On ne pensait pas connaître cela de notre vivant. Et pourtant, il faut se rendre à l'évidence : le prochain Mondial se jouera sans l'Italie, quadruple vainqueur de l'épreuve. Une terrible sortie de route pour Gianluigi Buffon, retraité international depuis hier, et ses coéquipiers.


San Siro était pourtant gonflé à bloc... Dans une atmosphère qui aurait pu envenimer la solidité des Suédois, qui n'auront finalement fait que défendre, on pensait l'Italie en mesure de renverser la vapeur. Il n'en fut rien, en dépit d'une domination constante mais au combien désordonnée. On se demande encore comment est-il possible de truster aussi longtemps le camp adverse sans pour autant désarçonner son opposant. Car pendant quatre-vingt-dix minutes l'Italie a tout tenté. Avec ses moyens, ou presque. En effet, se passer de Lorenzo Insigne pour un tel match demeure un gros point d'interrogation. Au final, personne sur le pré ne semblait capable de réaliser l'exploit, le dribble qui allait sortir l'Italie de ce pétrin. Tout était stéréotypé, sans surprise. Une sorte de film énergique, mais qui ne décolle jamais.

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Les hommes du match furent bien scandinaves. Les poings de Robin Olsen, le courage du capitaine Andreas Granqvist et l'assurance d'Emil Forsberg ont eu raison de la furia locale. Et ce n'est que justice. Cette Squadra Azzura était trop moyenne pour mériter meilleur sort. Un résultat qui vient renforcer l'idée d'une décennie noire pour le football italien à l'échelle mondiale, puisque cet échec fait suite à deux éliminations au premier tour, en Afrique du Sud et au Brésil. Retrouver un semblant de fierté va désormais prendre du temps. Pourtant, il va falloir se reconstruire au plus vite, l'Italie ne pouvant se contenter de fiascos à répétition. 


D'ici là, quelques larmes continueront de couler. Surtout que Buffon ne sera pas là pour stopper l'hémorragie sur sa ligne.