​Interviewé en marge d'un web-documentaire diffusé sur Arte, l'ancien milieu de terrain des Bleus Emmanuel Petit se pose des questions sur le titre de l'Équipe de France dans sa Coupe du Monde. 


12 juillet 1998, 21h48. Emmanuel Petit inscrit le troisième but des Bleus face au Brésil au terme d'un contre éclair et parachève le succès de l'Équipe de France dans "son" Mondial contre le tenant du titre. La première étoile est à jamais cousue au dessus du Coq. Héros de toute une génération d'amoureux du ballon rond, les 22 d'Aimé Jacquet sont devenus, l'espace d'un mois d'une compétition acharnée, une véritable fierté nationale.

Depuis cette inoubliable soirée d'été il l y a presque 18 ans déjà, beaucoup de champions du Monde ont connu une reconversion en restant dans le milieu, en tant que consultants ou même entraîneurs. C'est notamment le cas de l'ex-Gunner travaillant aujourd'hui aux côtés de l'équipe des sports de France télévisions.


Connu pour ne pas avoir la langue dans sa poche, le Monégasque de formation s'est une nouvelle fois illustré lors d'une entrevue accordée à la chaîne franco-allemande, dans le cadre d'un reportage traitant des nombreuses dérives et récents scandales dans le monde du football.

Un Emmanuel Petit désabusé


Au moment d'évoquer différents exemples de célèbres manigances et manœuvres malhonnêtes des dernières années, Emmanuel Petit a lentement dévié vers le sacro-saint sujet, remettant en cause l'intégrité de sa victoire de celle de ses anciens coéquipiers glanée sur le sol hexagonal. Des propos sans équivoque.


"Et nous en 1998, est-ce qu'on a vraiment gagné la Coupe du Monde ? Est-ce que ce n'était pas un petit arrangement ? Je n'en sais rien moi... Nous, sur le terrain, on se défonçait vraiment contre nos adversaires, on faisait tout pour gagner, on se préparait pour. Mais avec tout ce qu'il se passe aujourd'hui, j'en suis arrivé à me demander ça..."

Avant de se couper puis d'enchaîner sur une autre "affaire louche", celle-ci bien plus contemporaine, il y a quasiment deux ans sur les terres de la Seleção. Pour rappel, lors du match d'ouverture, un penalty très contestable et extrêmement litigieux avait été accordé aux Brésiliens, tandis que les Croates s'étaient vus refuser un but qui semblait a priori valable (victoire finale 3-1 pour les partenaires de Thiago Silva).


"À l'image de ce que j'ai vu au Mondial brésilien. Le premier match Brésil-Croatie, excuse-moi mais... Hem, hem ! Hein ? C'est un peu 'chelou', quand même ! Ca fait flipper".

La remise en cause


Des insinuations sans tabou avancées par l'ancien blaugrana, qui paraît se rendre compte de la gravité de ses déclarations au fil de l'interview. Pour autant, il continue ses divagations, même s'il la conclut en rassurant tout le monde : même lui y croit. Ouf !


"C'est pour ça, des fois ça me fait flipper. Je me demande si je ne suis pas en train de devenir paranoïaque. Est-ce qu'on n'a pas toujours été des marionnettes ? 'Faites marcher l'économie et le reste ne vous en souciez pas'. Aujourd'hui je me pose vraiment la question : a t-on vraiment gagné la Coupe du Mondial 98 ? Moi, je pense que oui. Les joueurs, en tout cas, on a tout fait pour. Mais je ne sais pas... Je me demande."

À la sortie de son autobiographie "À fleur de peau" parue en 2008, Emmanuel Petit s'était déjà attiré les foudres de plusieurs anciens Bleus, tant il avait vivement critiqué Zinédine Zidane à travers ses lignes. Christophe Dugarry, grand ami du légendaire numéro 10 tricolore, avait avait même dit de lui qu'il "était un écorché vif, qui aurait aimé être le Che Guevara du football." Pas certain que cette nouvelle envolée lyrique ne le fasse changer d'avis.

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