Elles sont triples championnes du monde après leur victoire sur le Japon dans la nuit de dimanche à lundi (5-2). Elles ont remporté quatre fois le titre Olympique. Lors de chacune de leurs participations à l'une ou l'autre de ces compétitions internationales, elles ont terminé sur le podium. 


Comment l'équipe féminine de football des États-Unis a-t-elle réussi à imposer une telle domination sur son sport ?

La valorisation du sport dans la société​ américaine


Dans la culture américaine, le sport occupe une place très importante pour les femmes comme pour les hommes. Dès le lycée, mais surtout à l'université, étudiants et étudiantes sont poussés vers la pratique du sport, à travers des compétitions organisées sur l'ensemble du territoire.

Le football féminin ne fait pas exception à la règle. Ce système permet de dénicher les talents et de les faire progresser dès leur plus jeune âge. Il offre aussi l'avantage de former des joueuses dotées d'un mental à toute épreuve, capacité qui a souvent fait la force des Yanks. En Europe, le sport est plus souvent pratiqué en club en dehors du système scolaire, et bénéficie généralement de moins de moyens financiers.


La participation à un sport est compté dans les emplois du temps des Américains et Américaines, et a lieu généralement une, deux à trois fois par jour. En France, le sport dans le cadre des études se pratique rarement plus de deux à trois fois par semaine.


Le "soccer" est un sport féminin populaire aux USA


talon ballon

Tandis qu'en Europe le football est un sport masculin où les femmes peinent à être reconnues, aux États-Unis ce sont les féminines qui y ont posé leurs empreintes. 


De manière générale, les filles ont tendance à se tourner vers le football ou vers le volleyball lorsqu'il s'agit pour elle de choisir un sport durant leurs études.


Pour les hommes, la tendance est plus à la pratique du basketball, du baseball, du hockey sur glace ou du football américain. Jusque là, le "soccer" était vu comme un sport de femme, car il ne nécessite pas de force particulière, et n'implique pas de contacts violents.


Au-delà de ces considérations qui sont sur une tendance changeante, l'équipe féminine de "soccer" est surtout parvenue à alimenter régulièrement la fierté des Américains. Le parcours des coéquipières d'Hope Solo lors du Mondial canadien aura encore une fois été suivi et salué par les Américains, dans une toute autre mesure que le début d'intérêt des Français pour leurs joueuses.

Une domination qui ne sera pas éternelle


Pour plusieurs raisons, il semble légitime de croire que la domination américaine du football féminin pourrait bientôt décroître fortement. En effet, le football féminin a tendance à se propager et le niveau à s'équilibrer. Les scores fleuves sont moins courants, et des surprises deviennent possibles : en témoignent les débuts difficiles de plusieurs des favoris de ce Mondial.


Quant aux chances françaises, elles sont bien présentes et le seront de plus en plus. Les Bleues proposent un style de jeu plus technique, mais également plus tactique, qui leur permet aujourd'hui d'avoir des ambitions dans les compétitions internationales, malgré la malchance qui a interrompu le parcours des filles de Philippe Bergeroo au Canada.

La professionnalisation du football féminin est également en marche dans l'Hexagone. Les femmes footballeuses peuvent de plus en plus se consacrer entièrement à leur sport sans avoir de travail à côté. Ajoutons à cela l'augmentation du niveau des clubs français et européens, qui crée une dynamique permettant d'attirer des joueuses américaines en Europe.


La popularité de ce sport s'en trouve grandie, et pourrait attirer de plus en plus de supporters et de joueuses à défendre les couleurs françaises à l'avenir. Dès cette Coupe du Monde, on a noté un intérêt des spectateurs, qui ont suivi le parcours des Tricolores malheureusement trop court. Mais la prochaine édition du Mondial féminin sera l'occasion pour les Français d'être derrière leur équipe, puisqu'elle sera justement organisée par la France.