Interview - Amine Bassi, le nouveau maître à jouer du FC Metz

Amine Bassi a signé au FC Metz à l'orée de cette nouvelle saison.
Amine Bassi a signé au FC Metz à l'orée de cette nouvelle saison. / Photo DR
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Le talentueux Amine Bassi a signé en mai dernier un contrat de quatre saisons avec le FC Metz. Après avoir évolué durant quatre saisons en Ligue 2 avec l'AS Nancy Lorraine, le milieu offensif veut briller cette saison les pelouses de Ligue 1 avec les Grenats. Pour 90min, il s'est confié sur sa passion pour le football, son expérience à l'AS Nancy et ses objectifs avec le club messin.

D’où est venu cette passion pour le football ?

Cette passion pour le foot est survenue depuis tout petit. J’ai commencé à taper dans un ballon lorsque j’habitais dans la cité des Brigadières à Bezons (Val d’Oise). Avec mon grand frère, on jouait au football tous les jours.

Il m’a montré comment aimer le football, comment manier au ballon… c’était quelque chose d’important pour moi. Même si je n'avais pas réussi dans le foot, j’aurais fait quelque chose en rapport avec ce sport. Aujourd’hui le football prend une grande place dans ma vie.

Comment te décrirais-tu sur le terrain ?

Je me décrirais comme un joueur qui organise son équipe, qui met ses coéquipiers dans les meilleures dispositions pour que le match se déroule de la meilleure des façons.

Quels ont été tes modèles ?

Mes idoles ont été Andrés Iniesta, Zinédine Zidane et Lionel Messi.

Tu as joué ton premier match de Ligue 1 le 6 mai 2017, face à l’AS Monaco de Mbappé, Bernardo Silva, Fabinho… qu’as-tu ressenti au moment où tu as appris que le coach Correa te convoquait dans le groupe ?

En fait, toute la semaine je me suis entraîné avec le groupe professionnel. La veille du match, le coach m’a gardé alors que je n'étais pas pro et que j’étais censé m’entraîner avec la réserve. Je me suis dit que peut-être il manquait un joueur à l’entraînement ; c’était bizarre.

Et à la fin de l’entraînement, on a fait la mise en place tactique (pour travailler les systèmes de jeu de l’adversaire) et il a donné la compo pour le match du lendemain.

Au moment où je suis parti m’hydrater, j’ai entendu mon nom. Sur le moment, je me suis dit que c’est impossible et le coach m’a dit "mais Amine tu dois venir je t’appelle la". Donc je suis revenu sur le terrain et ce qui m’a surpris, c’est qu’il m'a dit "Amine il faut que tu te déplaces vite parce que sur toi, il y aura soit Moutinho soit Fabinho" et là ça m’a fait très bizarre, ça a été une sensation inhabituelle.

Le 8 septembre 2017, tu as marqué ton premier but en pro face à Valenciennes au stade Marcel-Picot. Ce jour-là, vous avez gagné 3-0 et tu as marqué un doublé et fait une assist. Quel a été ton sentiment à ce moment-là ?

Je n’oublierais jamais ce moment. C’était la meilleure sensation que j’ai eu dans ma vie. Ouvrir le score, de plus d'une belle façon (frappe enveloppée en pleine lucarne) … c’était magnifique.

Lorsque j’ai mis le deuxième but, il y a eu encore plus d’émotions. C’était mon objectif de marquer le plus vite possible en professionnel parce qu’être pro ne suffit pas, il faut travailler derrière et être performant sur le terrain. Pour moi, c’était comme un rêve de gosse de marquer en professionnel.

Entre 2017 et 2021, tu as marqué 26 buts et délivré 17 passes décisives chez les pros. Quel a été ton meilleur souvenir avec l’AS Nancy ?

C’était le premier match contre l’AS Monaco. C’était mon premier match chez les pros et en plus à Monaco, il y a des grands joueurs… c’est un souvenir que je n’oublierai jamais.

Tu as signé en mai dernier un contrat de 4 ans avec le FC Metz, pourquoi avoir choisi ce club ?

Je suis quelqu’un qui aime beaucoup l’approche avec les entraîneurs. Le coach Frédéric Antonetti m’a appelé, on a discuté et j’ai senti le feeling. J’avais d’autres opportunités parce que j’étais en fin de contrat avec Nancy et c’était plus facile pour discuter mais j’ai senti ce feeling, cette envie de me faire progresser, de travailler.

Je suis parti visiter les installations du club et j’ai encore discuté avec le coach et le directeur sportif et les discussions se sont très bien passées. C’est pour ces raisons-là que j’ai décidé de signer au FC Metz.

As-tu eu des sollicitations de la part d’autres clubs français ou étrangers ?

J’ai eu des opportunités, j’ai eu des entraîneurs au téléphone mais j’ai préféré le FC Metz parce qu’il y a eu le feeling avec le coach Antonetti.

Aujourd’hui tu es un joueur du FC Metz qui joue pour la troisième saison consécutive en Ligue 1. Quels sont pour toi les différences entre la Ligue 2 et la Ligue 1 ?

Je trouve que ça va plus vite en Ligue 1. Il y a beaucoup plus de concentrations en première division, tactiquement les joueurs sont sérieux. Pour trouver un décalage, il faut plus de temps.

En Ligue 2, il y a toujours un joueur qui commet une erreur tôt ou tard mais en Ligue 1, ça n’existe pas ça. C’est une équipe bien en place contre une autre équipe bien en place et il faut trouver la solution. C’est beaucoup plus dur.

Lors de la saison 2019-2020, Metz a pointé à la 15ème place, la saison dernière à la 10ème place, quels sont les objectifs du club cette saison ?

Notre objectif est d’abord de gagner des matchs (2 nuls et une défaite en ce début de saison, NDLR), on sait qu’on est une belle équipe et on espère faire mieux que la saison dernière. Notre objectif principal est d’être au-dessus de la 10ème place.

Et d’un point de vue personnel, quels sont tes objectifs en termes de buts ou de passes décisives ?

J’espère mettre 7-8 buts cette saison et 7-8 passes décisives aussi. Ce sera une bonne première saison dans l’élite.

Sachant que tu as joué pour la sélection marocaine des moins de 20 ans en octobre 2017, as-tu pris ta décision concernant le pays que tu souhaites représenter ?

Pour moi, c’est le Maroc. Mes parents seront fiers de me voir porter le maillot de la sélection marocaine. Lorsque j’y suis allé pour jouer avec les U20 il y a quatre ans, ça a été une très belle expérience et j’espère y retourner.

Quel championnat t’attire le plus ?

Je pense que tu connais ma réponse : c’est le championnat espagnol. Je suis un joueur de ballon et mon équipe préférée est le FC Barcelone. Il y a beaucoup de plaisirs en Liga, les joueurs se font plaisir. J’aime beaucoup ce championnat.

Quel adversaire t’a le plus impressionné sur le terrain ?

L’équipe qui m’a le plus impressionné était l’AS Monaco. Les joueurs étaient déjà dans l’anticipation de la prochaine action, alors que le gardien avait encore le ballon ; ça allait très vite.

Quel défenseur t’a posé le plus de problèmes ?

C’est Marcelo, le défenseur de l’Olympique Lyonnais. Il anticipe énormément. Comme je joue beaucoup dans le contre-sens de ce que le défenseur fait, il arrivait toujours à anticiper... c’était compliqué. C’est un très bon défenseur.

(Avec des coachs comme Pablo Correa, Vincent Hognon, Pierre Gabriel, Didier Tholot, Alain Perrin,  Jean-Louis Garcia et maintenant Fréderic Antonetti) Quel coach t’a le plus marqué dans ta carrière ?

C’était Alain Perrin. Lorsqu’il est arrivé, nous étions mal classés en Ligue 2, et il nous a remis dans le travail. On a réalisé de belles prestations et on a gagné beaucoup de matchs. Dans sa façon de s’exprimer, c’est quelqu’un de très professionnel. C’est quelqu’un pour qui on doit lui porter le respect.

Que penses-tu de l’arrivée de Lionel Messi en Ligue 1 ?

Ça nous fait du bien, pour nous, pour la ligue 1, pour les gens qui viennent au stade et pour la France. C’est une bonne chose qu’il soit là, c’est historique parce qu’il n’a jamais changé de club et aujourd’hui il est en France… c’est très beau et pour nous (en tant que joueur), c’est un rêve de pouvoir jouer contre Lionel Messi.

Quels conseils pourrais-tu donner à un jeune qui souhaiterait passer professionnel ?

Il ne faut pas lâcher, c’est très très dur. Cela représente beaucoup d’années de travail, ça ne vient pas comme ça. S’il s’accroche à ça, il pourra réussir dans tout ce qu’il entreprendra.

Il faut toujours faire les choses à fond pour ne pas avoir de regrets parce que ce n’est pas donné à tout le monde d’être professionnel. Il y a beaucoup de jeunes joueurs (au centre de formation) que j’ai connus et qui ne font rien aujourd’hui… la vie va très vite. Toujours se donner à fond.