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DÉBAT : Quel est le plus grand club français de l'histoire ?

Un vrai pavé dans la mare. On sent déjà frémir dans les chaumières, se hérisser les poils des passionnés. Sacré débat en effet que de déterminer quel est le club français qui mérite le titre de numéro 1 dans l'Hexagone. 


Pour tenter de se faire une opinion, petit tour d'horizon des arguments-partiels de chacun des candidats. Après, chacun sa génération et à vous de juger en vôtre âme et conscience !

1. Le Paris Saint-Germain

On l'oublie parfois, le PSG est un club jeune dans l'histoire du football français. Fondé en 1974, le club francilien a près d'un siècle de retard sur Le Havre (1872), c'est dire ! Et pourtant que d’événements en à peine une cinquantaine d'années. 


La longévité : Depuis 1974, les PSG est le seul club de l’hexagone à figurer sans discontinuité dans l'élite. 


Le record : C'est l'unique formation qui a réussi le quadruplé (Ligue 1, Coupe de France, coupe de la Ligue, Trophée des Champions) en 2015, mais aussi en 2016 et 2018, excusez du peu !


Un riche palmarès : sept titres de champions, douze coupes de France et huit coupes de la Ligue. Sur la scène continentale, demi-finaliste de la C1 en 1995 et vainqueur de la C2 en 1996.


Des joueurs et entraîneurs myhtiques : Pauleta, Rai, Ancelotti, Ibrahimovic, Susic, Lama, Jorge,  Rocheteau, Weah, Okocha, Ronaldinho, Beckham, Fernandez, ...


Des moments inoubliables : les clasico des années 1990 et 2000, si tendu sur le terrain et en dehors. Les petites déclarations d'avant-match. La prise d’antenne de Canal en direct d'un Parc ou d'un Vel' surchauffé à 20h55 un soir d'hiver. La fumée des fumigènes qui empêchait de voir correctement les premières minutes. La victoire au Parc en 1999 grâce à Simone et Rodriguez qui plombe l'OM dans la course au titre.

Le quart de finale, retour de la Coupe de l'UEFA face au Real Madrid en mars 1993 : battus 3-1 à l'aller, les Parisiens renversent la vapeur et se qualifient grâce à un coup de casque de Kombouaré !

La victoire face au Rapid de Vienne en 1996 sur un missile de N'gotty à ras de terre, dernier titre français en Europe à ce jour.


Un stade : le Parc des Princes.


La période actuelle : Aidé par l'argent des Qatari. Mais quelle domination, dans le jeu, les statistiques. Un raz de marée.

2. L'Olympique de Marseille

L'OM c’est avant toute chose un club qui a du vécu, fondé en 1899. Difficile de trouver un angle d’attaque satisfaisant pour parler de l'Ohème. Le public peut-être ?

On en fait parfois beaucoup sur ce sujet, mais quelle ferveur, encore plus depuis 1993, et jamais démentie ! Même si le PSG le concurrence sérieusement sur ce terrain-là depuis les Qataris, l'OM c'est LE club le plus populaire de France, incontestablement. Celui capable de drainer des milliers de supporters à l’extérieur à chaque match (que l'on apprécie ou pas cet état de fait), de susciter des débats passionnés comme nulle part ailleurs en France, d'être en crise après trois défaites d'affilée. Une vraie expression de la passion qui entoure ce club d'une ville populaire qui aime profondément le foot. 


L'ambiance du Vélodrome :  Cela va de pair avec le point précédent. Même si la pression décline depuis une bonne dizaine d'années maintenant, le Vélodrome est encore capable de se sublimer lors des grandes soirées olympiennes. Pour les connaisseurs, voici quelques matchs mythiques dans l'enceinte marseillaise : Manchester en 99, Newcastle et La Corogne en 2004-2005, Leipzig l'an dernier, et ce n'est qu'un échantillon.


Le palmarès : sacrée vitrine à trophées que celle de Marseille. Neuf championnats de France, 10 CDF et, cerise sur le gâteau, la C1 en 1993 à Munich. A jamais les premiers....


Joueurs-entraîneurs emblématiques : Scotti Andersson, Skoblar, Tresor, Papin, Deschamps, Ravanelli, Drogba, Goethals, Gerets...


Moments légendaires : la finale face à Milan en 93, forcément et ce coup de boule de Boli sur corner. Les finales de la C3 dernièrement face à Valence, Parme ou l'Atlético Madrid. L'incroyable match face à Montpellier en 1997 (5-4) avec Courbis. 


L'ère Tapie : au tournant 80's-90's, il a fait de l'OM un grand club européen, une équipe mythique qui a gagné le cœur des français. Tout ceci explique l'engouement pour l'OM des années suivant sa première présidence jusqu'à nos jours.

3. L'AS Saint-Etienne

L'ASSE, fondée en 1933, c'est le choix du cœur, des baby-boomers, une histoire de générations, celle des années 1970. Encore aujourd'hui, le club a bien plus de fans que dans le seul département de la Loire.

Le palmarès : Imposant. 10 championnats de France de première division. 6 coupes de France. Finalistes de la C1 en 1976.

La période dorée des années 1970 : Qui peut s'asseoir à la table de l'ASSE et dire : j'ai un refrain qui est entré dans la tête de tous les français, jeunes et moins jeunes, pour vanter mon club et ses exploits ? C'est le cas d'"Allez les Verts", chanson de 1976 devenu depuis l'hymne du club. C'est l'un des meilleurs marqueurs de la renommée de l'ASSE dans notre pays. 

Un stade bouillant : le "Chaudron" ça ne s’invente pas. Un stade a l’anglaise avec deux kops chauds comme la braise qui savent transcender leurs protégés et mettre la pression sur l'adversaire. Sainté, comme Lens ou Marseille, c'est le club d'une ville populaire où le foot revêt une importance particulière, liant la communauté ouvrière locale.

Les "poteaux carrés" : un épisode qui appartient à la mythologie du football. Lors de la finale de 76 à Glasgow, les Stéphanois touchent deux fois la barre munichoise, le ballon s'arrêtant net sur les montants, ce que relève immédiatement le commentateur. Le stade écossais n’était pas encore équipé en poteaux circulaires. De là à dire que les tentatives vertes seraient rentrées, on ne peut guère s'avancer...Tout cela a donné lieu à un livre, un film, ... Bref, c'est entré dans la culture populaire !

Les joueurs et entraîneurs mythiques : Platini, Keita, Revelli, Rocheteau, Curkovic, Herbin...

4. L'Olympique Lyonnais

A chacun son moment ! Les années 70 pour Sainté, le début des 90's pour l'OM, les années 2010 pour Paris, 2000 pour l'OL, sans conteste. 


Un président exceptionnel : Jean-Michel Aulas. C'est celui que l'on déteste avoir dans l'équipe d'en face et qu'on adore dans ses rangs. Au-delà des querelles parfois, souvent initiées par lui-même, quel travail effectué ! Rappelons qu'il prend les rênes du club en 1987. A ce moment-là, l'OL végète en deuxième division et cumule les dettes. Aulas accepte la mission plus pour rendre service qu'autre chose. Et pourtant...En appliquant à la structure sportive le management d'une entreprise privée classique (entrée en bourse, plans sur plusieurs années, diversification des sources de revenus) qui s’avère payant, l'OL franchit les étapes avec patience. Aulas incarne son club, en est l'interlocuteur incontournable, le patron sans rival.


Les fastueuses années 2000 :  Lyon remporte son premier titre de champion en 2002 et entame une série exceptionnelle de sept titres d’affilés. Les Gones règnent alors sans partage sur la France et font bonne figure en Europe, offrant des rencontres de très belle facture à leurs supporters. Une époque bénie.


Joueurs-entraineurs mythiques : Di Nallo, Anderson, Benzema, Lacombe, Le Guen, Santini, Cris, Marlet, Juninho, Chiesa, Coupet, ...


Un club...détesté : c'est plutôt un indice sur la renommée d'une institution sportive. Dans les années 2000, l'OL s'est forgé une légende dorée, mais aussi une légende noire par la même occasion. Les raisons de l'éclosion de tous ces "haters" sont multiples : la jalousie devant une telle hégémonie, la fâcheuse tendance des Lyonnais à décimer leurs adversaires de Ligue 1 pendant les mercatos, la personnalité de JMA, l'incapacité a réussir ce parcours en Coupe d’Europe qui a véritablement levé le peuple français derrière eux.


La rencontre décisive : OL-Lens, le 4 mai 2002, un jour avant le duel Chirac-Le Pen. Lors d'une finale du championnat (un point séparait les deux formations), les Rhodaniens s'imposent 3-1 face aux Nordistes à Gerland, grâce à Govou, Violeau et Laigle. Le match fondateur de la success story lyonnaise.


La désillusion : le 4 avril 2006 (alors que se déroule à Marseille une des tueries les plus fameuses de l’histoire du grand banditisme...Devant le match, littéralement), l'OL tient sa qualification en demies de Ligue des Champions jusqu’à la 88ème minute et le but de l'intenable Pipo Inzaghi pour le Milan AC. Une vraie occasion manquée d'embrasser pour de bon la grande histoire des compétitions européennes.

5. Le Stade de Reims

Ah bon, le Stade de Reims ? Evidemment, le Stade de Reims. Encore faut-il avoir un peu de recul, en effet. Fondé en 1931, le club champenois est aujourd’hui un club comme un autre, faisant le yoyo entre Ligue 1 et Ligue 2. Mais cela n'a pas toujours été le cas, loin de là.


Les fabuleuses années 1950 : C'est durant cette décennie bénie que Reims se forge un palmarès (six championnats de France, deux coupes de France, deux finales de C1 en 1956 et 1959 face au Real Madrid). Dans ce temps-là, c'est au stade Auguste Delaune qu'il faut se rendre pour admirer les meilleurs joueurs français !


Les finales de 56 et 59 : La première se termine par une victoire 4-3 du Real de Di Stefano. Les Rémois mènent au score et passent tout près du trophée ultime, qui vient tout juste d'être crée. La finale de 1959, devant 80 000 spectateurs à Stuttgart, trois ans plus tard, sera moins accrochée (2-0 pour les Merengue). Mais ces deux oppositions font entrer le SDR dans la grande histoire du foot français.


Joueurs-entraîneurs emblématiques : Raymond Kopa, évidemment, sûrement le meilleur joueur de son époque, premier ballon d'or français en 1958, un footballeur au panthéon de l'histoire de ce sport. Albert Batteux, le coach incontournable des années 1950. Just Fontaine, qui demeure aujourd’hui le détenteur du record de buts inscrits sur une phase finale de Coupe du Monde avec 13 réalisations en 1958 lors du mondial suédois.

6. L'AS Monaco

Palmarès : Huit titres de champions, à toutes les époques, cinq coupes de France, une finale de LDC et trois demi-finales de cette même compétition, tout de même !


Un club à part : En raison de son statut de principauté, l'ASM est de facto un club atypique dans le paysage footballistique français. Souvent raillé pour le peu d'engouement du Stade Louis II, le club a pourtant une vraie base de supporters aux quatre coins du pays. Le prince Albert est très proche de son club, dont il suit les performances avec assiduité. Un ovni.


Pléthore de joueurs-entraîneurs d'exception : Barthez, Weah , Gallardo, Simone, Klinsmann, Thuram, Henry, Wenger, Giuly, Trezeguet, Deschamps, Ettori...


Les parcours en LDC : Ah, cette saga 2004... Deschamps sur le banc, Morientes et Prso devant, les gestes techniques d'Ibarra, Rothen et ses centres, toute une époque. D'abord, une victoire 8-3 face à La Corogne pour bien débuter la compétition. Puis les succès s’enchaînent, en quarts et en demies face au Real et Chelsea, avec deux victoires 3-1 à la maison. La défaite face à Porto et Mourinho en finale peut encore rester en travers de la gorge. 


On a ressenti à nouveau cette capacité de sublimation monégasque sur la scène continentale en 2017, avec l'éclosion de Mbappé. La défaite 5-3 à City en huitième, la double perf' face à Dortmund en quart, avant de tomber sur l'os turinois à une marche de la finale. Du haut niveau.

7. Verdict

S'il faut choisir à tout prix...C'est tout à fait subjectif, mais ce serait l'OM. Pour sa longue histoire, son public, la victoire en C1, le palmarès national, sa devise, l'imagerie bleu et blanche du club, les performances européennes, la passion et la détestation qui entoure l'OM. Chacun son avis !

Quel est le plus grand club français ?