​La VAR a été approuvée par la FIFA depuis le 6 mars 2016... Si elle a pendant longtemps été réclamée et applaudie lors de son intronisation, tout ne s'est pas passé comme espéré. À tel point qu'on peut aujourd'hui parler d'un véritable échec. Présentation des 6 raisons qui justifient ce désamour pour la technologie.


Elle n'a pas supprimé les injustices

Fabrizio Pasqua

La main de Maradona. Le but de Lampard. Le penalty sur Nilmar. La VAR devait régler les actions litigieuses. Problème, elle n'a pour l'heure absolument pas réglé toutes les erreurs d'arbitrage. Alors oui, certaines fautes ont été réparées. Cependant, derrière l'ordinateur se cache toujours un homme et son interprétation. La main de Kimpembe face à United en est le parfait exemple ! La VAR a réparé quelques erreurs objectives, mais de nombreuses décisions suscitent toujours l'incompréhension.


"Si l’on passe plusieurs minutes à essayer de voir s’il y a ou non hors-jeu, cela veut dire que ce n’est pas clair et évident, et la décision originale devrait prévaloir" Lukas Brus secrétaire de l'IFAB (International Football Association Board)


L'arbitrage n'a jamais autant été critiqué

FBL-ENG-PR-CRYSTAL PALACE-SHEFFIELD UTD

Si les arbitres pensaient qu'on allait enfin arrêter de critiquer leurs décisions, c'est raté ! Et même plus que raté. En effet, l'arbitrage n'a jamais autant été critiqué qu'aujourd'hui ! Toutes les décisions ou presque sont soumises à polémiques et sont décryptées, analysées et commentées. Il est vrai qu'avec cet outil, l'homme en noir n'a clairement plus le droit à l'erreur...


Des décisions bien trop longues

Athletic de Bilbao v Getafe - La Liga Santander

Il faut aussi dire que pour chaque décision, les images sont vues, revues, et re-revues par l'assistance vidéo. Parfois, il faut même prendre plus de 5 minutes pour prendre une décision (qui parfois se voit dès la première image). Alors voila les joueurs, spectateurs et téléspectateurs plongés dans une longue et interminable attente pour enfin connaître la décision du corps arbitrale. Le tout, sans connaître ce que celui-ci est en train d'analyser... C'est long, c'est beaucoup trop long.

​​La fin des émotions

AFC Bournemouth v Aston Villa - Premier League

Aujourd'hui, on commence à s'habituer à vivre de nouvelles émotions. En effet, cette attente change la manière dont on vit un match. Auparavant, lorsqu'un but était marqué, les spectateurs pouvaient exulter. Désormais, il convient d'être patient. Après le bonheur suivent parfois des minutes de doutes, de stress et une attente interminable pour enfin aboutir à la décision finale. Bref, la VAR provoque la BAV (boule au ventre)


Images VS temps réel

Hugo Lloris,Raheem Sterling

Entre les images et l'interprétation, il y a un monde. En effet, dans un football qui va de plus en plus vite, on en vient à analyser des images de manière de plus en plus décortiquées et ralenties. Forcément, l'analyse en devient plus compliquée. Il faut désormais regarder soigneusement pour ne pas rater la poussette d'un défenseur. Mais ces images sont-elles d'une utilité absolue pour juger du caractère réellement illicite de cette poussette ? Chaque personne qui a déjà participé à un match de foot le sait, il y a une différence entre les images et la réalité du terrain.


Des règles pas encore adaptées à cet outil?

Et si au final la pagaille de la VAR venait de règles pas encore adaptées et qui doivent évoluer ? Il suffit de regarder comment est  géré un hors jeu (au millimètre) ou une main pour se rendre compte que tout cela n'est pas encore très clair. Les arbitres eux-mêmes semblent parfois perdu sur certaines actions.


Vous l'aurez compris la VAR n'est pas encore un franc succès. Et si avant d'avoir introduit l'assistance vidéo, les instances n'auraient pas dû réfléchir à une refonte de l'arbitrage en général. Car oui, c'est bien de donner des outils aux arbitres, encore faut-il que les lois de l'arbitrage soient claires et précises, ce qui n'est pour l'heure pas encore le cas.


La VAR n'en est encore qu'à ses débuts. Les autorités du football mondial doivent donc se poser la question du football qu'ils veulent pour demain. En attendant, laissons la chance au produit et au football d'évoluer, même si cela se fait dans la douleur...