujourd'hui, les Reds sont en bonne posture pour se qualifier en Ligue des Champions : il faudrait un énorme concours de circonstances pour voir les coéquipiers de Virgil van Dijk disputer la Ligue Europa la saison prochaine.

Malgré tout, le bilan reste désolant, pour ne pas dire humiliant lorsqu'il concerne le champion d'Angleterre en titre. C'est notamment face aux gros que réside le problème. Trois revers en autant de rencontres contre Manchester City, deux lors des deux affrontements contre le rival Manchester United en Premier League, ou encore une défaite et un nul contre Chelsea : face aux cadors anglais, Arne Slot est dépassé. La cuisante élimination en quarts de finale de Ligue des Champions contre le PSG (4-0 cumulé) élargissait le problème à l'échelle européenne.

Contre les Blues, justement, le Néerlandais s'est attiré les foudres d'Anfield. Sa décision de remplacer, à la 68e minute, le prodige Rio Ngumoha, a été accompagnée d'une bronca assourdissante de la part du public anglais. Ce dernier était alors furieux qu'un prodige tel que l'ailier gauche ne puisse pas avoir l'occasion de s'exprimer. Il était plutôt contraint de céder sa place à un Alexander Isak en très grande difficulté. Le signe, une nouvelle fois, que la fracture entre Arne Slot et Liverpool semble complète, que l'ancien milieu gauche paraît déconnecté de la situation.

Elle avait l'air de l'être un peu plus encore, vendredi soir, suite à la nouvelle sortie médiatique de Mohamed Salah. Sur ses réseaux, la légende de Liverpool faisait clairement savoir qu'il rêvait d'un retour du jeu qui avait fait autrefois la grandeur de son club. "Je veux voir Liverpool redevenir l’équipe d’attaque heavy metal que les adversaires craignent et redevenir une équipe qui remporte des trophées. C’est le football que je sais jouer et c’est l’identité qui doit être retrouvée et préservée pour toujours. Cela ne peut pas être négociable et tous ceux qui rejoignent ce club doivent s’y adapter ", a-t-il ainsi lancé.

Ce "heavy metal" qu'évoque l'Egyptien est une référence à son ancien boss, Jürgen Klopp, lequel avait utilisé cette expression pour définir le style de jeu offensif de son équipe. Le message lancé par Mohamed Salah est ainsi on ne peut plus clair : Arne Slot doit tout changer à la tête des Reds afin de leur redonner l'identité qui était précédemment la leur.

Qu'attendre d'Arne Slot la saison prochaine ?

Désormais, il ne reste à Arne Slot et ses joueurs qu'une ultime journée de championnat à disputer, contre Brentford à Anfield ce dimanche (17h). Au terme de cette rencontre face aux Bees, il sera l'heure pour la direction du club anglais de penser à l'avenir. Si le coach liverpuldien se voit poursuivre sur le banc des Reds, il n'est pas certain que ce sentiment sera partagé par ses dirigeants, mais aussi par ses supporters.

Le dénouement de cet exercice 2025/26 pourrait être décisif : en cas de qualification en Ligue des Champions, une dernière chance pourrait être accordée au natif de Bergentheim. Sinon, il se pourrait bien que ce dernier, moins de deux ans après son arrivée au club, ne soit remercié.

Mais s'il restait l'entraîneur de Liverpool, Arne Slot aurait alors la lourde tâche de tout changer à la tête des Reds. Les moindres faits et gestes du Néerlandais seraient scruté à la loupe et la moindre erreur pourrait lui être fatale.

Cela commencera dès le mercato estival. Il faudra d'abord pallier le départ de Mohamed Salah, celui peut-être d'Ibrahima Konaté dont la prolongation de contrat se fait toujours attendre. Mais surtout, il faudra rebâtir un effectif capable de retrouver les sommets. Pour une écurie d'un tel standing, hors de question de revivre un exercice aussi douloureux : Arne Slot est prévenu, l'ancien entraîneur du Feyenoord se sait en sursis constant.

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