​Réforme prévue pour 2026, la Coupe du Monde accueillera aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique un nombre de 48 équipes nationales sur le continent américain.


Préféré au Maroc avec 134 votes contre 65 pour la nation africaine, le projet United (Etats-Unis,

Canada, Mexique) succédera au Qatar dans huit ans pour la 23e édition de la ​Coupe du Monde.

Un Mondial qui marquera l'histoire du football puisque comme l'a annoncé le président de la FIFA Gianni Infantino, un total de 48 sélections assisteront à la compétition au lieu de 32. 


Selon les dernières informations relayées par RMC Sport, il ne serait d'ailleurs pas impossible que cette innovation voit le jour à partir de la Coupe du Monde 2022 au Qatar. 


"Nous avons décidé d'augmenter le nombre le nombre d'équipes participant à la Coupe du monde de 32 à 48. Cela prendra effet en 2026 (aux États-Unis, Canada et Mexique). Cela arrivera-t-il en 2022 ? Vous me connaissez. C'est possible, c'est possible. Pourquoi pas ?" a affirmé le président italo-suisse durant le congrès annuel de la Confédération asiatique de football. 


Mais serait-ce une bonne idée ? 


Avec cette nouvelle réforme à 48 équipes, il ne faut pas omettre de préciser que le format de cette somptueuse compétition en prendra un coup... Alors que l'instauration des phases de poules à quatre équipes a vu le jour il y a 68 ans lors de la la 4e édition en 1950 au Brésil, la Coupe du Monde entrera dans une nouvelle ère où elle mettra en scène pour la première fois 16 groupes composés de 3 équipes. Dans chacune des poules, 2 sélections sur 3 auront alors la chance de participer au prochain palier, qui débutera pour la toute première fois à partir des seizièmes de finale. 


De plus, l'arrivée de 16 nations supplémentaires dans la compétition poserait un réel problème selon plusieurs anciens joueurs de l'Équipe de France. 


Phases de groupes : des matchs fermés au programme


En effet, avec une Coupe du Monde à 48 équipes, il est fort probable que l'on assiste à des rencontres à faible intensité lors du premier tour, si les faibles formations refusent de s'ouvrir et décident de miser sur le match nul face aux cadors de la scène internationaleSelon les déclarations communiquées par le site 20minutes.fr, les anciens Bleus Marius Trésor, Olivier Rouyer et Alou Diarra ont exprimé leur pessimisme concernant cette nouveauté présentée par la FIFA.

Dans un premier temps, l'ex-défenseur des ​Girondins de Bordeaux et l'​​Olympique de Marseille Marius Trésor, a évoqué une dissemblance de niveau entre les nations qui pèsera sérieusement dans le jeu proposé. 


"Déjà, aujourd’hui, il y a des vraies différences de niveau entre les équipes. A 48, ce sera pire. Les petites équipes voudront à tout prix éviter de prendre des valises. Les matchs seront ultra-fermés. Si vous jouez, vous en prenez six comme le Panama face à l’Angleterre et trois contre la Belgique." a-t-il affirmé.


Fait qu'a confirmé l'ancien joueur de l'​Olympique Lyonnais Olivier Rouyer, se remémorant la Coupe du Monde de 1978 constituée à cette époque de 16 équipes. 


"On va assister à des matchs très bizarres. Soit on aura le droit à des taules soit à des rencontres ultra-défensives car ce ne sera pas des bus mais carrément des paquebots devant les buts [...] Il me semble que c’était un autre niveau et surtout une autre intensité." a lancé l'actuel consultant pour la chaîne L'Equipe.


Enfin, l'ancien milieu de terrain Alou Diarra, passé par le RC Lens, l'Olympique de Marseille ou encore les Girondins de Bordeaux, a rejoint lui aussi les avis de ses compatriotes. Le finaliste avec les Bleus en 2006 a souligné en second lieu un détail majeur à propos des qualifications pour les 16e de finale.  


"On va assister à des matchs de handball car il y aura une telle différence de niveau. Plus personne joue pour gagner aujourd’hui mais avant tout pour le pas perdre. Vous imaginez à 48, des équipes pourront se qualifier pour les 16e avec un point en deux matchs."


Une Coupe du Monde moins attractive ? 


Compétition fondée essentiellement autour de 16 équipes jusqu'à 1978 (seules les éditions de 1930, 1938 et 1950 en accueillaient moins de 16), la Coupe du Monde de la FIFA s'est massivement développée à la suite du XXe siècle. Constituée de 24 sélections de 1982 à 1994, puis ensuite de 32 depuis 1998, elle a alors donné au fil des différentes éditions la chance aux petites nations du football de jouer aux côtés des grandes équipes. Mais comme l'ont évoqué les divers experts ci-dessus, cette différence de niveau de jeu dès les phases de poules viendrait quelque peu estomper l'attractivité footballistique de la compétition. Cet obstacle risque d'être indubitablement manifeste avec 16 équipes en plus. 


Effectivement, avec une future Coupe du Monde à 48 en 2026, peut-être même en 2022 au Qatar d'après Gianni Infantino, cette éventualité d'assister à des rencontres peu captivantes demeure désormais irréfutable. Bien que cette prestigieuse compétition nous promette toutefois des surprises comme à chaque édition, avec des outsiders qui donneront corps et âme face aux fortes écuries afin d'aller chercher un résultat, nous imaginons déjà des scénarios où les faibles sélections tenteront d'arracher un petit point sans la manière. Ce qui peut être synonyme de qualification comme l'a précisé Alou Diarra. 


Enfin bref, dans le football tous les scénarios sont possibles, où nous pouvons être témoins du meilleur comme du pire. Alors ainsi soit-il, croisons les doigts pour ne pas vivre une rude somnolence !