​Indéniablement, le sujet de la formation au ​PSG est controversé. Alors que le club ne semble avoir jamais formé autant de pépites, bénéficiant de l'incroyable vivier de l’île de France, l'impact en est quasiment nul sur l'équipe première du club de la capitale. 


L'ex-international tricolore, qui a été directeur sportif du centre de formation en 2017-2018, porte un regard critique sur l’utilisation de cet outil précieux par les dirigeants actuels. Lui qui confie "avoir prit goût à la formation, au travail avec les jeunes", déplore dans le même temps le départ de nombreux espoirs ces derniers temps. Zagre, Nsoki, Nkunku, Ikoné Guendouzi, Diaby, ... La liste est longue et le ​PSG semble avoir pour politique de faire de l’argent avec ses jeunes footballeurs, à défaut d'instituer une politique de valorisation interne. 


"Aujourd’hui, c’est compliqué pour les jeunes issus de la formation au PSG. Le club a envoyé un message fort : on vous vend, on se débarrasse de vous. Quand on m’a fait revenir au ​PSG, c’était pour empêcher que ces jeunes partent, pour leur vendre un projet sportif. Et au PSG, ça fait longtemps qu’il n’y a pas eu de véritable politique de formation, c’est-à-dire mettre en place des structures, donner de la motivation, surclasser les jeunes, anticiper, ne pas attendre le dernier moment et voir  partir Coman, Ballo-Touré, Soumaré. Les jeunes, il faut leur donner la perspective d’atteindre l’équipe première, s’entraîner avec elle, qu’ils sentent qu’on a confiance en eux et dans le passé, ils n’ont pas senti ça".


  Souvent, l’appât du gain à l’étranger peut aussi entrer dans l'équation et on sait combien les clubs de Ligue 1 ont du mal à conserver leurs talents face aux sirènes anglaises ou espagnoles. Fernandez insiste pourtant sur les abus salariaux, en France, pour les plus footballeurs les plus précoces.


"il faut se calmer, freiner tout cela. A 15-16 ans, avoir un gros salaire, c'est dangereux. il faut donner d'autres ingrédients aux jeunes. La scolarité, c'est primordial. Si c'est pas le football, ils pourront choisir une autre voie".

Laouni Mouhid,La Fouine,Luis Fernandez

Un discours à rebours des signaux envoyés par le club. Au début de l'été, le club francilien a réorganisé une énième fois l’organigramme du centre de formation et des entraîneurs des équipes de jeunes. Luis regrette le manque de perspective sur ce point et pense que dès la reprise par les Qataris.


"On aurait dû mettre une structure en place dans laquelle chaque directeur sportif connaît le fonctionnement de la cellule de recrutement au niveau local, national, international. Au ​PSG, on a fait des réunions et certaines personnes dont Antero me disaient « celui-là c’est niveau 2, niveau 3 » et moi, je ne comprenais pas. Ces personnes n’allaient pas sur le terrain pour les regarder de plus près".


En somme, il propose, au moins théoriquement, une autre manière de faire. Une certitude en tout cas : pour percer au PSG, il faut aujourd'hui que les jeunes du centre de formation offrent une plus-value immédiate dans l'optique de remporter la C1.