​L'ascension inachevée d'un joueur prédestiné à un avenir radieux sous les couleurs de l'Olympique Lyonnais. Retour sur un homme qui a manqué le coche à un moment clé de sa carrière.


Formé à l'​Olympique Lyonnais entre 1999 et 2007, le natif d'Aubenas a touché à son premier ballon à seulement quatre ans. 


Prédestiné à devenir footballeur professionnel, le Français a gravi tous les échelons au centre de formation du club rhodanien avant d'éclore définitivement avec les U18. Un passage obligatoire qui lui a ouvert les portes de l'élite. 


Le timing défaillant 

Le 13 juillet 2007, les supporters lyonnais découvrent un pur produit du centre de formation, à l'occasion d'une rencontre amicale contre l'équipe japonaise de Shimizu S-Pulse dans le cadre de la traditionnelle Peace Cup. 


Un but synonyme de victoire qui lui offre un premier ticket au sein du groupe professionnel à compter de la saison 2007-2008. 

Lyon's French forward Anthony Mounier (R

Intégré dans l'effectif d'Alain Perrin, l'entraîneur lyonnais à cette période, Anthony Mounier dispute une seule petite rencontre au cours de l'exercice. Suffisant, néanmoins, pour inscrire son nom au titre de champion de France. 


Barré par une concurrence décuplée en attaque, l'ailier offensif lyonnais ronge son frein dans l'ombre d'un certain ​Karim Benzema qui prendra une place prépondérante au cours des réjouissances. Le joueur demande un prêt. Claude Puel le retient à l'intersaison 2008. 


Une première encourageante 

Un nouvel entraîneur, un nouveau projet sportif et une opportunité de briller avec le club de son enfance : Anthony Mounier prend du plaisir et enchaîne sous les ordres de Claude Puel qui lui fait confiance dans un premier temps. 


Aligné à plusieurs reprises, l'ex-international espoirs français se distingue notamment lors d'une rencontre face à Nancy en délivrant deux passes décisives à Karim Benzema puis à Fred. Tous les espoirs sont permis. 

Malgré l'accroc en ​Ligue 1 suite à une troisième place qui vient clôturer un long chapitre dans l'histoire lyonnaise, Anthony Mounier a réalisé une première convaincante en trouvant le chemin des filets par cinq fois, notamment face à Concarneau en Coupe de France ou en championnat contre Sochaux. 


Récompensé par quatre apparitions en ​Ligue des Champions, le Français sent que le vent est en train de tourner après les arrivées de Lisandro Lopez et de Michel Bastos au ​mercato estival. L'heure est à un départ. 


La révélation niçoise

Transféré en 2009 chez ​les Aiglons contre un chèque de 2.5 millions d'euros, Anthony Mounier glane rapidement sa place de titulaire en s'affirmant comme l'un des meilleurs passeurs du championnat de France en 2010 (6 passes décisives) puis en 2011 (11 passes décisives). 

Nice's forward Anthony Mounier celebrate

Intraitable dans le domaine offensif, le Niçois régale de sa patte gauche pendant trois ans au point de se découvrir un talent de finisseur au cours de la saison 2011-2012 où le Français troque son costume de passeur pour devenir l'un des meilleurs buteurs du club au cours de l'exercice (8 buts et 2 passes décisives en 29 matchs de ​Ligue 1). 


La tentation montpelliéraine 

Inévitablement, les Pailladins se précipitent sur la sensation niçoise en lui proposant un contrat de quatre ans au sortir d'un titre de champion de France pour le moins inattendu sur la scène hexagonale. 


La perspective de retrouver la Ligue des Champions ne manque pas de titiller la curiosité du joueur qui s'engage en 2012 avec ​Montpellier

FBL-FRA-LIGUE1-LORIENT-MONTPELLIER

Victime de deux blessures en début de saison, Anthony Mounier peine à se lancer sous ses nouvelles couleurs. Le déclic interviendra finalement lors d'une rencontre face à son ancien club, l'OGC Nice, dans le cadre des quarts de finale de la Coupe de la Ligue. 


Étincelant tout au long de la partie, le Montpelliérain se libère avant de s'affirmer pendant deux ans et demi contre un élément indissociable de l'équipe. 


L'exil italien 

À seulement un an de la fin de son contrat à l'été 2015, Anthony Mounier s'engage dans les derniers jours du mercato, le 29 août, avec la modeste formation italienne de Bologne qui évolue en ​Serie A

Sans être transcendant au cours de la saison, l'ancien Lyonnais réalise malgré tout des prestations satisfaisantes et se distinguent en trouvant le chemin des filets à quatre reprises en championnat, avant d'être relégué sur le banc des remplaçants à l'aube de la saison 2016-2017 où le joueur prend part à seulement six rencontres sur 19 possibles. 

Annoncé proche de l'​AS Saint-Etienne à l'hiver 2017, Anthony Mounier voit d'un bon œil un retour en France afin de se relancer. Le 27 janvier, il s'engage avec les Verts sous la forme d'un prêt de six mois avec une option d'achat fixée à deux millions d'euros. 


Sur les réseaux sociaux, le verdict ne tarde pas à tomber pour le joueur qui est comparé à un "traître" par les supporters lyonnais qui n'apprécient guère son choix sportif. 


Finalement, trois jours après avoir paraphé son bail, Anthony Mounier est victime de son passé selon des informations de l'Equipe qui relate un désamour du club pour le "Lyonnais". 

Absent d'ailleurs de la feuille de match face à Toulouse, les Stéphanois rompent son contrat suite à une opposition du public et d'une partie du vestiaire. 


Quelques années plus tôt, Anthony Mounier avait notamment invectivé à plusieurs reprises le club du Forez. Ce transfert est un échec à tous les niveaux. Le début d'une longue descente aux enfers. 


La pige grecque

Prêté dans la foulée de cet épisode houleux, Anthony Mounier retourne en Serie A où l'Atalanta Bergame accueille le joueur dans le cadre d'un prêt de cinq mois. 


Sans succès, le Français participe à seulement cinq petites rencontres lors de la deuxième partie d'exercice avant de rejoindre le 31 août 2017 le Panathinaïkos, en Grèce. 

Greek Superleague

Sans réellement s'épanouir sur le plan personnel, le club et le joueur mettent fin à leur collaboration le 21 décembre 2019. 


Depuis, Anthony Mounier tente de grappiller du temps de jeu sous les couleurs du Panetolikos, une formation qui a le plus souvent évolué en deuxième division, malgré plusieurs rumeurs à cette période d'un retour à Montpellier. 

Démenties par Laurent Nicollin l'hiver dernier, Anthony Mounier a tenu cependant à adresser une petite pensée à l'égard de Louis Nicollin lors d'un questions-réponses sur Instagram le 5 avril dernier : 


"Un grand président et un grand homme avant tout comme il y en avait peu dans le milieu du foot... Personnellement, il m'a toujours défendu lors de ma première saison à Montpellier."


À bientôt 33 ans, Anthony Mounier peut nourrir des regrets au vu de son talent et de son potentiel. Et s'il est impossible de rattraper le temps perdu, un éventuel retour dans l'Hexagone à l'avenir n'est pas à exclure.