TOP 7 des coachs qui ont sauvé des clubs voués au déclin

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Dans l’histoire du football français, des personnalités atypiques, surprenantes et géniales ont réalisé, à la tête de leur équipe des exploits improbables, qui ont complètement bouleversé le destin de leur club. Notre Top 7 propose de faire un retour sur ces meneurs d’hommes qui révèlent leur génie lorsqu’ils sont dos au mur, engagés dans des missions impossibles, qui feraient fuir n’importe quelle personne sensée et rationnelle.

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7. Frédéric Antonetti, le coach passionné

​Frédéric Antonetti fait partie de ces grandes figures charismatiques qui ont jalonné l’histoire du foot français. Le Corse, dans tous les clubs où il a exercé a toujours laissé une image impérissable. Habile tacticien, et manager hors pair, ses qualités intrinsèques de coach sont souvent pourtant moins bien perçues que sa personnalité virile et fougueuse. L’homme est volontiers présenté comme un colérique, un fougueux en somme, qui peut exploser à la moindre injustice du corps arbitral, ou à la moindre contre-performance de son équipe. Cela a pu, par moment, nuire à sa carrière ; à une époque où le football devient de plus en plus, lisse et policé.


Il n’en demeure pas moins que cette âme et cet état d’esprit, traversés de part en part par cette fierté et cette mentalité si spécifiques aux insulaires, ont forgé la réputation du natif de Venzolasca.


C’est sur les bancs du Sporting Club de Bastia que s’ouvre la carrière d’entraîneur de cet entraîneur à l’authenticité inégalée. En 1994, deux ans après la catastrophe de Furiani, le club bastiais n’est plus que l’ombre de lui-même et semble promis, en cette saison 1994-1995, à une inéluctable relégation. Proche de la descente, le Sporting se sépare de Léonce Lavagne, après une énième défaite, et c’est Frédéric Antonetti qui le remplace. Antonetti, jusqu’alors directeur du centre de formation du club corse, devait uniquement assurer la transition. Il devait rester une semaine à la tête du SCB, il restera finalement six ans.


Le Corse a su remotiver son équipe, et lui insuffler une nouvelle âme. Alors que le SCB était voué à la relégation en novembre 1994, Antonetti bouleverse la situation et va progressivement permettre au club d’assurer le maintien. Pour finir en beauté sa première saison en tant qu’entraîneur, Frédéric Antonetti amène ses hommes en finale de la Coupe de la Ligue. 


Certes, cette dernière échappera aux Corses, défaits 2 à 1 par le Paris-Saint-Germain, mais cette saison n’en demeure pas moins gravée à jamais dans les souvenirs des supporters de Bastia. Cette saison fut pour Antonetti un épisode majeur qui contribua à forger sa personnalité inimitable, ainsi que sa réputation de meneur d’hommes.

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6. Michel Moulin, le coach entreprenant

TO GO WITH AFP STORY IN FRENCH BY CYRIL TOUAUX : 'Paris SG : Michel Moulin, un homme press?'. (FILES) - New PSG's sports director, French media group Hersant chief executive, Michel Moulin looks at PSG's players on April 26, 2008 before the PSG's L1 football match against Auxerre at the Parc des Princes stadium in Paris.  AFP PHOTO / THOMAS COEX (Photo credit should read THOMAS COEX/AFP/Getty Images)

​Michel Moulin, contrairement aux autres membres de ce classement, n’est pas à proprement parler un entraîneur de football, mais plutôt un coach dans l’acception globale du terme. Michel Moulin est un sudiste, né à Alès, et qui dans sa jeunesse débuta une carrière de footballeur. Il démarre sa carrière sportive à Alès, qui évolue alors en Division 2, où il va côtoyer des joueurs comme Laurent Blanc ou Olivier Dall’Oglio. Mais des problèmes au genou vont freiner le développement de sa carrière, et Michel Moulin quitte Alès pour rejoindre Miramas, qui joue alors en quatrième division, soit la CFA d’aujourd’hui. 


Sa blessure au genou brisa sa carrière sportive, mais lui ouvrit de nouvelles portes : entrepreneur, homme de médias et de publicité, dirigeant et conseiller sportif. Dans le monde du football, il laisse son empreinte à travers son action à la tête du PSG. A son tableau de chasse, un exploit solidement ancré dans l’histoire récente du Paris Saint-Germain : le maintien, inespéré et improbable, du club parisien lors de la saison 2007-2008.


L’année 2008 est un peu l’annus horribilis du PSG. Au cours de la saison 2007-2008, la belle machine sportive qu’a toujours été le Paris Saint-Germain s’est enrayée, et a complètement volé en éclats. Paul Le Guen, l’entraîneur de l’époque, peine à redresser la barre d’un navire parisien battu par les flots, et tout proche de sombrer.


Cette saison devait être pourtant celle du retour du club parisien en haut du classement, après une saison 2006-2007 tourmentée et extrêmement décevante pour les supporters du club. Des joueurs confirmés comme Grégory Bourilon ou Zoumana Camara ont renforcé le club au début de la saison, et rien ne semble annoncer la débâcle sportive du club. Pourtant, le PSG peine à s’extirper de la seconde moitié du classement, et le « syndrome du Parc » se renforce match après match. Le club est littéralement incapable de gagner dans son antre du Parc des Princes. Après une énième défaite du PSG sur la pelouse de Caen, Alain Cayzac, le président du PSG, démissionne.


Il reste quatre journées de championnat, et le club parisien semble tout droit se diriger vers la Ligue 2. Pour le remplacer et essayer d’inverser la situation, un homme qui ne provient pas du sérail parisien est choisi : Michel Moulin. L’homme a connu le succès dans le monde de la publicité, notamment à la tête de Paru Vendu. Il a présidé aux destinées du Red Star et du FC Istres. En cette fin de championnat, il va impulser une nouvelle dynamique à des joueurs parisiens moribonds et démotivés. Le succès sera au rendez-vous, puisque le club parviendra à se maintenir au sein de l’élite, et jouera également une finale de Coupe de France.


Personnalité atypique du monde du foot, Michel Moulin, aujourd’hui à la tête de l’hebdomadaire sportif Le 10 Sport, rejoint à cette occasion la liste, très fermée, de ces coachs et dirigeants de football, à même de transcender et de ressusciter des équipes en déroute.

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5. Luis Fernandez, ou El Machote

​Que l’on aime ou qu’on le déteste, un mérite incontestable revient à ce personnage, sa combativité. Né en Espagne, Luis Fernandez s’installe en France avec sa mère et ses 5 frères et sœurs en 1968, dans le quartier populaire des Minguettes, à Vénissieux. Comme de nombreux enfants d’immigrés, il subit le poids de ses origines et de sa nationalité. Qualifié d’« espingouin » et de sobriquets racistes en tout genre, il s’est battu toute sa jeunesse pour démontrer ses qualités de footballeur, jusqu’à signer un contrat stagiaire au PSG à cause du règlement de la FFF à l’époque, n’autorisant que deux étrangers par équipe. Malgré ces obstacles, il illumina le championnat de France sous les couleurs du Parc des Princes et marqua à jamais son empreinte.


Sa détermination et sa combativité durant sa carrière de joueur professionnel de football déteint sur celle de son rôle d’entraîneur. Son expérience en Espagne lui a valu le surnom de « El Machote » ou le pompier de service. Outre ses faits d’armes à Bilbao, il réussit le pari de sauver l’Espanyol Barcelone d’une relégation quasi-certaine lors de la saison 2003/2004.


Luis Fernandez est appelé le 4 novembre 2003 pour remplacer l’entraîneur Javier Clemente, qui vient d’être limogé. A cette date, le club est dernier avec 5 points gagnés en 10 journées. Il réussit à grappiller des points tout au long du championnat, de telle sorte qu’à six journées de la fin, l’Espanyol Barcelone est 18e de la Liga avec 5 points de retard sur le premier non-relégable. Critiqué pour ses choix tactiques à ce moment critique, il gagne 4 des 6 derniers matchs, permettant au club de se hisser à la 16e place avec 43 points.


Luis Fernandez était un joueur combatif. Il a su faire preuve de la même détermination et abnégation en tant qu’entraîneur.

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4. Eric Hély, ou l’homme qui fît revenir Sochaux d’entre les morts

​La carrière d’Eric Hély est étroitement liée au FC Sochaux-Montbéliard. En junior, c’est au FCSM qu’il débute, à la charnière des années 1970-1980, sa carrière de footballeur. Une vingtaine d’années plus tard, en 2003, il pose ses valises dans son club formateur pour entraîner les U 19 du FCSM. Sous ses ordres, les jeunes du FCSM gagnent la prestigieuse coupe Gambardella en 2007, et il contribue à l’éclosion de jours talentueux comme Ryad Boudebouz ou encore Marvin Martin. Il prend par la suite la direction de la réserve du club, et c’est presque naturellement qu’en mars 2012 il vole au secours de Sochaux, bon dernier de Ligue 1, qui compte uniquement 21 petits points à son compteur.


Lanterne rouge, le club doubiste n’a pratiquement plus aucune chance de se sauver ; pourtant le remplacement de Mécha Baždarević par Eric Hély va s’avérer providentiel. Hély va métamorphoser l’équipe, et rebâtir, sur le champ de ruines laissé par l’entraîneur bosnien, une nouvelle équipe, et surtout impulser une nouvelle dynamique. Il y a alors le feu dans la maison jaune, mais Éric Hely va remplir à la perfection son rôle de pompier de service, et ainsi graver son nom au panthéon des entraîneurs qui in extremis parviennent à faire revenir une équipe et des joueurs d’entre les morts. Le pari fou relève pourtant de l’impossible, tant Sochaux est faible et brisé au cours de cette saison. 18ème défense et 20ème attaque, l’équipe est véritablement en lambeaux.


Marvin Martin et Ryad Boudebouz retrouvent pourtant leur classe, ainsi que leur confiance ; et alors que les victoires s’enchaînent le club renaît de ses cendres. A Bonnal, dans l’antre du FCSM, les hommes d’Eric Hely s’imposent notamment contre Nancy, lors de la 36ème journée, et sorte alors de la zone rouge. Toujours à Bonnal, les Sochaliens, à l’occasion de la 38ème et dernière journée du championnat parviennent à se maintenir, grâce à un but signé Boudebouz à la 54ème minutes.


Le symbole est fort. Hély a réussi son pari, et a ressuscité une équipe donnée pour morte. 

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3. Alex Dupont, une personnalité atypique dans le monde du football

​Alex Dupont est un petit peu l’antithèse de Rolland Courbis. A la verve, la fougue et le charisme du natif de Marseille, s’oppose le caractère serein, calme et passionné du Nordiste. Dupont a derrière lui une carrière honorable de footballeur. Il a évolué dans les clubs de son département, Dunkerque et Hazebrouck, avant de devenir un entraîneur réputé pour son jeu tout en maîtrise. L’un de ses plus beaux faits d’armes remonte au début des années 2000, lorsque à la tête du FC Gueugnon, qui évolue alors en D2, il remporte la Coupe de la Ligue en battant le Paris Saint Germain par 2 buts à 0.


Mais Alex Dupont est aussi l’homme des défis, à même de relever des challenges improbables et de ressusciter des équipes en perdition. Lors de la saison 2003-2004, il récupère une équipe de Laval qui occupe la 19e place en ligue 2. Francis Smerecki, qui a débuté la saison sur le banc de Laval n’a décroché que trois victoires en 20 matches. Pour la phase retour du championnat, il est remplacé par Alex Dupont. Le Dunkerquois réussit l’exploit de sauver le club de la Mayenne, et de le maintenir en ligue 2.


Quelques années plus tard, à la tête de Brest, il permet à l’équipe bretonne d’accéder à la Ligue 1, lors de la saison 2009-2010. Lors de la saison suivante, il parvient à maintenir le petit poucet de la Ligue 1 dans l’élite ; et fait ainsi déjouer les pronostics pessimistes des observateurs du monde du foot.


Alex Dupont n’est pas exactement l’archétype du coach des missions impossibles. Il est capable de jouer la gagne, en coupes ou en championnat, mais n’en est pas moins capable de ressusciter et de transcender des groupes en perte de vitesse.

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2. Rolland Courbis, ou coach maintien

​Parler de coach Courbis cela revient à essayer de percer la personnalité d’un footballeur, puis entraîneur, aux mille vies. Sa carrière de footballeur, hormis un séjour de trois ans à Sochaux, s’est toujours déroulée sur les bords de la mer méditerranée. En tant que joueur il joua, pendant une saison à Ajaccio (ACA), mais s’il figure dans notre classement c’est notamment en raison de son passage sur le banc de l’ACA. En effet, c’est pour sa réputation de pompier de service, d’homme de la dernière chance, que Rolland Courbis figure dans notre classement.


Au cours de la saison 2004-2005, les mauvais résultats s’enchaînent pour l’ACA, et Dominique Bijotat est limogé à la fin de l’année 2004. Rolland Courbis, après un exil d’un an entre les Emirats arabes unis et la Russie, repose ses valises dans la cité impériale. Alors que sous l’ère Bijotat les acéistes n’avaient engrangé que 8 points en 11 matchs, l’ACA prend 37 points 27 matchs. Sous ses ordres, le club corse va réaliser un mois d’avril extraordinaire, avec 10 points pris sur les 12 possibles. Le maintien sera assuré par coach Courbis, et sa réputation d’homme de la dernière chance, commence alors à s’écrire.


Sur le banc de Montepellier (MHSC), coach Courbis va écrire une nouvelle page de sa réputation. Lors de la saison 2006-2007, le club héraultais, alors en Ligue 2, pointe à une inquiétante 18e place. A quatre journées de la fin du championnat le président du MHSC, Louis Nicollin engage Rolland Courbis en lieu et place de Jean-François Doumergue. L’entraîneur est en mission, un de celles qu’il affectionne le plus ; redresser un club en chute libre, que tout le monde pense condamné. La remontada commence pourtant mal, avec une défaite face à Créteil-Lusitanos. Derrière, la machine se met en marche, et les Montpelliérains arrachent la victoire face au Havre. Le MHSC l’emporte 2 à 0 sur la pelouse de l’ACA, l’ancien club de coach Courbis, et conclut sa saison par un match nul contre Grenoble. En 4 journées Rolland Courbis a su inverser la tendance, et réaliser l’un de ses exploits dont lui seul a le succès.


Dans un tout autre contexte, et dans un autre club, Michel Moulin, alors conseiller sportif du PSG, avait réalisé un exploit similaire sur les quatre dernières journées du championnat. Quoi qu’il en soit coach Courbis, par-delà sa personnalité atypique et charismatique, est un homme qui affectionne ce type de défis. Il est de ceux qui révèlent toutes leurs potentialités dans la difficulté et l’adversité. 

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1. Pascal Dupraz, le magicien savoyard

​Cela relève du miracle, de l’inimaginable et du surréaliste. Les adjectifs manquent pour qualifier l’exploit réalisé par Pascal Dupraz à la tête du Toulouse Football Club (TFC). L’homme est réputé pour sa personnalité hors pair, pour son attachement à ses racines savoyardes, et surtout, pour sa capacité à faire renaître des équipes vouées au déclin et à la descente.


L’épopée toulousaine, car il faut bien employer cette expression pour qualifier le remontée fantastique du TFC en l’espace de quelques semaines, est le dernier exemple en date du coach Dupraz. Ces faits de gloire, ces moments déroutants où la logique footballistique est renversée par la passion et la volonté d’un homme, on en retrouve une multitude dans la carrière de Dupraz en tant qu’entraîneur. Le 17 avril 2013 reste par exemple gravé dans la mémoire des supporters d’Evian Thonon Gaillard (ETG). Au cours de cette soirée, l’ETG, l’un des petits poucets de la Ligue 1, défait le PSG, version qatarie, avec ses stars et joueurs de renom lors d’un match de Coupe de France. Il y a également cette « finale » à la 38e journée, entre Sochaux et l’ETG. Le dos au mur, Dupraz et ses joueurs vont aller gagner 3 à 0 sur la pelouse de Sochaux ; précipitant par la même la chute des Doubistes.


Et il y a cette remontada, que personne, pas même les plus optimistes, n’attendaient. Lors de 28e journée de la saison 2015-2016, le TFC a dix points de retard sur le premier non relégable. Après 13 saisons passées en ligue 1, le TFC est condamné à connaître la ligue 2. La messe est dite, et l’extrême onction s’approche. Dominique Arribagé est alors remercié par ses dirigeants, et Pascal Dupraz lui succède.


La suite est connue, d’aucuns parleraient même de légende. Les superlatifs manquent cruellement. Arrivé à la tête du TFC le 1er mars, Dupraz, rebaptisé « Dieupraz » par les supporters violets, va écrire l’une des pages les plus surprenantes du football français. Ce genre d’histoire à même de réconcilier les sceptiques du ballon rond, avec un sport, où la magie peut à tout moment rejaillir. La folle remontada impulsée par Dupraz connaît son apogée lors de la 38e journée, avec la victoire du TFC, 3 à 2, contre Angers. 

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