​Il est de coutume de dire que l'affiche du championnat de France est le "classique" entre le Paris Saint-Germain et l'Olympique de Marseille. Si ce constat était réel il y a encore cinq ou six ans, la dimension prise par le club parisien a totalement déséquilibré le rapport de force entre les deux rivaux, rendant leurs confrontations prévisibles. À, tel point que depuis l'arrivée de QSI aux commandes du PSG, l'OM n'est parvenu à l'emporter qu'une seule fois, c'était en novembre 2011. 


Depuis, les Phocéens restent sur une série hallucinante de 17 rencontres sans succès face à Paris toutes compétitions confondues. Comment peut-on encore considérer PSG-OM comme le match le plus intense de la saison compte tenu de l'écart abyssal de performance entre les deux équipes ? De fait, quelle équipe peut remplir le rôle d'ennemi juré du club marseillais ? La réponse est toute trouvée, l'Olympique Lyonnais. 


Depuis l'arrivée de Jean-Michel Aulas à sa tête en 1987, l'Olympique Lyonnais n'a cessé de gravir les échelons du football français et européen. L'apogée du club rhodanien survient au coeur des années 2000. Sous l'impulsion de Juninho, Sonny Anderson, Cris, Essien et beaucoup d'autres, Lyon remporte sept titres de champion de France consécutifs et s'impose alors comme la référence nationale. 

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Alors que Paris et Marseille se partageaient jusqu'ici le paysage médiatique, l'OL est parvenu à briser cette hégémonie grâce à ses performances. Une fois son âge d'or terminé en 2009, le club de Monsieur Aulas a réussi à garder cette régularité qui le caractérise, en atteignant chaque saison une place européenne. 


Lyon est désormais une place forte du football français et dispose d'un panel de supporteurs très large, mais encore bien moindre que son rival marseillais. D'ailleurs, c'est ici que le nouvel antagonisme entre Lyonnais et Phocéens prend sa source. L'OM est historiquement le club français le populaire à travers le pays, et ce en dépit de résultats très irréguliers ces dernières saisons. Les supporteurs Olympiens sont réputés pour leur passion et leur dévouement, même s'il arrive parfois que cet amour pour l'OM se transforme en pouvoir de nuisance lorsque les performances de l'équipe sont mauvaises. 


De son côté, l'OL et ses supporteurs ne transmettent pas la même chaleur, et ce malgré de nombreuses épopées européennes réussies en Ligue des Champions et en Ligue Europa. Le club lyonnais souffre de ce déficit d'image et envie la ferveur qui caractérise le peuple marseillais. Malgré tout, si l'on peut reprocher une certaine froideur au club rhodanien, on ne peut qu'applaudir et féliciter Jean-Michel Aulas pour sa gestion économique quasi-parfaite. 

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Sans jamais faire appel à de gros investisseurs, le président lyonnais est parvenu, avec beaucoup de patience et de savoir-faire, à créer un modèle économique rentable pour son club, comme en témoigne le Groupama Stadium, dont l'OL est propriétaire. Si l'on superpose les bons résultats de l'équipe à cette belle santé financière, Lyon peut être considéré comme un modèle par ses adversaires, l'OM en premier lieu.


La stabilité est loin d'être le maître mot du côté de la Canebière. La pression populaire fait passer l'obligation de résultat devant les autres priorités et amène le plus souvent les dirigeants phocéens à commettre des erreurs dans leur gestion. 


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Malgré l'arrivée de Franck McCourt comme investisseur principal, Marseille affiche encore un déficit trop important dans ses comptes, obligeant le club à vivre sous la menace de sanctions de la part de l'UEFA. Le bon élève lyonnais a de quoi ricaner en observant la gestion financière du "club le plus populaire de France". 


Si la rivalité entre l'OL et l'OM est née d'éléments extérieurs au rectangle vert, les derniers affrontements entre les deux équipes ont régulièrement donné lieu à des événements inattendus et spectaculaires. ​Du but fantôme refusé à Ocampos la saison dernière, à la pendaison de la poupée de Valbuena en 2015, en passant par le coup franc de Juninho qui brise les rêves de titre des Marseillais en 2009 ou le 5-5 à Gerland entre les deux équipes lors de la même année, on ne compte plus les péripéties qui ont fait de cette affiche un match très attendu. 


Alors que vous soyez Marseillais, Lyonnais, ou même neutres, attendez-vous à vivre une nouvelle page de la rivalité entre deux clubs au niveau très similaire mais aux trajectoires si différentes. Rendez-vous dimanche soir, 21h00.