​Intraitables, les Bavarois ont humilié le Borussia Dortmund à l'Allianz Arena (4-0) dans le cadre du 101e Klassiker. Le Bayern Munich reprend des couleurs sous les ordres d'Hansi Flick, entraîneur par intérim suite au limogeage de Niko Kovac. 


Au plus mal en Bundesliga avec une décevante sixième place, le Bayern Munich se devait de redresser la tête devant son public. Nommé à la tête de l'équipe par intérim, Hansi Flick s'était distingué dans un premier temps par une victoire maîtrisée face à l'Olympiakos en Ligue des Champions (2-0). Reconduit ce samedi, l'ancien sélectionneur adjoint de l'Allemagne lors du sacre à la coupe du monde en 2014, a opéré une nouvelle fois des choix forts au coup d'envoi. 


Kingsley Coman, tout feu, tout flamme 


En commémoration de Robert Enke, décédé tragiquement dix ans auparavant, les coéquipiers de KIngsley Coman ont réalisé une performance de haut vol pour saluer le regretté gardien allemand, disparu suite à une forte dépression. 


Face à l'impressionnante demande pour assister à ce choc de la Bundesliga (+ de 400 000 demandes), les Bavarois ont livré un véritable récital face à une faible équipe de Dortmund. Sixième avant la rencontre, le Bayern Munich, monument en péril et en crise de résultats, a pu compter sur le virevoltant français pour apporter du danger sur le front de l'attaque. 

Insatiable, Kingsley Coman a donné le tournis à la défense de Dortmund, multipliant les accélérations sur son flanc gauche. Toujours altruiste au moment de faire le dernier geste, l'international français a exploité toute sa palette technique avant d'être remplacé par Ivan Perisic à la 75e. 

Homme fort de Didier Deschamps, le Français retrouve un second souffle depuis le départ de Franck Ribéry à la Fiorentina. En pleine possession de ses moyens, l'ancien turinois jouit aujourd'hui de nombreuses responsabilités dans l'animation offensive. Sa nouvelle association avec le jeune canadien Davies sur le côté gauche est une franche réussite. 


Lewandowski, un peu plus dans la légende 


Déjà adoubé pour ses performances uniques en Bundesliga, Robert Lewandowski a frappé une nouvelle fois face à Dortmund pour inscrire encore un peu plus son nom dans les annales du championnat allemand. Buteur lors des dix premières journées, le Polonais a récidivé en plantant un nouveau doublé (17e et 76e), manquant de peu le triplé à la 69e après un crochet bien inspiré. 

Avec vingt-trois buts toutes compétitions confondues lors de cette version 2019-2020, l'ancien buteur de Dortmund poursuit sur sa folle lancée. À noter également l'excellente prestation de Benjamin Pavard, passeur sur le premier but de Lewandowski. 


Hansi Flick, l'homme de la situation


Intronisé malgré lui sous le feu des projecteurs, Hansi Flick avait pour mission d'effacer la lourde défaite à Francfort (5-1) symbole de la chute du mur bavarois. Homme de l'ombre depuis le début de sa prise de fonction comme entraîneur adjoint, Hansi Flick n'a pas manqué d'effectuer des choix forts au risque de froisser certains égos. 


Relégués sur le banc des remplaçants, Philippe Coutinho, annoncé comme la future star de l'équipe, et l'intouchable Thiago Alcantara, ont été préférés à Javi Martinez (aligné en défense centrale en l'absence de Boateng suspendu deux matches) et Serge Gnabry dans un 4-1-4-1 plus compact. 

Beaucoup plus équilibré, le milieu de terrain bavarois a laissé très peu d'espaces entre ces lignes, favorisé par un système tactique adapté au replacement défensif, et à la projection rapide vers l'avant. La première patte d'Hansi Flick au sein de cette équipe, qui sera conservé quoi qu'il arrive dans le staff technique bavarois (clause dans son contrat). 


La dégringolade d'un géant jaune et noir


Le sixième contre le quatrième, la position des deux formations au coup d'envoi n'a rien d'habituelle. Pourtant, c'est bien le Bayern Munich qui s'est affirmé comme le leader inéluctable d'une rencontre qui n'aura livré aucun suspens. 

Dépassés dans tous les compartiments du jeu, les hommes de Lucien Favre ont sombré tout au long de la partie. En l'absence dans le onze de départ du capitaine Marco Reus, fragilisé par une blessure à la cheville (entré en jeu à la 60e), les coéquipiers de Mario Gotze ont déjoué au point d'afficher des carences surprenantes dans de nombreux secteurs. 

Inoffensif pendant quatre-vingt dix minutes, le Borussia Dortmund aura attendu la 69e minute de jeu pour se procurer leur première occasion. Inquiétant pour la suite des échéances. 


Conséquences au classement 


Avec cette large victoire, les coéquipiers de Kingsley Coman retrouvent le podium (21 points), talonnés de près par Hoffenheim (20 points) et le Borussia Dormtund (19 points), qui sort des places qualificatives à la Ligue des Champions. 


À seulement un point du leader, le Borussia Monchengladbach, qui compte un match en moins, le Bayern Munich a repris sa marche en avant grâce à son premier match référence de la saison. En attendant d'observer une trêve internationale, le staff bavarois pourra préparer sereinement son déplacement à Düsseldorf, alors que Dortmund accueillera la lanterne rouge Paderborn 07.