De nouveau performant à Nice (1-0), le latéral marseillais retrouve petit à petit son niveau de l'an passé​, qui lui a déjà permis de toquer plusieurs fois à la porte des Bleus. À force, cette dernière devrait bien finir par s'ouvrir et laisser sa chance à un joueur constamment en progrès.


Bien que la chansonnette à sa gloire affirme le contraire, Benjamin Pavard n'a plus grand chose d'un inconnu aux yeux du public français. Installé sur le flanc droit tricolore depuis le coup d'envoi du mondial russe, l'ancien Dogue, bien qu'au rendement imparfait, continue à gagner du crédit au fil des rassemblements internationaux. Et ce n'est pas la concurrence de Djibril Sidibé, pour l'heure incapable de retrouver son niveau d'antan, qui risque de faire pencher la balance à court terme. 


Pourtant, au sein d'un vivier aussi riche que celui qu'a à disposition Didier Deschamps, dur d'imaginer que seul le joueur de Stuttgart puisse répondre aux attentes du poste en question. C'est en ce sens que le profil atypique de Bouna Sarr suscite autant de curiosité.

Généralement, lorsqu'un élément offensif est amené à descendre d'un cran sur le terrain, c'est parce qu'il peine à se montrer décisif dans le camp adverse. Un joueur comme Antonio Valencia, du côté de Manchester United, l'a par exemple appris à ses dépens, avant de devenir l'une des références de Premier League à son nouveau poste. Mais il serait incongru de croire qu'il suffise de reculer d'une ligne pour franchir un cap sportif. Si cela a également été possible pour Sarr, c'est autant grâce à sa vitesse de pointe et sa puissance naturelle qu'aux efforts défensifs auxquels il s'est soumis pour progresser. 


Ainsi, il est désormais compliqué pour tout ailier de se dépêtrer de l'ex-messin, qu'il soit déjà replacé ou seulement en passe de l'être. Preuve de cela, rares furent les latéraux de notre cher championnat capables de tenir tête au déroutant Allan Saint-Maximin depuis l'ouverture de la saison. Dimanche soir, Bouna Sarr l'a fait. Le fruit de nombreux mois de répétition durant lesquels il a enchaîné les prestations de haut vol.

Sporting CP v Olympique de Marseille - Pre-Season Friendly

Cette exposition prolongée, qui lui permettra peut-être de fouler la pelouse du Stade de France à terme, il la doit à deux hommes. Tout d'abord à son entraîneur, Rudi Garcia, qui est à l'origine de cette idée loufoque sur le papier mais brillante à l'arrivée. 


Ensuite à Edinson Cavani, sur qui l'encore inexpérimenté Sarr avait commis l'an passé une faute évitable que l'Uruguayen avait immédiatement converti en sanction d'un maître coup-franc au bout du temps additionnel (2-2). Un trop-plein de fougue que le franco-guinéen a appris à maîtriser depuis.


Les deux hommes se recroiseront dimanche prochain dans les travées du Stade Vélodrome. L'occasion de conforter l'opinion publique dans l'idée que Bouna Sarr a bel et bien progressé. Et que Pavard a du souci à se faire dans les semaines qui viennent.