Henrik Larsen

Euro 2020 / 19 : Retour sur Allemagne - Danemark, la finale de l'Euro 1992

Pendant les vingt semaines qui précéderont l'Euro 2020, 90min vous invite à découvrir des longs formats sur 20 pays participants à cette compétition. À 19 semaines du coup d'envoi, nous vous proposons de nous attarder sur le Danemark​. Moment phare de l'histoire de l'équipe danoise, la finale du championnat d'Europe 1992 reste forcément gravé dans la mémoire collective scandinave, alors qu’elle est relativement peu mobilisée dans celle du football européen en général. Focus sur ce match méconnu.

1. Le contexte

1992... Une bonne partie de nos lecteurs n'était pas nés il y a vingt-huit ans quand cet Euro a eu lieu en Suède. Et c'est déjà une autre époque. Jugez-en plutôt : seules huit nations participaient (dont la France) réparties en deux groupes, le gardien de but avait le droit de prendre le ballon à la main sur les passes en retrait, la CEI (héritière de l'URSS) a disputé la compétition et la photo ci-dessus illustre le fossé de style avec notre époque ! Repêchés en catastrophe suite à la disqualification politique de la Yougoslavie, les Danois franchissent toutes les étapes jusqu'à la finale, éliminant nos Bleus au passage, ainsi que de fringants hollandais en demies. La Mannschaft, favorite parmi d'autres, assume son statut pour atteindre le match final le 26 juin.

2. Les compositions

À 20h15, les deux nations pénètrent sur la pelouse du stade Ullevi de Göteborg. Les Danois sont privés de leur joueur phare, Michael Laudrup, qui a décliné la sélection avant la compétition, mais son frère Brian est présent, tout comme le légendaire Schmeichel dans les cages. A part ça, pas de noms ronflants. En face, l'Allemagne récemment réunifiée aligne sur le pré son capitaine Andreas Brehme ou l'attaquant blond Jürgen Klinsmann, mais la aussi peu de stars. Du football collectif, très très loin de la personnification d'aujourd'hui.

3. Le déroulé du match

Les pom-pom girls agitent leurs pompons dorés, le ciel est bleu et c'est parti pour cette finale déséquilibrés sur le papier. A la dix-huitième minute, suite à une récupération haute, Jensen bénéficie d'un ballon en retrait et envoie une bonne vieille mine sous la barre du portier allemand. Des lors, les Danois passent en mode défense et tiennent bon. Peter Schmeichel et son maillot bariolé font des merveilles, notamment sur une tête puissante de Klinsmann. Vilfort crucifie les hommes de Berti Vogts avec l'aide du poteau et d'un belle mimine pour s'emmener le cuir à dix minutes du terme. Au coup de sifflet final, les Danois exultent : ils auront été la surprise jusqu'au bout, un peu comme la Grèce en 2004. Depuis, ils n'ont pas fait mieux qu'un quart de finale au Mondial 98.