​Une seconde, un souffle, une image et un coup de sifflet qui ne viendra jamais : l'OL a vécu la pire trahison de leur histoire un certain 13 avril 2005 lors d'un quart de finale retour de la Ligue des Champions face au PSV Eindhoven (1-1), perdu finalement aux tirs au but (4-2). 


"Avec des si on ne refait pas le monde, mais encore moins avec des "on en parlera plus tard"" (Patrick Louis Richard 1958). Et si Kim Milton Nielsen avait sifflé le pénalty contre Heurelho Gomes ? Et si l'arbitre assistant avait fait un signe à son assesseur ? 


Quelle serait l'issue de la campagne européenne lyonnaise, équipe alors outsider à la victoire finale. Howard Philips Lovecraft semble déjà avoir la réponse : "Le temps, l'espace, la vue et la réalité ont leurs tours et leurs détours que seul un rêveur peut percer à jour." Place au rêve.


Juninho pour l'Histoire 

L'​Olympique Lyonnais s'est qualifié pour la première fois de leur histoire pour les demi-finales de la Ligue des Champions au terme d'un succès étriqué au Philips Stadion face au PSV Eindhoven (1-2). 

Au coude à coude pendant une grande partie de la rencontre suite à des buts de Wiltord (10') et d'Alex (50'), les coéquipiers d'Éric Abidal ont fait la différence en prolongation après une faute grossière du portier brésilien, Heurelho Gomes, sur Nilmar. Juninho ne s'est pas fait prier pour venir transformer la sentence en prenant à contre-pied le gardien du PSV : l'OL écrit l'histoire et c'est mérité.


Le miracle d'Istanbul 

Après s'être défaits difficilement du Milan AC en demi-finales, l'une des équipes favorites au sacre européen, les hommes de Paul le Guen affrontent une équipe de Liverpool décomplexée qui s'est qualifiée aux dépens de Chelsea, lors du tour précédent, sans encaisser le moindre but lors de la double confrontation (0-0/1-0).


Douze ans après la dernière victoire d'un club français en finale de la​ Ligue des Champions, l'Olympique Lyonnais est en passe de réaliser l'un des plus grands exploits de leur Histoire, mais les coéquipiers d'Anthony Réveillère ne le savent pas encore. 


Au stade Atatürk d'Istanbul, les Lyonnais prennent le bouillon lors des 45 petites minutes après des réalisations de Gerrard (1'), Smicer (39') et de Xabi Alonso (44'). 


Au fond du trou, le club rhodanien revient des vestiaires avec de bien meilleures intentions, bien aidé par le relâchement coupable des coéquipiers de Steven Gerrard. 

Par trois coups de boutoir en seulement six minutes, Florent Malouda (54'), Sidney Govou (56') et Juninho (60e) viennent mettre un énorme coup derrière la tête des Reds


La séance de tirs au but sera celle de trop pour Rafael Benitez, qui ne pourra rien faire sur un nouveau coup de pied bien maîtrisé du milieu de terrain brésilien. L'OL est sur le toit de l'Europe. Jean-Michel Aulas peut exulter, le président lyonnais vient de réussir un incroyable pari. 


Des retombées économiques 

Avec près de 100 millions d'euros de recettes dans les caisses, le président lyonnais affiche de nouvelles ambitions à l'horizon de la saison 2005-2006. 


Fort de cinq recrues attendues au mercato estival (Carew, Pedretti, Thiago, Fred et Monsoreau), le club lyonnais joue la carte de la sécurité en signant des joueurs d'un certain standing. Mais c'est dans un autre registre que l'OL va réussir leur plus beau coup. 


Lyon's Ghanean midfielder Michael Essien

Courtisé tout au long de la saison par Chelsea qui était prêt à mettre 38 millions d'euros pour recruter Michael Essien, ce qui aurait constitué au passage un record, Jean-Michel Aulas a réussi à convaincre l'international ghanéen de poursuivre l'aventure à Lyon en lui proposant une revalorisation salariale à la hauteur de la proposition des Blues


Avec une équipe armée pour jouer de nouveau les trouble-fêtes sur la scène européenne, les Lyonnais se sont donnés les moyens de leurs ambitions en bâtissant une équipe compétitive, capable de rivaliser avec les plus grosses cylindrées européennes. 


Les droits TV ainsi que l'arrivée d'un nouveau sponsor, Fly Emirates, ont d'ailleurs propulsé encore un peu plus l'institution lyonnaise dans une nouvelle dimension sportive. Une bonne nouvelle pour l'exposition médiatique de la ​Ligue 1 à l'étranger. 


Changement de bord 

Convaincu de leurs forces, Jean-Michel Aulas a adopté une nouvelle stratégie économique à moyen terme pour maintenir l'OL au plus haut niveau. 


À la différence des années précédentes où Péguy Luyindula avait signé à l'​Olympique de Marseille pour 10 millions d'euros et Edmilson au FC Barcelone pour 8 millions d'euros, le patron lyonnais cherche avant tout à conserver les meilleurs éléments quitte à aligner les chiffres sur la paie à la fin du mois. 


Une communication effrénée

Exposé au monde interactif, Jean-Michel Aulas découvre un nouveau réseau social, Twitter, qui vient tout juste d'être créé par Jack Dorsey, Noah Glass, Evan Williams et Biz Stone le 21 mars 2006. 


Mis au parfum lors d'un séminaire à San Francisco dans le cadre du développement à l'international de l'entreprise CEGID, l'homme d'affaires lyonnais devient le premier président en Ligue 1 à utiliser Twitter, avant d'être suivi par d'autres dirigeants au fil des semaines. 

Au soir d'une balade lyonnaise le 13 mai 2006 pour s'offrir un cinquième titre consécutif, au cours d'un exercice de haute volée ponctué par un festival face au Mans lors de la dernière journée au Stade de Gerland (8-1), Jean-Michel Aulas allume le Paris Saint-Germain pour appeler "à la concurrence"


La faute de goût pour le journal l'Equipe qui titre le lendemain : "La pédagogie version Aulas" éclipsant par la même occasion le titre des Lyonnais. 


L'exode des grands talents 

Si l'Olympique Lyonnais s'est construit par la force du temps une équipe calibrée pour les joutes européennes, le club rhodanien est le cancre de la Fédération Française de Football, qui a dévoilé le classement des meilleurs centres de formation en France. 


Après avoir trusté les sommets, l'académie lyonnaise perd le label en chutant à la 18ème place, juste devant Toulouse. La faute à une politique axée sur le recrutement intensif au détriment de l'avant-garde lyonnaise qui est sacrifiée à l'image d'un jeune joueur encore méconnu : Karim Benzema. 

Karim Benzema of Lyon celebrates scoring

Arrivé au club en 1997 en provenance de Bron, ​Karim Benzema est l'exemple parfait de cette jeunesse lapidée au pire des moments. Le Français, qui est apparu à plusieurs reprises dans le groupe professionnel, n'a jamais pu saisir sa chance face à une concurrence toujours plus accrue sur le front de l'attaque. 


Prêté à l'été 2006 au Servette FC dans l'espoir de grappiller du temps de jeu, le natif de Lyon déjoue dans un championnat qui ne semble pas lui correspondre. La blessure face au club de Grasshopper Zurich en janvier 2007 freine au passage les ardeurs du jeune Lyonnais, qui reviendra à la maison cinq mois plus tard avec seulement 12 apparitions en Super League Suisse. 

Peu ménagés à l'inter-saison, Karim Benzema et le jeune Hatem Ben Arfa sont priés de trouver un autre club au risque de jouer avec la réserve en CFA lors de la saison 2007-2008. 


Un dur apprentissage de la vie pour deux hommes qui n'arriveront jamais à percer au plus haut niveau.