Leonardo Jardim,Laurent Blanc

TOP 5 : les meilleurs entraîneurs de Ligue 1 des années 2010

2020 approche à grands pas. C'est le moment idéal pour jeter un œil dans le rétro et faire un retour sur les coachs les plus efficaces, les plus marquants de la décennie 2010-2020. On se lance dans un exercice difficile avec un classement resserré dans un top 5.

5. Marcelo Bielsa

On entend d'ici les remarques effarées : "Oui, mais il n'est resté qu'une saison", "il n'a rien gagné à l'OM", etc. Fondamentalement, tout ceci n'est pas faux. L'OM  termina la saison 2014-2015 à la quatrième place du championnat de France. Bielsa quitta le navire dès le mois d'août 2015, tôt, très tôt en effet. 


Mais force est de constater que l'empreinte qu'El Loco a su donner à son équipe a fait date dans le cœur des supporters olympiens, dont on sait à quel point il peut être difficile de gagner la confiance. 


Et c'est finalement ce qui est le plus fort : avoir tant marqué les esprits en seulement une saison, avec un effectif inchangé, aussi bien au niveau du jeu (engagement total, pressing très haut, football spectaculaire) que dans son personnage très, très loin de la concurrence dans ses analyses tactiques d'après-match ou bien encore symboliquement avec sa glacière sur le bord du terrain. 


Pour toutes ces raisons, l'argentin méritait bien qu'on lui fasse une petite place dans ce top. Moins pour son passage à Lille deux ans plus tard, on vous l'accorde !

4. René Girard

Gardois, c'est chez le rival montpellierain que le coach français va écrire la plus belle page de sa carrière au début de notre décennie. Déjà, au printemps 2010, Girard réalise l'exploit de qualifier le MHSC pour la League Europa, alors que le club est promu. C'est l'époque des Costa, Víctor Hugo Montaño, Spahic et de la sortie mémorable de Nicollin traitant Benoît Pedretti de "petite tarlouze" au micro de Jour de Foot. 


Une équipe sans stars dont Girard tire le meilleur. Après une saison suivante moyenne, celle de 2011-2012 marque la consécration ultime : le PSG vient d'être racheté par les Qataris et le titre semble destiné aux parisiens. Ce sont pourtant les Pailladins qui vont illuminer les rectangles verts avec un jeu offensif et une implication impressionnante. 


René Girard est un des grands artisans de cette performance exceptionnelle en ayant su transcender son collectif jusqu'au bout. On retiendra aussi l'éclosion ou la confirmation de Yanga-Mbiwa, Cabella, Belhanda ou Giroud. 


La saison suivante, l’entraîneur quitte l’Hérault pour le Nord et emmène le LOSC  à la troisième place, qualifiant du même coup le club pour le tour préliminaire de la C1. Malgré ces performances remarquables, René Girard demeure une personnalité clivante. Coutumier des sorties médiatiques musclées, il a ses fans et ses détracteurs (il a été meilleur entraîneur de Ligue 1 en 2012 et 2014) et est loin de faire l'unanimité. 


Ses dernières expériences (Nantes, Wydad Casablanca) se sont soldées par des échecs et il aujourd'hui sans club.

3. Laurent Blanc

Le "Président" avait fait des débuts tonitruants sur le banc des Girondins à la fin de la décennie précédente : le titre en 2009, des performances remarquables sur la scène européenne. Après avoir relancé l’équipe de France suite au fiasco sud-africain, l'ancien défenseur central des Bleus prend la tête du PSG à l'été 2013. 


Pour sa première saison, il remporte le doublé L1-Coupe de la Ligue, le PSG  se faisant éliminer en quarts de LDC à Chelsea. Le club parisien survole la saison en étant meilleur attaque et meilleure défense du championnat de France. En 2014-2015, le PSG fait mieux et réalise le triplé national, échouant face au Barça en quarts de C1, une nouvelle fois. 


Lors de sa dernière saison sur le banc francilien, Blanc remporte à nouveau le triplé (quadruplé même avec le Trophée des champions), mais ne réussit toujours pas à passer la barre symbolique des quarts sur la scène continentale.


Son bilan est exceptionnel en terme de titres et il fait entrer le club de la capitale dans une nouvelle ère, celle du très haut niveau européen. Meilleur coach national en 2015 et 2016, son jeu de possession a marqué les esprits. Ses successeurs Emery et Tuchel se sont cassés les dents à égaler son palmarès, preuve de son efficacité.

2. Christophe Galtier

Le coach lillois est une des figures des bancs de touche français de la décennie. Adjoint d'Alain Perrin pendant plusieurs années (son mentor de fait), le marseillais trouve son premier banc en tant qu’entraîneur numéro un dans le Forez en 2009. 


Ses premières années sont celles de l'affirmation individuelle et de l'éclosion de nombreux jeunes (Matuidi, Guilavogui, Zouma,...). La progression de la formation stéphanoise est rapide, linéaire et les chiffres parlent d’eux-même : l'ASSE  termine 17e lors de son arrivée, puis termine successivement le championnat à la 10e, 7e, 5e et 4e place par la suite, avec un succès en Coupe de la Ligue en 2013 qui met fin à plus de trente ans de disette pour les supporters. A partir de la, Galtier stabilise l'institution dans le haut de tableau et qualifie systématiquement les Verts pour la C3. Il est souvent présenté comme un entraîneur proche des ses joueurs, à la philosophie défensive depuis ses débuts avec Saint Etienne. 


Ses récentes performances avec le LOSC (dauphin du PSG l'an dernier avec un jeu flamboyant) tendent à faire pencher la balance du côté d'un homme pragmatique, avant tout capable de s'adapter aux situations face auxquelles il se trouve. 


Élu meilleur entraîneur aux trophées UNFP en 2013 et 2019, il va avoir la tâche de qualifier à nouveau Lille pour la Champion's League cette saison. C'est plutôt en bonne voie à la trêve, bien qu'il reste du pain sur la planche.

1. Leonardo Jardim

En plein milieu de la décennie, le portugais débarquait sur le Rocher au printemps 2014 après de belles performances avec le Sporting Lisbonne, dans un relatif anonymat. Après des débuts compliqués, Jardim ressemblait un peu à une erreur de casting. Pourtant, quelques mois plus tard, le club finit sur la troisième marche du podium, tout en étant quart de finaliste de la C1. Rebelote la saison d’après avec une troisième place en L1 qui confirme que Jardim est l'homme de la situation. 


LA saison marquante est celle de 2016-2017, concomitante de l’explosion de Kylian Mbappé  au plus haut niveau. Les rouges et blancs gagnent le championnat et vont jusqu'en demies finales de C1. Jardim est logiquement récompensé par la plus haute distinction des trophées UNFP. Avec une attaque du tonnerre, Monaco ravit les fans et les suiveurs. Jardim, c'est un homme qui valorise la formation et les nouveaux talents, politique décriée de l'ASM depuis quelques saisons. 


Discret, faisant l'effort de parler en français, pragmatique, meneur d'hommes, l’entraîneur souffre d'une image brouillée depuis son retour en Principauté et il se pourrait ben qu'il qui fasse, à nouveau, rapidement ses valises. Mais on n'oubliera pas le titre de 2017 au nez et à la barbe du PSG (avec 95 points !), ainsi que la manière. Pour la décennie qui arrive, on met une grosse piécette sur Julien Stephan. A dans dix ans !

2020 approche à grands pas. C'est le moment idéal pour regarder dans le rétro et faire un retour sur les coachs les plus efficaces de la décennie 2010-2020. On se lance dans un exercice difficile avec un classement resserré dans un top 5.