Un fan de foot, ça cherche toujours à se mettre quelque chose sous la dent, à se rassasier, à combler un vide insatiable, peut-être encore davantage en période estivale. Alors, même loin de chez lui, sur une terre encore assez peu passionnée par le ballon rond (soccer), il cherche, et il trouve. Le hasard a bien fait les choses, en ce lundi 25 août : c'est le derby de LA en MLS entre le LAFC et les LA Galaxy.

La MLS : Un système de franchises


Je vous vois venir. Pour un européen, c'est effectivement une opposition qui peut faire sourire : le LA Galaxy de Zlatan, basé à Carson dans la banlieue sud de la ville, a une petite vingtaine d'années d’existence et, déjà, le plus beau palmarès de la ligue nord-américaine. Son rival du jour...est né l'année dernière ! On est loin des duels de Milan, de Londres ou de Glasgow, je vous l'accorde, et, comme pour les sports US les plus populaires, le système de franchises décide de la durée de vie des entités sportives, que l'on peut davantage assimiler à des marques qu'à des clubs, si l'on pousse le raisonnement.


Oui mais voilà, le football progresse aux USA et toute découverte est intéressante, ça vaudra bien un Metz-Toulouse au mois de janvier (pardon pour les deux clubs cités). Parlons un peu ballon, avant d'en venir au décor. Sur le pré, le LAFC est largement leader de la poule Ouest avec vingt points d'avance sur son dauphin de Salt Lake City. Les Galaxy sont cinquièmes, tranquilles, au pied du podium. Ce match, c'est un duel d'hommes, entre deux des meilleurs buteurs du championnat, le Mexicain Carlos Vela côté LAFC et bien sur, Ibra côté Galaxy.


Les supporters américains 


Coup d'envoi à 19h30, on arrive une heure avant histoire de prendre la température. Ayant déjà assisté à une rencontre des Galaxy à domicile l'an dernier dans une ambiance de cimetière, la peur me guettait. Mais quelque chose dans l'air indiquait un présage tout autre, vraiment positif. Le Bank of California Stadium, enceinte neuve d'environ vingt mille places, se situe dans le quartier d'Exposition Park, non loin de Downtown. Si vous ne voulez pas payer 35 dollars la place de parking (hallucinant), vous allez un à quelques blocs pour vous garer. Disons que si South Central n'est plus aussi craignos qu'il y a trente ans, ce n’est pas les Champs Elysées non plus ! L'entrée dans le stade se fait facilement, tout en numérique, sans fouille, et d'emblée la ferveur est là, bon enfant. 


Ça chante, ça boit de la bière (et oui, ils y sont déjà !), beaucoup de gens portent le maillot de leur club fétiche. Les fans des Galaxy sont dans un parcage non clôturé, c'est dire si c'est détendu. Je suis dans une tribune latérale, plein axe, niquel. L'avant-match se déroule dans le folklore américain traditionnel avec vidéos multiples sur les écrans géants, hymne national chanté à pleins poumons, pop-corn, churros et tout un tas de nourriture en grand volume, comme au cinéma. Les Américains, ce n'est pas nouveau, consomment énormément, mais ça reste impressionnant.

Il fallait arriver à l'heure au spectacle ! Un tifo est déployé et dès la deuxième minute, Ibrahimovic, forcément, lancé en profondeur, trompe le portier adverse du gauche. Le remuant Blessing égalise dix minutes plus tard avant qu'en deux minutes chrono, Zlatan, tout en touché et Pavon fasse le break : 1-3 à la sixième minute ! 


Les débats sont vivants et le LAFC réduit la marque logiquement avant la pause. Blessing inscrit un doublé, en renard des surfaces.Tout reste ouvert pour le second acte.


L'Ambiance


Et l'ambiance dans tout ça, alors ?  Aux antipodes de celle du Stubhub Center l’été précédent : les 3252, association regroupant plusieurs groupes "ultras" du LAFC, impulse une ferveur impressionnante dans son virage (qui mettrait à l'amende les deux tiers des kops de Ligue 1) et le stade n'est pas en reste, reprenant volontiers les chants les plus connus. On a même eu droit à un tifo, donc, et à des fumigènes sur les buts. Agitant des drapeaux de pays d'Amérique centrale, les 3252 ont dû apprendre quelques leçons dans les pays latino-américains pour insuffler ce mode de supporterisme, il me semble assez méconnu dans le soccer

La deuxième mi-temps sera plus calme, marquée par une égalisation méritée des locaux, supérieurs dans quasiment tous les domaines à leurs rivaux.​ Notre cher Zlatan marche beaucoup, gueule énormément sur l'arbitre et ses coéquipiers (cf la vidéo où il pousse un collègue sur un coup franc), fidèle à son habitude. Une foule bigarrée, avec de très nombreux Latino-américains (normal, on est à LA) quitte alors le stade dans la même bonne humeur que quelques heures auparavant. Au moment de regagner sans trop traîner quand même mon véhicule garé sur un parking bien glauque, entre deux sdf et un liquor-store miteux, je me dis que l'avenir du foot américain se trouve peut-être bien à l'ouest, finalement.