​Face à la pandémie du coronavirus Covid-19, le football français est à l'arrêt depuis le 13 mars. Alors que plusieurs concertations européennes et plus récemment un comité de pilotage ont eu lieu par les plus hautes instances du football, Pierre Rondeau, consultant en économie pour RMC Sport, est revenu, exclusivement pour 90min sur l'intervention de l'Etat dans la crise économique qui touche l'ensemble des structures professionnelles.


"La moitié des clubs professionnels pourrait déposer le bilan" : Bernard Caiazzo, président du syndicat des clubs de Première Ligue et du conseil de Surveillance de Saint-Etienne a lancé un cri d'alerte sur les antennes de France Bleu Loire. En pleine période de confinement, le football français et plus globalement l'ensemble des entreprises doivent aujourd'hui faire face à une réalité économique qui pourrait à terme grandement impacter la viabilité de ces dernières. 

Répondre aux problématiques économiques 


Pour faire face à toutes ces incertitudes qui planent autour du monde du football, un comité de pilotage exceptionnel s'est tenu vendredi dernier en compagnie des plus grands dirigeants du football français sous approbation de Didier Quillot, le directeur général exécutif de la Ligue de Football Professionnel. Au programme, plusieurs problématiques ont été soulevées pour faire face au manque à gagner des clubs français. 


Selon une dernière étude du cabinet d'audit KPMG, les pertes liées à la pandémie du coronavirus Covid-19 pourraient atteindre un montant compris entre 500 et 600 millions d'euros pour l'ensemble des clubs de ​Ligue 1. Pour s'adapter à cette réalité économique, plusieurs institutions ont eu recours au chômage partiel en réaction au déplafonnement de l'aide publique mise en place par le ministère de l'Economie. 


Pierre Rondeau, consultant en économie pour RMC Sport revient dans les colonnes de 90min sur les spécificités de l'intervention de l'Etat pour soutenir économiquement les structures professionnelles en France.


"Comme toutes les entreprises concernées par l'économie réelle, les clubs de foot seront impactés. Il faut bien comprendre que nous vivons un moment historique et que tout le monde sera touché. À ce titre, comme n'importe quelle entreprise, avec des obligations contractuelles et des impératifs de comptabilité, les clubs devront s'adapter. Certains ont déjà fait le choix du chômage partiel, correspondant à 84% du salaire net pour tous les salariés, footballeurs compris. Quant à l'Etat, le ministère de l'Economie a annoncé un déplafonnement de l'aide publique, initialement fixée à 1 SMIC, passant à 4,5 SMIC. 


Les clubs pourront donc y bénéficier mais ça restera très faible pour les salaires des joueurs, souvent largement supérieurs à 5500 euros. Au total, l'aide publique est évaluée à 300 milliards d'euros. Dedans, en plus du plafonnement du chômage partiel, des exonérations de charges et des crédits d'impôts seront intégrés, ce qui aidera grandement tous les acteurs de l'économie. 


Mais l'impact sera large. Il faut bien le comprendre, beaucoup de secteurs souffriront, le football et tous les autres. On ne peut rien faire de plus pour l'instant si ce n'est attendre et espérer que la pandémie soit maîtrisée et que la saison reprenne. Mais il restera des traces même après."


Pierre Rondeau met par ailleurs l'accent sur le soutien de l'Etat "pour l'ensemble des entreprises" sans qu'aucune distinction ne soit faite. 


"L'Etat intervient déjà pour aider l'économie, pour aider tous les secteurs d'activité. Et les clubs de Ligue 1 bénéficieront de ces aides, comme les clubs de Ligue 2, de National, comme les clubs de rugby, de hand, de volley, de basket... Il ne s'agit pas ici d'opposer les entreprises dites "lambda" et les clubs de foot. Ceux-ci sont des entreprises, qui créent des emplois et payent des impôts, souvent de façon très importante. L'Etat aide tout le monde, sans distinction et de façon inconditionnelle. Quand on parle de soutien, on parle de soutien pour toute l'économie."


Alors que plusieurs clubs européens tentent de faire baisser les salaires des footballeurs, l'Association européenne des clubs devrait organiser ce lundi une visioconférence afin d'adopter une stratégie globale pour limiter les pertes économiques liées au coronavirus. Pierre Rondeau a abordé cette thématique dans une deuxième partie de l'interview que vous pourrez retrouver demain.