​Choc de cette treizième journée de la Ligue 1, l'Olympique de Marseille (4e) accueille l'Olympique Lyonnais (10e) ce dimanche à l'Orange Vélodrome. Retour sur une rivalité sportive, culturelle et historique qui a façonné l'existence de l'Olympico. 


Des joueurs de prestige, des présidents aux langues bien pendues, des affrontements entre supporters, ce duel entre deux clubs historiques du championnat de France est loin d'être un match comme les autres. Déjà annoncé sur les réseaux sociaux, l'Olympique de Marseille, en collaboration avec ses groupes de supporters, a projeté de réaliser l'un des plus beaux tifos de l'histoire du club. Une manière supplémentaire de planter le décor pour ce qui constitue l'une des plus belles affiches ​de notre championnat .


​​Une rivalité sportive


À défaut d'avoir pu connaître la même épopée dans les années 90 sous les ordres de Bernard Tapie, alors président du club phocéen, l'Olympique Lyonnais pourra se targuer d'avoir répondu de manière magistrale à un club qui a su faire de l'ombre au grand Milan AC. 


Pourtant, c'est bien ​l'OM qui prend une toute autre dimension à l'aube des Cropped Top. Club phare sur la scène hexagonale, les Marseillais vont se hisser pour la première fois lors d'une finale de C1 en 1991 face à l’Étoile rouge de Belgrade (0-0, défaite 5-3 TAB), balayant pendant un instant la grande période rémoise des années 50. 

Au cours de son histoire, le club phocéen enregistrera pas moins de cinq finales européennes, forgeant sa réputation d'un club calibré pour les matches continentaux. À son image, malgré une période d'adaptation beaucoup plus longue, l'OL prendra un tout autre tournant au début des années 2000 avec une consécration en 2002 pour son premier titre de champion de France, le début d'une nouvelle ère sous Jean-Michel Aulas. 

Déterminé à bâtir un "très grand club" grâce à "un modèle économique infaillible", JMA n'hésitera pas à investir en conséquence au cours de sa présidence. Mis aux oubliettes (l'OM) par sept titres de champion de France consécutifs, le public français n'aura que de yeux pour le grand OL, nouveau symbole du développement sur le long terme. 


Des confrontations historiques 


Des claques, des buts à la pelle, les OM-OL ou OL-OM n'ont jamais laissé insensibles les attaquants. Force est de constater que chacune des deux formations auront droit à leur moment de "honte" ou de "gloire" dans les journaux, la première allumette fut craquée par les coéquipiers de Jean-Pierre Papin un certain 13 janvier 1991 à domicile. Ce soir-là, les Phocéens en passeront sept pour une victoire sans appel (7-0). Un succès qui contribuera au troisième titre consécutif de l'Olympique de Marseille. 

Seulement partie remise, puisque les Lyonnais n'oublieront pas non plus de fesser leur adversaire le 24 mai 1997 lors d'une confrontation à domicile au Stade de Gerland. Sous l'impulsion du nouveau petit prince (Ludovic Giuly), ​l'OL s'imposera sans fioriture (8-0), mettant définitivement fin au règne marseillais. 


Une rivalité culturelle


D'un point de vue culturel, l'OM et l'OL sont deux formations réputées en France. Souvent opposées sur le rectangle vert, les deux enseignes olympiques le sont également dans leur ambition de "capitale de la province"


Animés par une lutte sans partage, les Lyonnais et les Marseillais seront souvent mis en concurrence pour devenir la "capitale du sud de la France". Un titre honorifique sur le papier, mais qui n'est pas sans déplaire aux présidents qui entretiennent également cette rivalité.


Un duel de présidents 


Le plus connu d'entre-eux est évidemment le clash Vincent Labrune / Jean-Michel Aulas. Il n'est pas sans rappeler d'autres affrontements plus ou moins relayés dans les médias au cours des décennies. Mais difficile de ne pas se concentrer sur ces petites échauffourées qui auront conduit les deux protagonistes à se chamailler sur les réseaux sociaux. 


Adeptes de la communication rapide, explicite voire implicite pour laisser subsister le doute, Vincent Labrune et Jean-Michel Aulas ont lancé à plusieurs reprises les hostilités d'un Olympico qui en devenait encore plus trépignant. 

Et si Vincent Labrune est un "guignol" lors d'une rencontre interrompue à la 62e minute suite à des jets de projectiles au Stade Vélodrome, Jean-Michel aurait réalisé "un exploit" en terminant cinquième après l'arrivée d'Hubert Fournier sur le banc lyonnais en 2014 (en réaction à la pique du président lyonnais sur la barrière de la langue du tacticien marseillais (Marcelo Bielsa). 


Toujours intenses, ces échanges d'une douce saveur n'auront pas laissé le temps à Vincent Labrune de "se taire" malgré plusieurs conseils de JMA en mars 2015 suite à une intervention indélicate de Dimitri Payet à l'encontre du corps arbitral. À cette occasion, Vincent Labrune, s'était empressé de prendre la défense de son protégé. Pas du goût de Jean-Michel Aulas qui n'hésitera pas à se "venger" un peu plus tard. 

En juin 2015, soucieux de renforcer son effectif, le maître de la communication sur les réseaux sociaux, se décidera à pilonner les rangs marseillais en arrachant dans un premier temps Mathieu Valbuena et Jérémy Morel. Désireux d'enrôler également Nicolas Nkoulou, le club marseillais aura du répondant sur le dossier protestant : "de la même façon que le PSG n'a pas 100 millions d'euros pour acheter Lacazette, l'OL n'a pas les moyens d'acheter Nkoulou..." Le défenseur camerounais signera finalement la saison suivante à Lyon. 


Une rivalité économique 


Un temps équilibré, les deux formations affichaient des recettes similaires lors de l'exercice 2010 avec un chiffre d'affaires estimé à 139.6 millions d'euros pour l'OL et de 133.2 millions d'euros pour l'OM. 

Face à une volonté de toujours plus se développer, Jean-Michel Aulas mènera à son terme la construction d'un nouvel écrin technologique à Décines, délaissant le Stade de Gerland (propriété de la municipalité) qui est aujourd'hui occupé par le LOU Rugby.


Propriétaire aujourd'hui du Groupama Stadium, JMA, détenteur de OL Groupe, a enregistré un chiffre d'affaires de plus de 300 millions d'euros lors de la saison 2018-2019, balayant haut la main les finances marseillaises plongées dans le rouge après un recrutement mal maîtrisé. 

Si l'OM conserve une image historique en France, d'un point de vue sportif, l'OL a su redresser la barre pour faire front. En l'espace de 113 confrontations toutes compétitions confondues, les Lyonnais se sont imposés à 39 reprises pour 40 matches nuls et 34 défaites. Verdict dimanche soir.