Il ne faut pas se le cacher : notre sport favori est devenu un business lucratif générant et brassant des sommes faramineuses. Au cœur de ce système, le montant des transferts entre clubs - via les intermédiaires comme les agents - et des rémunérations mensuelles qui font jaser.Petit focus sur un des débats récurrents chez les fans : la valeur des joueurs sur le marché des transferts. Sur internet, le site allemand Transfertmarkt demeure la référence dans le domaine de l'évaluation financière d'un footballeur. Qu'est-ce qui détermine la valeur marchande d'un joueur de football aujourd’hui ? Voici les cinq critères majeurs à prendre en compte.


1. Le poste occupé

Virgil van Dijk

La différence est édifiante quant aux transferts de joueurs défensifs ou offensifs. Si des gardiens comme Arrizabalaga ou Alisson ont fait l'objet de transactions au-dessus de 60 millions d'euros, que le défenseur Van Dijk (le plus cher de l'histoire) a été transféré pour 84 millions, ce sont les arbres qui cachent la forêt : les joueurs les plus chers sont les offensifs, ailiers, meneurs de jeu ou buteurs. Neymar, Mbappé, Coutinho et compagnie. Par ailleurs, le très sérieux CIES (centre international d'études sportives, un observatoire économique du football) a dressé début 2018 la liste des footballeurs avec la plus forte valeur marchande : dans le top 10, uniquement des artistes offensifs : Neymar, Messi, Kane, Mbappé, Dybala, Dele Alli, De Bruyne, Lukaku, Griezmann, Pogba. On remarque par ailleurs la même logique dans l'attribution des récompenses individuelles : le Ballon d'Or évite bien souvent les défenseurs et gardiens (hormis Yashin et Cannavaro, certes). Le foot, c'est avant tout marquer des buts, avant de ne pas en prendre.



2. L'age 

FBL-WC-2018-MATCH64-FRA-CRO

Plus un joueur performant est jeune, plus sa côte est élevée. La raison en est simple : un sportif d'une petite vingtaine d'années a une marge de progression bien supérieure à celle d'un trentenaire. Le club qui achète le joueur peut espérer qu'il s'améliore et ainsi effectuer une plus-value significative lors d'une éventuelle revente ultérieure. Ismaila Sarr, 20 ans, qui a été acheté 17 millions d'euros par Rennes à Metz à l'été 2017, vaut bien plus en février 2019. Il y a fort à parier que le Stade Rennais ne lâchera pas sa pépite à moins de 35 millions cet été. Transfermarkt évalue actuellement Leroy Sané (22 ans) à 100 millions, Jadon Sancho (18 ans) à 70 millions et Kai Havertz (19 ans) à 65 millions. Ces montants se basant largement sur la grande précocité de ces talents du ballon rond international.



3. Le statut et les performances 

Mauro Icardi

Le potentiel d'un jeune attaquant fait donc frémir d'enthousiasme les recruteurs et coachs du monde entier. Mais la vérité du terrain reste heureusement un facteur clé du processus de détermination du prix d'un footballeur. Un joueur sélectionné en équipe nationale a forcément une valeur supérieure à celui qui n'a jamais été appelé en jeune ou en A. La sélection nationale est un gage de reconnaissance par les pairs. De même, les performances de la saison en cours en club comptent énormément : pour un joueur offensif, les statistiques individuelles sont scrutées et le nombre de buts marqués et celui des passes décisives délivrées font figure de gageure. Pour un gardien, les clean sheet sont un indicateur intéressant, tout comme celui du nombre d'arrêts effectués. Tous postes confondus, le nombre de titres remportés compte également. Un Raphael Varane cumule tous ces critères !



4. La durée du contrat 

Voilà un critère purement administratif auquel on songe moins volontiers. Plus on approche de la fin du contrat entre un joueur et un club, moins le joueur vaut cher sur le marché. À l'inverse donc, un joueur acheté récemment sera plus difficile et plus coûteux à débaucher. Toutefois, rien de pire ou de mieux, c'est selon le point de vue, que de voir un jouer de qualité quitter le club en fin de contrat sans rapporter un sou...



5. Le volet marketing 

Paul Pogba

Le poids de l'extra-sportif va croissant depuis quelques années. Messi et Ronaldo sont bien plus que de simples joueurs de football. Ce sont des stars avec un public propre et des fans zélés. Les gros joueurs bankables capables de susciter un fort engouement chez les supporters font dès lors grimper leur côte en conséquence. Le cas Pogba est exemplaire. Héros d'une mini-série centrée sur sa personne avant le Mondial, suivi par 32 millions de personne sur Instagram, le Français est en contrat avec Adidas sur plusieurs années pour des dizaines de millions d'euros. Son potentiel dans la vente de maillots ou de retombées économiques pour un club sont considérables.Ainsi, le terrain compte prioritairement, mais la valeur médiatique et le merchandising prennent une place croissante dans le prix alloué à un joueur.