​Dans cet entretien de la fin du mois d'octobre, Luis Fernandez a longuement évoqué avec nous la direction des clubs français et les différences qu'il a perçu dans sa carrière avec le voisin espagnol, pays qu'il connait bien pour avoir entraîné Bilbao, le Betis ou l'Espanyol de Barcelone. 


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Le technicien a un avis tranché à même de faire réfléchir sur la façon de diriger les clubs de notre pays.


"A Bilbao, je n’ai jamais vu mon président venir au centre d’entraînement avant un match et me demander « quelle équipe tu mets, pourquoi tu n’as pas fait jouer untel ou untel ? ». Il m’a toujours laissé tranquille. 

Je lui avais demandé « mais pourquoi vous ne venez pas en conférence de presse, saluer un peu ? ». Il m’a dit, « moi mon rôle de président c’est d’être dans la tribune officielle, pour recevoir nos invités, le président adverse et ses dirigeants, nos partenaires, nos sponsors car sans eux je ne peux pas faire vivre la maison. Pourquoi je me déplacerai ? Pour qu’on me voie a la télé ?."


Avec mon adjoint, mon staff, on a mis des choses en place. La première année, on a fini sixièmes dans un championnat de vingt-deux clubs, la saison suivante deuxièmes entre le Real et le Barca. Le président m’a donné la motivation, la tranquillité pour pouvoir œuvrer, m’exprimer avec mes joueurs. J’ai réuni un cadre de vie, un cadre collectif et j’ai trouvé des joueurs exceptionnels. À l’Espanyol, on allait descendre et on s’est sauvé, car il y a une culture et du respect."



On comprend à travers ses mots que la préférence de Luis va nettement à la gestion espagnole qui sépare le sportif du reste. Il lui oppose celle de la toute puissance des présidents français dans le fonctionnement sportif des institutions, à son grand regret."


 "En France, dans les clubs, ça m’interpelle, personne a part ​Lyon avec Aulas ne tient compte de l’histoire du club de ces trente dernières années : Aulas, il intègre des Juninho, Garde, Genesio, Maurice, il a reconstruit un club avec des gens qui ont fait l’histoire du club et ça lui a donné une force et lui a permit d’en être là où il en est aujourd’hui. Sept fois champion de suite, il s’appuie sur l’ADN.


 En Espagne, en Allemagne, en Angleterre, l’ADN a sa place. Pas en France, hormis à Lyon. Peut-être qu’à Strasbourg, ça pourrait suivre cette voie-là avec Marc Keller, président que j’aime bien. L’identité doit être présente."



L'une des clés des difficultés du football français serait donc peut-être à chercher dans l'humain et le management des grands clubs, trop personnifié. De fait, la figure présidentielle revêt un rôle souvent essentiel dans les structures françaises et il ne se passe pas un week-end sans que l'une d'entre elles n’envahisse le débat public et médiatique, au grand dam de Luis Fernandez. 


"Quand on voit des présidents parler, est-ce que c’est leur place ? Est-ce que c’est à eux de dicter ou de dire ? Non ! Ils doivent rester en retrait. Et si en cours ou en fin de saison, un CA décide de changer d’entraîneur, il est dans son droit. Mais si c’est pour commenter,e n'est pas sa place. Tu as des présidents qui ont besoin d’avoir une opinion sur tout ".


Tout sauf de la langue de bois !


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