​André Villas-Boas a posé ses valises sur la Canebière l'été dernier dans le cadre d'un "Champions Project" encore un peu flou. Fort d'une deuxième place au classement, le tacticien portugais a repositionné le club phocéen sur le devant de la scène. Analyse.


Quatorze matchs d'affilée sans défaite en ​Ligue 1 Conforama, une deuxième place confortée au soir d'un succès mérité sur la pelouse du ​L​osc, et surtout onze points d'avance sur le troisième, Rennes, au classement : André Villas-Boas a parfaitement réussi son examen d'entrée, le tout dans un contexte économique délétère et des absences longues durées imprévues. Retour sur un homme qui a bonifié le jeu marseillais, tout en apportant un état d'esprit irréprochable. 


Une préparation complète 


Difficile de prendre les rênes d'une équipe en proie aux doutes, dans un contexte sportif et économique en demi-teinte qui a conditionné en partie les ambitions du "Champions Project" mis en place par Frank McCourt lors de son arrivée à Marseille en 2016. 

Fort d'un passé victorieux sur le banc du FC Porto, et d'un passage expérimental à Tottenham, André Villas-Boas s'est forgé une réputation qu'il a su mettre à profit de l'équipe, dès son intronisation l'été dernier. Avec un mot d'ordre axé sur la rigueur, André Villas-Boas a appuyé ses entraînements sur une discipline organisée et complète en prônant toutes les caractéristiques du jeu comme il l'expliquait à La Provence lors de la préparation estivale. 


"On essaie de mettre en place des exercices qui proposent toutes les caractéristiques du jeu : physique, technique, psychologique, tactique en même temps. On ne regarde pas l'aspect physique de façon analytique, sauf quand le GPS nous indique qu'on n'est pas arrivé à l'objectif physique recherché. On peut donc faire un travail isolé."


La dimension physique prônée est également adaptée au profil de chacun pour mieux en ressortir les qualités du joueur :


"On s'adapte aussi au poste : un arrière central fait moins de courses à haute intensité qu'un latéral. On appelle cela la méthode intégrée, présente au Portugal, en Espagne, mais aussi en Angleterre, un peu moins en Allemagne, moins en France ou en Italie où le physique prime."


Une tactique adaptée à l'adversaire 


À l'image de la rencontre du match aller face à Angers (victoire 0-2 de l'OM), André Villas-Boas avait adapté la tactique du jeu des Phocéens au profil de son adversaire. Durant la rencontre face aux Angevins, les coéquipiers de ​Morgan Sanson avaient volontairement laissé le ballon à leur adversaire, pour mieux opérer en contres. Une situation qui avait surpris le coach adverse  Stéphane Moulin, après la rencontre en conférence de presse :


"Je pensais qu'ils allaient s'y prendre autrement pour nous battre. Ils ont utilisé une méthode que peu d'équipes ont utilisée chez nous. Ce n'est pas une critique, c'est juste que c'est très fort."


Des éloges légitimes pour André Villas-Boas qui avait opéré un revirement de situation totalement inattendu, une semaine après une rencontre face à Brest placée sous le signe d'une tactique résolument offensive. 


Le repositionnement tactique de Kamara 


Défenseur central de métier, l'entraîneur portugais a eu la bonne idée de repositionner Boubacar Kamara au milieu devant la défense. Un choix osé et couronné de succès depuis le début de la saison. 

André Villas-Boas a d'ailleurs eu le mérite de déroger à la règle en s'adaptant le plus souvent au contexte économique du club et aux absences répétées de plusieurs cadres au cours de la première moitié d'exercice. On pense notamment à Florian Thauvin, ou encore Dimitri Payet, récemment suspendu pendant quatre matchs. 


Une prise de position forte face aux dirigeants 


Après l'annonce du club phocéen suite à l'arrivée de Paul Aldridge dans l'organigramme de ​l'Olympique de Marseille, André Villas-Boas avait fait une sortie remarquée pour contester les choix des dirigeants en conférence de presse


Avec des antécédents sulfureux, Paul Aldridge, dont la vocation est de faciliter essentiellement les transferts de joueurs vers l'Angleterre, ou encore d'assurer une transition dans la reprise de clubs, avait soulevé une énorme polémique en interne. 

André Villas-Boas, s'était finalement expliqué avec Jacques Henri-Eyraud pour obtenir les garanties nécessaires au mercato hivernal. 


Un charisme exemplaire 


En enrôlant André Villas-Boas à l'intersaison, les Marseillais se sont assurés une continuité dans le projet ambitieux élaboré par les dirigeants phocéens. 


Doté d'une personnalité assez forte, notamment dans les médias, l'ancien coach du FC Porto a apporté un tout autre état d'esprit à un effectif en proie aux doutes au sortir de trois saisons délicates sur le plan sportif. 

Très apprécié dans le vestiaire marseillais, André Villas-Boas est un homme de charisme dont les discours ont souvent des impacts positifs auprès des jeunes joueurs. Sa principale qualité, l'écoute, permet aujourd'hui à ​l'Olympique de Marseille de retrouver le sourire sur la scène hexagonale. Une success story garantie.