Pierre-Emerick Aubameyang et Arsenal ont fait preuve d'un froid réalisme pour mettre fin, déjà, à la saison européenne des clubs français (3-0). Les manquements techniques des Rennais ont été rédhibitoires dans un match où seul un brin de folie aurait pu les sauver.


  • Un Arsenal ronronnant mais diablement efficace

À voir le nombre de places encore disponibles au coup d'envoi de la rencontre, il flottait dans l'air comme un parfum d'assurance diffusé par les supporters londoniens restés dans leur canapé, convaincus que les leurs feraient le travail rapidement. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils avaient vu juste. En quinze minutes à peine, les canonniers avaient déjà inversé la tendance du match aller, profitant tout autant de l'absence d'agressivité bretonne que de celle de la VAR, qui semble décidément prendre un malin plaisir à nuire tout espoir tricolore en ce moment. 


Quoi qu'il en soit, malgré une prestation moins convaincante que celle du week-end dernier face à Manchester United (2-0), Arsenal a assuré l'essentiel. Outre la sérieuse copie rendue par Laurent Koscielny, on notera l'importance qu'ont eus les changements opérés par Unai Emery, qui a su lancer dans l'arène Alex Iwobi et Henrikh Mkhitaryan au moment opportun pour doucher les ultimes espoirs des visiteurs du soir.


  • L'imprécision chronique du Stade Rennais
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S'il aura manqué beaucoup de choses aux Rennais pour s'en sortir ce soir, à commencer par un soupçon de chance sur la frappe sur le poteau de M'baye Niang (47ème), se réfugier uniquement derrière ce loupé serait somme toute chauvin de notre part. Car de Hamari Traoré à Clément Grenier, en passant par Ismaïla Sarr ou Benjamin André, c'est tout un collectif qui n'a pas été à la hauteur, techniquement parlant. 


Même en seconde mi-temps, lorsqu'ils ont enfin eu le cuir dans les pieds, les idées manquèrent aux protégés de Julien Stéphan pour espérer faire chavirer l'impressionnant kop breton massé derrière l'un des buts. Trop timorés et pas suffisamment inspirés, les Bretons ressortent donc groggy de la magnifique enceinte des Gunners. Pourtant, ils n'ont pas grand chose à regretter. Car le simple fait d'avoir honoré un peuple et des couleurs trop souvent moqués rend ces hommes immunisés contre tout reproche pour l'année. 


Si la France du football cherche les principaux coupables à son énième sortie de route avant le printemps, on ne saurait trop lui conseiller de regarder ailleurs qu'à l'Ouest...