​Une action en justice inédite dans l'Hexagone à l'encontre d'Electronic Arts a été entamée par plusieurs joueurs qui s'estiment lésés.


EA dispose d'un casino, et repart donc toujours gagnant. Le problème, c'est que d'importantes pertes peuvent parfois mal passer auprès de ses "clients". C'est pourquoi deux avocats français, Mes Karim Morand-Lahouazi et Victor Zagury, ont lancé une procédure contre X auprès du procureur de la République de Bobigny en début d’année. Ils cristallisent les colères d'une quinzaine de joueurs FIFA réguliers, floués selon eux par la mécanique de l'éditeur EA.


"Nous estimons que l’achat de packs au contenu totalement aléatoire relève d’une logique de jeu de hasard. C’est une machine à sous que l’on fait entrer dans les foyers. [...] C’est la première fois que FIFA est attaqué en France, cela a fait du bruit. Depuis, nous avons reçu des centaines de messages et déjà déposé 15 plaintes supplémentaires, émanant d’hommes de 19 à 42 ans, de toute la France et de tous les milieux sociaux. Désormais, les langues se délient."

Cette semaine, L'Equipe est d'ailleurs revenu sur ce problème en présentant plusieurs témoignages de joueurs accros au mode FIFA Ultimate Team du jeu vidéo de football le plus populaire du monde. Parmi eux, un chef d'entreprise de 38 ans a confié avoir dépensé 15 000 euros en seulement trois ans.


"Cela a été un véritable engrenage. J’ai commencé par dépenser 10 € pour essayer d’améliorer mon équipe. Puis j’ai recommencé une fois, deux fois… Je me disais toujours que c’était la dernière, mais le système est fait de telle sorte qu’il te pousse à payer sans vraiment t’en rendre compte. À force, je n’avais plus de vie sociale, je ne me consacrais qu’à FUT, chaque soir, chaque week-end… C’était comme une drogue contre laquelle tu n’es pas sensibilisé."

Il est évidemment difficile de valider moralement les pratiques mises en place par EA. L'éditeur américain profite de l'aspect addictif de son jeu vidéo et d'une politique financière "pay-to-win" pour amener les joueurs dans un engrenage de dépenses. Maintenant, le principe même d'un casino est de ne pas y entrer si l'on ne souhaite pas y dilapider son argent. La maîtrise de soi est donc un contre-argument avancé, surtout qu'il n'existe pas d'obligation de dépenses, sauf au départ pour acquérir le jeu en lui-même.


Le mode FUT a déjà fait l'objet de vives critiques dans d'autres pays européens, notamment en Belgique. Les micro-transactions sont ainsi interdites dans ce pays depuis janvier 2019. Il est ainsi impossible d'acquérir des packs via de l'argent réel sur FIFA 20 sur le territoire belge.