Lorsqu’un club vit une situation de crise, les supporters d’abord, le président ensuite, se chargent de désigner un coupable. Et il n’est pas rare qu’un entraîneur soit en première ligne des critiques, et désigné seul responsable, quand les résultats ne sont pas au rendez-vous. Lors de saisons noires, cela oblige à certains clubs de prendre des mesures radicales. Retour sur ces équipes qui ont changé par deux fois de technicien dans la même saison.


Real Madrid


Le ​Real Madrid est le meilleur exemple récent d’un double changement dans un temps très resserré. Les Merengue vivent une saison plus que difficile, qui semble même terminée. Los Blancos sont déjà éliminés de toutes les coupes, et sont tenus à 12 points du Barça en championnat.


Lorsque que Zinédine Zidane a annoncé le 31 mai 2018 qu’il démissionnait, Florentino Perez s’est mis en tête de retrouver un nouvel homme à la tête de son équipe. Ainsi, Lopetegui, qui a d’ailleurs été viré de l’équipe nationale espagnole à deux jours du Mondial pour cela, a ainsi été nommé. Mais les résultats ne sont pas là, et il est limogé après pas moins de 139 jours plus tard. Après ses 14 matchs (6 victoires, 2 nuls, 6 défaites), dont une humiliation 5-1 à ​Barcelone, il sera remplacé par Santiago Solari.


Mais le second entraîneur, intérimaire, n’a jamais réussi à faire mieux que son prédécesseur. Après quatre mois et demi, il vit une élimination honteuse en quart de finale de ​Ligue des Champions contre l’Ajax, et deux Clasico perdus au Santiago-Bernabéu. Zinédine Zidane, qui avait laissé un bilan incroyable de deux années et demie, revient donc en sauveur pour la fin de saison des Madrilènes.

Chelsea FC


Depuis que le club londonien a été racheté par Roman Abramovitch en 2003, le club connaît l’une des périodes les plus fastes de son histoire. Mais le milliardaire russe se montre très exigeant envers ses entraîneurs, et demande des comptes quand les résultats ne sont pas là. Ce n’est pas pour rien que depuis son arrivée, le banc de Stamford Bridge a connu pas moins de 15 locataires.


En 2008, alors que le Brésilien Scolari est au poste depuis le début de la saison, celui-ci se fera limoger en février suite à de mauvais résultats. Une ancienne gloire du club, Ray Wilkins, va venir en tant qu’intérimaire durant 5 jours, avant que Guus Hiddink ne prenne les rênes jusqu’à la fin de la saison.


En décembre 2015, alors que Mourinho est en poste depuis deux ans et demi, il se fait renvoyer après une première moitié de saison moyenne. Voilà donc que l’entraîneur adjoint, Steve Holland se retrouve avec la casquette de numéro 1 durant une seule et unique rencontre, le 19 décembre, qu’il gagnera 3-1 face à Sunderland. Cela n’empêchera pas Guus Hiddink de le remplacer tout de suite après.

Le LOSC


​Lille, dans son histoire très récente, a connu trois saisons où trois entraîneurs se sont succédés. D’abord en 2015, où Hervé Renard signe pour trois ans. Mais il sera limogé par les dirigeants nordistes seulement 6 mois plus tard, en novembre, alors que son équipe ne compte que 2 victoires, et son attaque, avec 7 buts, est la seconde plus mauvaise du championnat. Patrick Collot a donc assuré le management en attendant que Frédéric Antonetti ne prenne la place de numéro 1.


Sauf que l’ex-entraineur de Bastia et de Rennes, entre autres, se fera limoger à son tour en novembre 2016. Donc l’adjoint Collot, encore lui, récupère l’équipe du LOSC jusqu’en février suivant, et entraînera la réserve lorsque Franck Passi viendra le remplacer jusqu’à la trêve estivale.


En 2017, Marcelo Bielsa succède à celui qui était alors son adjoint à l’OM. Mais pour une courte durée. Alors que ses hommes tombent jusqu'à l’avant-dernière place du classement, les dirigeants lillois décident de rompre son contrat en novembre suivant. João Sacramento assure l’intérim pendant un mois, jusqu’à ce que Christophe Galtier s’installe.

Bordeaux


​Le club girondin a lui aussi connu à plusieurs reprises une succession rapide d’entraîneurs. En fait, le poste de manager principal a connu pas moins de 5 têtes différentes depuis 2018. Jocelyn Gourvennec a entraîné l'équipe première depuis 2016, jusqu’au 18 janvier 2018, où plusieurs mauvais résultats dont une élimination contre les Hongrois du Videoton FC lui coûteront sa place. Éric Bedouet assure l'intérim jusqu'au 20 janvier jusqu’à ce que Gustavo Poyet devienne le nouveau tacticien.


Au début de la saison 2018-19, Ricardo assure le poste de “manager général”, alors qu’Eric Bedouet est replacé entraîneur principal. Dans les faits, Ricardo a plus de pouvoir (mais pas les diplômes), jusqu’au moment où lui-même se fera évincer en février 2019. Un mois plus tard, Paulo Sousa est engagé pour venir à la rescousse des Bordelais en quête de résultat et de plan de jeu.

Ces changements rapides d’entraîneurs en disent long sur les clubs. Ce sont souvent des institutions, en quête de résultats positifs instantanément. 


Après, pas sûr que pour les joueurs, suivre trois consignes différentes dans une même saison, soit forcément chose facile. Ce n’est en tout cas pas ce qui est le plus stable, et ce qui ne permet pas de traverser un championnat de manière sereine.