Trop lent, pas un numéro 6, pas assez défensif, trop prudent dans ses passes, même pas Français, Stambouli bis... Depuis son arrivée au mercato hivernal, les critiques pleuvent sur Leandro Paredes. Coupable de crime de lèse-majesté aux yeux des journalistes pour avoir eu le culot de remplacer leur chouchou : Adrien Rabiot ; et pour certain supporters, de ne pas être une star, l'Argentin s'attire les foudres de toutes parts. 


Si certaines critiques sont justifiées évidemment, la plupart sont totalement exagérées et malhonnêtes. On parle d'un joueur qui cumule seulement 13 matchs sous le maillot ​parisien et qui s'adapte à un nouveau championnat dans un contexte particulier. De plus, afin de le juger à sa juste valeur, il faut bien comprendre son profil. 


Technique et vision du jeu


Comment peux-t-on dire que Leandro Paredes ne fait que des passes vers l'arrière ? Surtout lorsqu'on le compare à son prédécesseur, Adrien "4 touches de balles pour finalement faire une passe latérale" Rabiot. Parce que les images parlent plus que les mots, voici un florilège de quelques passes depuis son arrivée. 

Autre critique, Leo Paredes n'est pas le destructeur, le cavaleur, l'Idrissa Gueye ou le N'golo Kanté que nos consultants réclament (à raison) depuis quelques mois. Vrai, ce n'est pas un destructeur, alors pourquoi le juger avec ce prisme-là ? En outre, ce n'est pas parce qu'il n'a pas ce profil qu'il n'est pas doué défensivement. C'est un bon tacleur, capable de bonnes interventions sur attaques placées adverses.

Enfin si ce n'est pas un destructeur, c'est un véritable meneur de jeu reculé. Un joueur dont la vision et la technique permettent au PSG de mener à bien des transitions offensives et des attaques placées en cassant les lignes par la passe (longue ou courte).  C'est un excellent complément à Verratti dont l'association technique, avec le temps, pourra redonner au PSG cette souveraineté au milieu de terrain qui lui manque depuis le départ de Thiago Motta. 


Ses limites et challenge à venir


Attention, il n'est pas question de dire ici que Leandro Paredes est Thiago Motta, Xabi Alonso ou Andrea Pirlo. Son volume de jeu en Russie s'est considérablement amoindrie, jouant chaque week-end dans un fauteuil, et il ne deviendra jamais Blaise Matuidi. On voit déjà que dans les matchs où il est titulaire il accuse le coup à l'heure de jeu. 

De plus, c'est un joueur lent qui manque de rigueur et d'abnégation dans son positionnement défensif. Il marche même beaucoup trop encore sur le terrain, et n'est pas Messi qui veut. Lors des transitions offensives adverses, cela peut vraiment poser problème et c'est un challenge dont il ne pourra pas se défaire tant le ​PSG a vocation à jouer haut et donc s'exposer à ses situations au cours des matchs. 


Il doit devenir plus organisateur. Son profil lui donne cette opportunité mais si c'est un meneur de jeu reculé ce n'est pas encore un maître à jouer. Il doit apprendre à respirer le tempo des matchs pour savoir quand accélérer ou ralentir le jeu, pas seulement chercher les passes dangereuses à chaque occasion.


Jugeons-le vraiment la saison prochaine


Toutes ses qualités et ses limites devront être jugées avec le temps et une préparation correcte. Rappelons simplement qu'il est arrivé dans les dernières heures de mercato hivernal et n'a donc pas pu profiter de la préparation avec le groupe. 

De plus, depuis le 6 mars, un ​PSG déjà Champion de France mais éliminé de la Ligue des Champions, est entré dans un faux rythme proche de la léthargie qui ne facilite pas son impact sur le jeu. Enfin, l'attaque amputée de Neymar, Di Maria, Draxler et Cavani a donné des compositions très hybrides voire expérimentales, pas non plus idéales pour bâtir des connexions et automatismes avec ses coéquipiers. 


Si on arrête donc de se focaliser sur les critiques "journalistiques" qui l'accusent d'avoir pris la place de leur cher Adrien Rabiot et de ne pas être Ngolo Kanté, on pourra se rendre compte que Leandro Paredes a une véritable carte à jouer au PSG. Une telle technique est toujours utile à un collectif, et sa vision du jeu lui permettront toujours de s'en sortir à terme, dans un jeu comme celui pratiqué par le PSG. Encore, faut-il ne pas hurler à la mort à la première passe latérale et l'apprécier ou le critiquer pour ce qu'il est et pas pour ce que certains aimeraient qu'il soit.