​Dans son édition du jour, l’Équipe a dévoilé le classement des plus gros salaires en Ligue 1. Sans surprise, on retrouve neuf joueurs du PSG dans le Top 10. Une situation économique qui divise compte-tenu des revenus exorbitants des sportifs professionnels et qui impose une réelle réflexion sur l'intérêt d'une telle visibilité. 


Une masse salariale sans précédent, des footeux payés à coups de lingots d'or, le PSG est une véritable machine productive qui brasse des millions sans se soucier de la portée de ses actions.

Avant d'incriminer le monde professionnel dans sa globalité, il est important de définir les caractéristiques économiques qui régissent le principe de l'offre à la demande. 


La loi du marché 

Alors que Karl Marx différenciait deux catégories sociales, les prolétaires (détenteur de leur force de travail) et les bourgeois (propriétaires des moyens de production), cette théorie qui régissait la pyramide sociale ne s'applique pas aujourd'hui aux joueurs. 


La donne est simple, un footballeur détient à la fois la force de son travail et est propriétaire des moyens de production. Ses revenus qui peuvent paraître indécents, totalement démesurés et attiser la convoitise ou encore la jalousie, semblent simplement justifier un état de fait qui est légitime selon le principe de l'offre et la demande. 


La loi du marché établit aujourd'hui un principe de rémunération qui est fixé par la richesse créée par le joueur. Une richesse qui provient des millions de spectateurs qui se rendent dans les stades de foot, les produits dérivés, la consommation, le merchandising, le marketing, les redevances télévisuelles ou encore le sponsoring. 


Pour mieux comprendre, un joueur gagne ce qu'il créé, sans surplus, en fonction de ce qu'il produit. C'est en ce sens que la logique du terme "vente" rentre en compte lors d'une transaction entre deux clubs. Le joueur est un produit qui rapporte de l'argent et qui est rémunéré selon ce qu'il rapporte. 

Il est donc difficile de faire une comparaison entre le prolétaire (le travailleur moyen d'aujourd'hui) qui perçoit environ 1675 euros (moyenne nationale en France) et un Zlatan Ibrahimovic dont les revenus atteignaient les 18 millions d'euros annuels (pendant sa période au PSG). 


La légitimité d'un salaire s'inscrit donc dans une logique économique et imparable malgré ses ascensions fulgurantes et parfois inconcevables. 


La visibilité des salaires

Mais finalement, quel est l'intérêt d'afficher au grand jour, les plus haut revenus de notre championnat de France si ce n'est attiser la haine et un sentiment envieux de la part des supporters ? 


Depuis toujours, l'argent est le nerf de la guerre. À la fois réparateur et destructeur, la monnaie, qu'elle soit concrète ou irréelle, ne cesse d'alimenter les conflits dans le monde. Plus visible aujourd'hui dans le monde du sport, elle divise voire anéantit une équipe. 


Sans percevoir sa force destructive, l'argent peut avoir des effets dévastateurs malgré le déni des sportifs professionnels. Il suffit tout juste d'observer d'un œil attentif la situation du vestiaire marseillais. À la fois complexés par les revenus exorbitants de Strootman (environ 4.5 millions annuels), plusieurs cadres marseillais dont Florian Thauvin semblent avoir jeté leur frustration sur leur partenaire. 

Alors est-il réellement important de connaître le salaire de Kylian Mbappé au PSG (1.73 millions d'euros brut par mois) ou encore celui de Neymar qui défraie la chronique (3.06 millions d'euros brut par mois) ? Chacun trouvera son élément de réponse en fonction de ses convictions, sa vision de voir le monde. 


Et pourtant, les plus envieux contribuent à créer ses disparités en consommant un spectacle footballistique totalement démentiel. Et si la situation peut paraître ironique, "jamais un envieux ne pardonne au mérite" (Pierre Corneille 1674).