​Maintenant que nous nous sommes à peu près remis de nos émotions après cette soirée de folie à Anfield, il est temps de tenter d'analyser cet exploit des Reds. Il semble certain que Jurgen Klopp  soit le principal artisan de cette nuit de rêve, plus généralement, il est indiscutable que le coach allemand a depuis son arrivée remis le club du Mersey sur le devant de la scène européenne. Tentative d'explication.


LA CULTURE DE LA GAGNE


Certains coachs se caractérisent par leur capacité à  bien faire jouer leur équipe, par leur aisance tactique, leur facilité à élaborer un plan de jeu. C'est le cas de Guardiola, Emery, Favre... Si Klopp est assurément un excellent tacticien et un fin connaisseur de jeu, ce n'est pas ce qui frappe en premier chez lui. Non, ce qui saute aux yeux chez Jurgen Klopp c'est cette rage de vaincre, cette manière de vivre le match à fond. 


Il suffit d'observer l'entraineur des Reds lors d'un match pour s'en rendre compte: c'est une alternance de vociférations, d'éclats de rire, de sauts de cabri et de sprints. Cette culture de la  gagne et du dépassement de soi correspond parfaitement au cadre du club. Un club de légende implanté au coeur d'une ville ouvrière qui porte en son coeur des valeurs fortes de courage et de solidarité. L'amour, le respect du maillot et du blason font partie de l'ADN de Liverpool. Ainsi Klopp a réussi a s'intégrer dans un club glorieux et légendaire.


Klopp a parfaitement su s'emparer de ce costume.Il sait transcender les joueurs, leur donner confiance. Si l'on revient au match d'hier, l'on peut se pencher sur la performance de Wijnaldum : au match aller, le jeune hollandais était totalement passé à coté de sa partie, mardi il débute sur le banc. Si certains auraient pu être affecté par cela, lui a su faire de sa frustration une arme. Il est rentré et a marqué deux buts dans une soirée qu'il n'oubliera jamais de sa vie. Mardi, Klopp a aligné des joueurs qui ne jouent que très peu d'habitude: Wijnaldum, Shaquiri et Origi. Mais peu importe chacun de ces joueurs s'est senti investi d'une mission celle de rentrer la légende d'un club, chacun a tout donné. Klopp y est certainement pour beaucoup dans ce dépassement de soi de chacun.


L'on peut évoquer aussi le milieu de terrain, Henderson, Milner : des anti-stars, très loin des strasses et des paillettes. On est face à des joueurs qui jouent avec leurs tripes. Des hommes courageux mais aussi talentueux, réduire Henderson à un simple "bosseur" serait injuste, Henderson est un excellent milieu de terrain qui a une bonne vision du jeu et une très bonne qualité de passe. 

DES RECRUTEMENTS INTELLIGENTS


Si Liverpool est revenu avec autant de fracas sur la scène européenne, c'est aussi parce que cette équipe joue merveilleusement bien, cela peut paraître évident mais c'est la simple réalité. Klopp a édifié une ossature solide en s'appuyant sur quelques talents et en assurant un collectif soudé. Les pièces maîtresses de ce collectif sont arrivées récemment sur les bords du Mersey: parmi elle: Salah, Van Dijk, Alisson Becker. Klopp au contraire de certains clubs a choisi de ne pas construire son équipe autour de stars mais plutôt autour d'un collectif. La meilleur preuve est que Liverpool a sorti le Barça sans deux de ses meilleurs joueurs. 

Lorsque Liverpool recrute Salah, l’égyptien est très loin d'être considéré comme une immense star comme Neymar par exemple. Pourtant pour sa première année, l'attaquant va totalement exploser et signer une saison exceptionnelle, il devient très vite le chouchou d'Anfield. Salah et ​Mané ont été recrutés pour un plus de 80 millions d'euros à eux deux. Pour comparaison Manchester United a dépensé 60 millions pour Martial et 105 millions pour Pogba. L'on évoquera même pas les dépenses abyssales du PSG pour des résultats très peu satisfaisants. Seul exception: Van Dijk défenseur le plus cher de l'histoire: une dépense visiblement utile tant le néerlandais a su devenir le patron de la défense Reds en un temps record.


POUR CONCLURE


Finalement Klopp rappelle à tous que le football est un sport d'équipe, aligner les stars ne suffit pas à gagner. En revanche édifier une équipe soudée qui joue au football et qui ne lâche rien permet de faire de très grandes choses. Hier le collectif a humilié une équipe qui pensait que compter Messi dans ses rangs suffisait à gagner, hier c'est bel et bien le football qui a gagné.