Tous les ans, c'est le même refrain. Sans être fondamentalement mauvais, Arsenal n'arrive pas à progresser et se heurte toujours aux mêmes problèmes, aux mêmes lacunes, aux mêmes situations. Des débuts de saison intéressants, puis après le boxing day, la crise. Contre-performances en championnat, désillusions européennes, la saison-type d'Arsenal sonne comme cette chanson hyper irritante que tu mets le matin pour te réveiller et qui te déclenche des frissons dès que tu l'entends. 


Après une nouvelle débâcle à Munich, le ras-le-bol est désormais palpable. Supporters, coach, joueurs, Arsenal tente de sauver la façade d'un immeuble en ruines et qu'il va falloir reconstruire. Analyse. 


Les joueurs sur les nerfs 


La victoire du Paris Saint-Germain ce mardi avait donné de l'espoir à tous les outsiders. Et si, cette saison, les grands pouvaient être renversés ? Les fans d'Arsenal s'étaient pris à rêver à l'aube d'un énième affrontement face au Bayern Munich. Un 5-1 plus tard, le constat était frappant : Arsenal a manqué de l'essentiel pour sortir vainqueur de ce grand rendez-vous, le coeur. Le fighting spirit. Là où Paris avait montré une solidarité, un sens du collectif et de l'effort exceptionnels, Arsenal n'a jamais su trouver la solution en tant qu'équipe. 

​​La frustration, moquée, d'Alex Oxlade-Chamberlain était représentative de cette frustration des joueurs. L'attitude d'Alexis Sanchez, plus que jamais annoncé partant, montrait aussi cet agacement. Selon le ​Daily Mail, l'ambiance dans le vestiaire était glaciale après la défaite. Les cadres et influents du vestiaire auraient alors pris les choses en main, menant une grande discussion après le match pour tenter de trouver, en équipe, des solutions à cette très mauvaise passe. 


Wenger poussé vers la porte 


Évidemment, un homme est au centre de toute cette tourmente : Arsène Wenger. Si ​une frange de fans expriment de plus en plus leur exaspération envers le technicien alsacien, un départ à la fin de la saison est encore loin d'être chose acquise, et encore moins un départ en cours de saison. D'autant que l'actionnaire majoritaire du club, Stan Kroenke, préférerait voir le Français signer la prolongation de contrat de 2 ans proposée par le club. 

En fin de contrat en juin, Arsène Wenger commence, pour la première fois, à évoquer publiquement un départ en fin de saison. C'est évidemment inédit, après 21 ans de résistance face aux critiques, mais cette fois-ci l'heure semble plus que jamais venue d'un renouveau dans cette équipe. Un renouveau complet qui passerait forcément par le départ de cet entraîneur qui, quoiqu'emblématique, semble incapable d'apporter ce vent nouveau dont Arsenal a si cruellement besoin.

Se ressaisir, vite


Cette crise à Arsenal, palpable, est l'accumulation de près de dix ans de contre-performances. En dix ans, Arsenal n'a gagné que quatre trophées (deux FA Cup et deux Community Shield), c'est trop peu pour un club de ce standing. Une décennie d'espoirs déçus, de mercatos frustrants et de carences flagrantes qui atteint son point culminant aujourd'hui. 


Maintenant, Arsenal doit tenter de sauver ce qui peut être sauvé, et ne pas laisser cette claque définir sa fin de saison. En 20 ans de Wengerisme, Arsenal n'a jamais fini plus bas que la quatrième place, accrochant le podium à onze reprises. Avec la Ligue des Champions bientôt hors de sa tête, Arsenal va devoir mettre toutes ses forces dans une bataille qui s'annonce plus féroce que jamais pour le podium de la Premier League. Pour ne pas laisser une saison décevante devenir une mauvaise saison. 

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