​Première recrue de l'ère QSI, Javier Pastore a disputé sept saisons sous le maillot du ​PSG, qu'il a quitté cet été pour la Roma. Présent pour la réception de Caen ce soir (21h), l'Argentin fera ses adieux aux supporters parisiens, avec qui il a, depuis toujours, une relation particulière. 


Débarqué de Palerme à l'été 2011 pour la somme de 42 millions d'euros et le statut de joueur le plus cher de ​Ligue 1, Javier Pastore et ses 22 ans symbolisaient alors le nouveau PSG, celui qui se mettait à "rêver plus grand". Arrivé avec l'étiquette de futur crack, El Flaco n'a pas mis longtemps à se mettre les supporters dans la poche, lors d'une première saison qui restera sa meilleure en terme de statistiques. 


Avec l'Argentin, le Parc des Princes retrouvait un football qu'il avait perdu depuis longtemps. Tout d'abord ravi, le public ne tarda pas à montrer son scepticisme avec les premières contre-performances et le style différent du grand maigre. Alors que certains étaient irrités par sa supposée nonchalance, d'autres étaient émerveillés par son élégance. 


Pastore au PSG, c'est une question de sensibilité et de point de vue. Dans un premier temps, il a porté le poids d'un transfert qu'il a subi malgré lui, de même que le statut de futur étoile du football mondial dont il n'a jamais voulu. Débarrassé de ces ondes négatives au fil des saisons, c'est ensuite un enchaînement terrible de blessures qui viendra donner de la matière à tous ses détracteurs. 

Passant autant de temps à l'infirmerie que sur les terrains ces trois dernières saisons, il fut l'objet de nombreux débats aussi bien sur les plateaux télés que dans les discussions de comptoir. Moqué pour ses éternelles indisponibilités, le grand fragile a vu son utilité au PSG largement remise en cause, au point d'agacer une bonne partie des fans.


Et pourtant, la fièvre Pastore a bien eu lieu. Certainement pas aussi régulièrement que l'on aurait voulu, la rendant d'autant plus précieuse. Dès son arrivée, son premier but sous les couleurs parisiennes, d'un tendre piqué face à Brest en septembre 2011, avait donne le ton. Alors qu'il promène d'année en année sa classe sur tous les terrains de France, il donnera plusieurs coups d'éclat à sa carrière parisienne. 


Les supporters garderont forcément en mémoire ce but à Barcelone en avril 2013, éliminant provisoirement les Catalans de la C1, et celui, fabuleux, face à Chelsea un an plus tard, toujours en quart de ​Ligue des Champions. Éliminant trois adversaires dans un petit périmètre avant de glisser la balle au fond des filets de Petr Cech, il aura ce soir-là inscrit l'un des plus beaux buts de l'histoire parisienne sur la scène européenne. 


Viendra ensuite une saison 2014-2015 aboutie, la seule (hormis sa toute première) où il sera vraiment considéré comme un titulaire indiscutable lors de ses sept années passées dans la capitale. Ses derniers mois reflèteront la carrière du joueur, souvent décevant, parfois magique, distribuant quelques caviars ici et là, sans trop se faire violence. C'est désormais la fin d'une aventure, inéluctable, peut être même tardive. 


Dans un ​PSG devenu trop grand pour lui, Flaco ne pouvait plus s'exprimer. Le club de Nasser Al-Khlelaïfi se veut désormais une machine à empiler les trophées et à dépenser sans compter, dans laquelle la touche émotionnelle a surement moins sa place. Ce soir, le Parc saluera l'un de ses plus beaux princes, dont l'histoire inachevée sera teintée de passion et de regrets. 

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