​L'ancien dirigeant de l'Olympique de Marseille est décédé, ce mardi, à Dakar au Sénégal, des suites du coronavirus à l'âge de 68 ans. Plusieurs hommages se sont succédé pour honorer la mémoire de cette figure du monde du sport. Retour sur les 10 événements qui ont façonné l'image d'un homme respecté et respectable. 


1. 1969 : La découverte de Marseille 

Olympique Marseille (OM) President Pape...

Né au Tchad, élevé par son oncle au Sénégal, Pape Diouf est scolarisé de l'âge de six à dix ans en Mauritanie avant d'être envoyé à Marseille, à 17 ans, par son père, un ancien militaire qui lui préconise la même carrière. 


Débarqué à l'âge de 18 ans dans la ville phocéenne, Pape Diouf poursuit finalement un cursus à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence avant d'entrer au PTT. 


Tony Salvatori, un ami rencontré un peu plus tôt, le fait par la suite entrer comme pigiste au journal La Marseillaise avant d'être embauché à temps plein. Le début d'une carrière journalistique où Pape Diouf couvrira l'actualité autour de l'​Olympique de Marseille


2. Agent de joueurs 

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Après la faillite du canard "Le Sport", Pape Diouf entreprend des jubilés pour des joueurs en Afrique (Saar Boubacar, Eusebio). Le moment pour lui de se lancer en tant qu'agent de joueurs où il signera notamment Basile Boli, Marcel Desailly, Bernard Lama, William Gallas, Grégory Coupet, Didier Drogba ou encore Samir Nasri.


3. 2004 : Manager général du club 

Olympique Marseille (OM) President Pape...

L'ascension fulgurante pour un homme qui connait déjà tout ou presque de l'environnement marseillais. Propulsé manager général du club en 2004, Pape Diouf sera nommé à l'automne à la présidence du directoire de l'Olympique de Marseille par le conseil de surveillance du club après le départ de Vivian Corzani.


4. 2005 : La conquête de la présidence 

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Grandement apprécié en interne, Pape Diouf s'empare de la présidence quelques mois plus tard sous l'influence de l'actionnaire majoritaire à cette période : Robert Louis-Dreyfus. Le début d'une nouvelle ère et d'une nouvelle aventure. 


5. 2006 : Les Minots aux commandes 

Police forces watch over Marseille's sup

30ème journée du ​championnat de France en 2006, le Clasico oppose le ​Paris Saint-Germain à l'Olympique de Marseille au Parc des Princes. Mécontent du non-respect des normes de sécurité destinées à l'accueil des supporters marseillais et face au non-respect du quota de places allouées, Pape Diouf prend la décision de ne pas envoyer l'équipe professionnelle ce soir-là. 


Résultat, les Minots repartent avec le match nul (0-0) et Pape Diouf s'attire les critiques d'une partie du public français après sa décision controversée. Canal+, diffuseur de la rencontre, a également très peu goûté au spectacle proposé sur le terrain. 


6. Le bras de fer avec Franck Ribéry

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Assurément l'un des moments les plus marquants de la présidence de Pape Diouf à l'OM. 


Talent en vogue avant de le début de la Coupe du monde 2006 avec l'​Équipe de France, Franck Ribéry illumine la Ligue 1 au point de faire craquer l'​Olympique Lyonnais et Jean-Michel Aulas qui n'hésite pas à faire la danse du ventre pour attirer le joueur. 


Après une Coupe du monde remarquable, Franck Ribéry prend la parole au JT de TF1 au mois d'août pour demander son départ. La sortie médiatique de trop : 


"Il est venu me voir deux jours plus tard. Mon assistante me dit qu'il voulait me voir. Je ne l'ai pas reçu tout de suite. J'ai d'abord lu mes journaux, parce que c'est ce que j'avais envie de faire. Puis je l'ai fait venir, je me suis mis debout, lui était assis. Je lui ai dit : tu as ma parole d'homme et d'honneur que si on me donnait une indemnité comme jamais l'OM n'a touché dans son histoire, tu ne partirais quand même pas. La deuxième chose, c'est que si tu ne veux pas jouer, libre à toi. Mais tu joueras en réserve. Si tu ne veux pas non plus, je ne te paierai pas. À toi de choisir."


Franck Ribéry a finalement choisi de poursuivre l'aventure marseillaise avant d'obtenir un bon  de sortie l'année suivante pour signer au Bayern Munich. 


7. 2005 à 2009 : Le bâtisseur 

Olympique de Marseille Belgian coach Eri

Au cours de la présidence de Pape Diouf, l'Olympique de Marseille a redressé la barre en se hissant à deux reprises sur le podium sous la houlette d'Eric Gerets. 


Manquant de peu le titre de champion de France en 2009, Pape Diouf se charge de recruter Didier Deschamps qui conduira l'équipe phocéenne au titre l'année suivante. 


8. 2009 : L'évincement 

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La saison 2008-2009 ne sera pas de tout repos pour Pape Diouf qui fait face à des "divergences" avec Vincent Labrune, alors président du conseil de surveillance du club. Mis sur la touche par Robert Louis-Dreyfus, peu de temps avant son décès, l'ancien président marseillais s'orientera plus tard vers la politique. 


9. 2012 : La consécration 

Francois Hollande,Julie Gayet

Pour l'ensemble de sa carrière, Pape Diouf est nommé chevalier de la Légion d'honneur par François Hollande. Des insignes qui lui seront remis au cours d'une cérémonie collective le 9 octobre 2013. 


10. 2014 : Découverte de la politique 

SENEGAL-FRANCE-FBL-DIOUF

Quatre ans auparavant, Pape Diouf rejoint Jean-Pierre Foucault, actionnaire de l'European Communication School et de l'Institut européen de journalisme à Marseille. Il déclare finalement fin 2011 "ne pas rejeter le football au même titre que le football n'est pas plus pourri que le milieu de la politique, de la santé ou du cinéma."


C'est justement dans ce dernier domaine que l'ancien dirigeant olympien va s'orienter. Sollicité fin 2013 pour rallier la liste du PS ou de l'EELV lors des élections municipales de 2014, Pape Diouf prend finalement la tête de : "Changer la donne". 


Avec un résultat de 5.63 %, le Marseillais de cœur exprime son mécontentement concernant la vie politique et sociale à Marseille.  


Un grand homme engagé et passionné, tout simplement.