​L'​Olympique de Marseille est caractérisé par des valeurs fortes qui font son charme et son identité. Les supporters attendent donc des joueurs qu'ils pratiquent du beau jeu, qu'ils fassent preuve de "grinta" et qu'ils soient dignes de la philosophie offensive du club : droit au but.

​ Mais au fil des saisons, l'OM a montré des failles tactiques, notamment et surtout sur l'aspect défensif. Cette première moitié de saison en est encore une fois l'illustration : Marseille a encaissé 27 buts et ne semble - toujours - pas en mesure de rivaliser dans ce domaine avec les plus gros clubs, ce qui est pourtant l'ambition du fameux OM Champions Project. Le temps se fait long. Droit au but oui, mais gare à ne pas se disperser sur la pelouse...​

Pas de "culture de bloc"

Car en effet, comme à la première saison de Rudi Garcia dans la cité phocéenne, Marseille offre encore trop d'espaces aux attaques adverses. Un problème tellement récurent de ces dernières saisons, l'équipe ne fait pas preuve de la solidité des grands. Pourtant, on ne compte plus les supporters qui réclament du meilleur devant, et notamment un nouvel attaquant de pointe - ce qui peut bien entendu se justifier au vu du manque d'efficacité de Valère Germain et de Kostas Mitroglou - alors que les stats offensives de l'OM sont plutôt bonnes. Avec certes, une dépendance à Florian Thauvin le meilleur buteur du club, Marseille est en effet à un but seulement de la deuxième place du classement des attaques de Ligue 1 tout en ayant disputé deux matchs de moins. Même si un nouveau buteur serait fortement et à juste titre le bienvenu, Marseille doit en priorité penser à prendre moins de buts et ne pas offrir autant d'opportunités de marquer aux adversaires pour entrer dans la cours des grands. 

Cas pratiques de tactiques peu efficaces défensivement

​Sous Bielsa, qui était adulé et presque idolâtré, le club a pratiqué du très beau jeu avec une attaque très efficace mais là encore, les résultats n'ont pas été à la hauteur avec une décevante quatrième place à égalité de points avec le cinquième l'AS Saint-Etienne. Le club concédait pas mal d'occasions qui plus est. Le "tout pour l'attaque" n'est rien sans un minimum de culture défensive. 


​D'ailleurs, pour ce qui est des derniers "Olympico" contre Lyon, à chaque fois l'OM a perdu la bataille du milieu de terrain, avec des milieux bien mieux placés tactiquement chez les Gones qui savent gêner par leur jeu en bloc. Au final, même quand les phocéens faisaient jeu égal offensivement avec l'autre Olympique, ils perdaient avec ce même constat : un jeu offensif au moins aussi bon que l'adversaire, mais un équilibre trop friable.​

Marseille a déjà gagné en étant solide... et offensif !

Le haut niveau réclame de la solidité, Marseille n'aurait-il pas tout à gagner en ayant plus de compacité ? Didier Deschamps est le seul entraîneur sur ces 25 dernières années à avoir fait remporter des titres à l'OM. Fan des profils physiques, athlétiques, il a su renforcer le milieu de terrain et la défense de son équipe, ce qui n'a pas forcément pâti sur le spectacle et les buts inscrits :  on se souvient du match historique à Dortmund, invaincu pendant plus d'un an à domicile, avec trois buts marqués. On se souvient aussi du 3 à 0 cinglant adressé au PSG au Parc en 2010, ou encore du festival offensif contre Zilina et le record du score le plus large à l'extérieur en Ligue des Champions (0-7) où Marseille savait à l'époque faire respecter la hiérarchie. Même quand l'attaque n'était pas supérieure à celle de l'équipe en face, Didier Deschamps ne perdait pas la bataille tactique et parvenait à se hisser en quarts de finale de la C1 après deux confrontations héroïques contre l'Inter Milan. Tout n'était pas parfait, y compris la dernière saison de DD et les tensions avec José Anigo, mais les olympiens peuvent s'appuyer sur ces expériences réussies. ​

Manque de réactivité des dirigeants et du coach

Des années que cela dure. Le club fait confiance à des joueurs, à des systèmes qui font prendre des buts, voire des valises. Marseille s'est entêté à titulariser du Rolando, qui a montré des limites sur son positionnement depuis longtemps. Rudi Garcia, bon meneur d'hommes mais tacticien contesté, a continué un temps d'aligner, parfois et en même temps aux postes de milieux défensifs en 4-2-3-1, Morgan Sanson et Maxime Lopez... ce qui a clairement déséquilibré le bloc défensif et a fait prendre des scores fleuves.


Marseille n'apprend pas de ses erreurs, et les dirigeants n'ont pas su compenser les lacunes à certains postes en prenant des joueurs qui se sont avérés soit surcotés, soit sur la descente comme Patrice Evra. Aujourd'hui encore, l'OM ne semble pas pressé de se renforcer derrière, alors que Jordan Amavi n'est plus performant au poste d'arrière-gauche et n'a personne dont c'est le poste attitré pour le suppléer. Stop au bricolage défensif, le club avec toute son institution doit réagir. 


Pour conclure, iI ne s'agit pas de prôner un football purement efficace et pas séduisant. 
​Mais le club peut être bon devant en étant solide, peut montrer de la grinta en étant efficace (à la façon de Luiz Gustavo l'année passée, ou à la André Ayew). Marseille doit apprendre de ses erreurs et peut garder ses valeurs en apprenant du réalisme des grands clubs.
​Mais cela, il faudrait que certains s'en rendent compte...