On dit souvent qu’en France, le football est né en 1998. Cette année, l’équipe de France est championne du monde en battant le Brésil. Dès lors, le football s’est émancipé partout dans l’Hexagone. De plus en plus de Français y jouent ou le regarde à la télé. Les droits télévisuels, eux, ont explosé. Les chiffres parlent…


Les études montrent que la plupart des événements sportives médiatisées augmentent le nombre de licenciés dans les mois qui suivent l’événement. Confirmation faite avec les chiffres de l’effet Coupe du Monde 1998.

En 1995, la Ligue Paris-Ile-de-France comptait 2 060 000 footballeurs licenciés. En 2005, ils étaient 2 170 000. Soit une hausse de 6%.

En juillet 2006, la bande à Zizou se hisse à nouveau jusqu’en finale de la Coupe du monde et fait renaître partout en France l’effervescence de l’été 98. Encore une fois, les chiffres suivent : 2 170 000 licenciés en Île-de-France en 2005, 2 320 000 en 2007. Soit une hausse de 6,5%.

 

Trois fois plus de supporters en 10 ans

Aujourd’hui, lorsque l’équipe de France de football entame une Coupe du Monde ou une Coupe d’Europe, la population se mobilise. Les bars sont remplis, les maillots sortis, les drapeaux brandis. Plus particulièrement si la France arrive dans le dernier carré !

 

Mais cet engouement n’a pas toujours été aussi intense. Prenons le championnat d’Europe 1996, la compétition qui précède la Coupe du Monde 1998. La France atteint les demi-finales. Elle perd aux tirs aux buts face à la République Tchèque devant… 6,5 millions de téléspectateurs français. Un nombre presque trois fois moins élevé que la demi-finale de la Coupe du Monde 1998, France-Croatie (2-1), regardée par 17,5 millions de Français.

Dès lors, le football s’émancipe en France et 22 millions de Français assistent à la demi-finale de la Coupe du Monde 2006, France-Portugal (1-0). Une audience record pour un match de l’équipe de France de football.

Ces chiffres sont d’autant plus significatifs que jamais une prestation des Bleus n’a été retransmise sur une chaîne payante. Il suffit simplement de s’intéresser au ballon rond…

 

La télé, le grand gagnant

Les différentes chaînes télévisées ont bien vite flairé l'impact économique de la Coupe du Monde 1998. La concurrence augmente pour obtenir les droits télévisés de la Ligue 1 (Division 1 à l’époque). Les montants explosent. Pour la période 1998-2001, ils valaient 126 millions d’euros. En 2001-2004, ils s’élevaient à 278 millions d’euros. Soit une hausse de 154 millions en 3 ans. Un chiffre très élevé lorsqu’on sait que les droits télés n’ont augmenté « que » de 124 millions d’euros durant la période 1984-1998.

Aujourd’hui, les chiffres se sont envolés. Ils atteignent 607 millions d'euros soit quasiment cinq fois le montant de 1998.

 

On dit souvent que l’argent ne fait pas le bonheur. En 1998, le bonheur a fait l’argent…


Raphaël ROLAND-LEVY