​Ce soir, la Croatie et l'Angleterre se disputaient une place en finale de ​Coupe du Monde au Stade Loujniki, à Moscou. 


En première période, l'Angleterre a joué à son rythme, laissant la possession du ballon à son adversaire, pour mieux se projeter en contre-attaque ou sur des longs ballons en direction d'Harry Kane. Dès la cinquième minute, Dele Alli utilise va vitesse et sa qualité d'élimination pour obtenir un coup franc très intéressant à l'entrée de la surface. Kieran Trippier s'élance et envoie une frappe enveloppée en plein dans la lucarne de Subasic (0-1, 5"). 


Après cette ouverture du score, les Three Lions se contentent de rester compacts en phase défensive, et d'exploiter les espaces dans le dos des défenseurs croates grâce à la vitesse de Sterling, Lingard, et Alli. Le joueur de Manchester City a eu, à plusieurs reprises, l'occasion de faire la différence sur le côté droit. Son manque de lucidité dans le dernier geste fut préjudiciable. 


De leur côté, les Croates ont multiplié les passes latérales face au solide bloc anglais, n'apportant pas assez de vitesse dans leurs actions. Jusqu'à la mi-temps, l'Angleterre contrôle sans être mise en danger, et rentre aux vestiaires avec le plein de confiance. 

Dès le début du second acte, la Croatie revient avec d'autres intentions, et se montre beaucoup plus dangereuses, notamment sur les côtés, où Perisic, Rebic, et le latéral Vrsaljko, apportent des centres et de nombreuses percussions. La pression croate devient alors de plus en plus forte, et les hommes de Gareth Southgate se replient devant leur surface lors de la dernière demi-heure. 


Dès lors, s'est produit ce que tout le monde pressentait, lorsque Vrsaljko déclenche un très bon centre au second poteau, que Perisic reprend brillamment du bout du pied, en devançant Kyle Walker (1-1, 68"). La Croatie revient au score, et le match devient alors à sens unique. 


Suite à cette égalisation, Modric et ses coéquipiers intensifient leur pressing, et poussent les anglais à la faute. Une mésentente entre Pickford et sa défense profite à Perisic, qui élimine brillamment son vis à vis, puis décoche une frappe croisée sur le poteau gauche du gardien d'Everton. L'Angleterre fais le dos rond et tient jusqu'à la prolongation. 

Lors des 30 minutes supplémentaires, seul Stones, sur corner, aura donné quelques sueurs froides à la défense croate. Toujours regroupés dans leur camp, les Anglais n'essaient pas de ressortir et s'exposent dangereusement. Sur une action confuse, Perisic, décidément décisif ce soir, décale Mandzukic de la tête, qui trompe Pickford à bout portant (2-1, 109"). La Croatie rejoint la France en finale, et l'Angleterre, elle, peut avoir d'immenses regrets. 


Tops 


Luka Modric : Peu en vue en première période, le métronome a, petit à petit, pris le contrôle du milieu de terrain. En orientant brillamment les actions offensives, il a permis à ses attaquants d'être dans les meilleures conditions pour déborder, centrer, ou combiner. Il mérite amplement sa finale. 

Ivan Perisic : Même si l'on est en droit d'attendre davantage de percussion d'un joueur avec un tel potentiel, le joueur de l'Inter Milan est auteur d'un but et d'une passe décisive. Difficile de faire plus efficace en demi-finale de ​Coupe du Monde.


Mario Mandzukic : Difficilement trouvable tout au long de la rencontre, l'attaquant croate s'est heurté à la rugueuse charnière anglaise, mais a su profiter de l'attentisme anglais lors de la prolongation pour surgir, et offrir à son pays sa première finale. Historique. 


Flops 


Raheem Sterling : Malgré sa qualité de dribble et sa vitesse, l'ailier anglais est incapable de faire le bon choix une fois qu'il se présente dans la surface de réparation. Avec un brin de sang-froid, sa performance aurait pris une toute autre dimension. 


Jordan Henderson : Serein lors du premier acte, le milieu de Liverpool a habilement contrôlé l'entre-jeu, en étant la pierre angulaire du système défensif. Puis, dès que la Croatie a commencé à accélérer, Henderson a disparu, et a laissé la place à Modric. Son effacement est en partie responsable de la grande pression subie par l'Angleterre dès le retour des vestiaires. 


Rendez-vous dimanche à 17h00, pour un France-Croatie qui s'annonce d'ores et déjà historique.