Sur le papier, l’emploi peut paraître fictif. Il faut dire qu’avec Thiago Silva, Marquinhos ou David Luiz comme garde rapprochée, difficile de ne pas avoir l’esprit tranquille. Pourtant, depuis le début de l’ère qatarie, la remise en question du poste de gardien est permanente. Décryptage.


Ils sont désormais trois, voire quatre si l’on inclut Nicolas Douchez, à avoir souffert du même mal. La faute à neuf récents allers-retours d’Alphonse Aréola entre sa ligne de but et le fond de ses filets. Un total fâcheux, sachant qu’il a été atteint en seulement dix tentatives cadrées. Ainsi, le « titi » parisien a à son tour eu droit à de nombreuses critiques ces dernières semaines, la plus offensante étant celle arguant qu’il ne serait jamais décisif. Le genre de remarque qui pourrait être perçue comme un véritable affront, si elle n’était pas aussi fortement ancrée dans les mœurs. 

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Car avant le jeune rempart tricolore, Kevin Trapp et Salvatore Sirigu ont eux aussi été au centre de débats houleux. L’un pour ses bévues successives de la saison dernière, l’autre pour son incapacité chronique à réaliser un arrêt déterminant en Coupe d’Europe. À ces accusations viennent s’accoler des images. Entre autres, le placement désastreux de l’Allemand à Santiago Bernabéu, coûtant aux siens la première place du groupe, ou encore la main pas assez ferme de l’Italien face à un Luis Suárez pourtant maladroit dans son choix d’angle de frappe. Au fond, un tel acharnement est-il justifié, ou témoigne-t-il plutôt d’une trop grande exigence de notre part ?

Il ne faudrait pas oublier que le trio récemment cité nous a également gratifié de certaines parades importantes. Si le PSG est ressorti deux fois de suite glorieux de Stamford Bridge, il le doit non seulement à ses joueurs de champ mais aussi aux poings de Trapp et Sirigu, respectivement imperméables aux banderilles d’Eden Hazard et de Ramires, à un an d’intervalle. Et si les franciliens ont pu entrapercevoir le leadership de leur poule, cette année, ils le doivent en partie au penalty repoussé par Aréola en terre bulgare, face à Ludogorets. 

Tant de contre-exemples qui ne suffisent cependant pas pour lever tous les doutes. Car Paris est en quête, et ce à toutes les lignes, d’hommes capables de lui faire enfin franchir le seuil des quarts de finale de la Ligue des Champions. L’unicité du poste de gardien dans une équipe de football le rendant plus exposé que les autres, celui-ci est alors jugé plus facilement et rapidement qu’autrui en ce qui concerne sa capacité à contribuer à ce projet. Ainsi, si Zlatan Ibrahimović n’a pas su offrir de qualification pour le dernier carré à ses coéquipiers, il n’a pas été fustigé comme premier responsable de cela, puisque le grand Suédois était, de l’avis général, plus dépendant du collectif que ne peut l’être un dernier rempart. Ce constat semble frustrant, puisque somme toute rédhibitoire pour faire l’unanimité du côté du Parc des Princes. Comme si un portier était voué à rester enfermé en cage…